DJ Champion résiste à la tentation de la répétition

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DJ Champion

Marie-Josée Montminy

Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Je crois qu'il faut se mettre en position de déséquilibre, être créatif et demeurer sur le qui-vive».

Cette philosophie, DJ Champion l'a mise en pratique en jetant carrément six mois de travail à la poubelle pour recommencer à zéro l'ébauche de son deuxième disque, Resistance.

Lancé mardi dernier, Resistance suit Chill 'Em All, paru en 2004. La pièce No Heaven, avec ses rythmes entraînants marqués par la puissante et envoûtante voix soul de Betty Bonifassi (actuellement moitié du duo Beast), a contribué au succès de ce premier disque, vendu à 100 000 exemplaires.

Sur deuxième opus électro rock de DJ Champion, c'est la voix de Pierre-Philippe Côté qui s'harmonise aux structures rythmiques électroniques et aux mélodies fignolées par Maxime Morin de son vrai nom.

Si DJ Champion s'est résigné à supprimer le fruit de six mois de composition, c'est que la voie qu'il empruntait pour son deuxième album ne satisfaisait pas le DJ en lui.

«Le musicien a tendance à se satisfaire de lui-même. Le DJ achète sa musique; il va l'utiliser pour faire un bon ?DJ set?. Moi, en tant que DJ, je n'aurais pas joué ça! Un DJ a envie de nouveauté», observe-t-il en parlant des maquettes qu'il a rejetées en début de processus de création.

Même s'il admet la force de son souci de ne pas se répéter, DJ Champion nuance son propos.

«À quelque part, on doit se répéter. On apprend à parler en répétant les mots plusieurs fois. Il faut garder le fil conducteur, rester dans une zone de confiance», commence-t-il.

«Mais j'ai dû résister à la tentation de faire une suite de Chill 'Em All. Au niveau marketing, ç'aurait été une bonne stratégie mais côté humain, ç'aurait été une perte de temps. Il faut aller vers des trucs qu'on n'a jamais faits, se redéfinir, prendre l'occasion de se mettre en position de déséquilibre», ajoute-t-il.

Le titre Resistance évoque cette préoccupation de renouvellement, ce refus de laisser la facilité guider la création. Toutefois, aucune crainte pour les fans de DJ Champion, cet appel de la réinvention laisse intact l'aspect festif de son oeuvre.

Pour lui, l'essence de la musique est d'être festive; le deuxième niveau, plus intellectuel, se révèle comme un bonus.

L'équipe de musiciens de Resistance est pratiquement la même que celle qui accompagnait DJ Champion sur Chill 'Em All, une formation aussi connue sous le nom des G-Strings.

La bassiste Blanche Baillargeon ne figure plus aux crédits du disque, mais les guitaristes Barry Russel, Jean-Luc Huet, Stéphane Leclerc et Sébastien Blais-Montpetit sont encore associés au multi-instrumentiste.

Sur son album, Maxime Morin/DJ Champion joue de la guitare, de la basse, et concocte les constructions musicales électroniques en plus de signer les textes, une première. Betty Bonifassi avait écrit les textes des titres chantés sur le premier album.

Comme Maxime Morin partage son identité entre celle de musicien et de DJ, on peut compter sur l'animateur en lui pour enflammer l'atmosphère du stade Fernand-Bédard lors du premier spectacle du Cirque du soleil concluant les fêtes du 375e de Trois-Rivières, le 26 septembre.

DJ Champion: fiche d'identité

Maxime Morin a 40 ans. Il a grandi dans la région des Laurentides, et est arrivé à Montréal à l'aube de la vingtaine. Avant de devenir DJ Champion, il avait été Mad Max, avait composé de la musique de films et de publicités, et avait fait partie de groupes de métal, de punk et de Top 40.

«Mon père était un amoureux de la musique. Moi, à 12-13 ans, j'ai découvert la guitare électrique. Un jour, mon père est arrivé avec un disque de Greatest Hits de Jimi Hendrix et un disque de Black Sabbath», raconte-t-il pour évoquer la naissance de son intérêt pour la musique et les premières influences qui l'ont teinté.

«Je me suis dirigé vers le métal: Judas Priest, Iron Maiden, puis Metallica», poursuit celui qui, à l'adolescence, a fait partie de groupes de métal, de punk rock et de Top 40.

C'est en arrivant à Montréal qu'il a découvert la musique techno industrielle. À cette époque, il y a 20 ans, l'antre de la musique plus underground s'appelait Les Foufounes électrique.

Maxime Morin y a été guichetier lors des Dimanches techno, et a commencé à s'intéresser à cette musique, qu'il aurait a priori considérée «comme du disco, de la crap...» par rapport à son bakground métal. C'est aussi pendant cette période qu'il a délaissé ses activités de musicien.

«C'était le grunge qui montait. Moi, comme guitariste, je ne m'y retrouvais pas. Tout était étudié. Ils étaient habillés comme la chienne à Jacques, mais c'était tout étudié. C'était un gros culte de la personnalité, pas axé sur la musique, mais sur la mode», se souvient-il.

Maxime Morin s'est lié d'amitié avec des disc jockeys et a lui-même commencé à pratiquer cette forme d'animation musicale de clubs. Il s'est surtout fait connaître avec le pseudonyme Mad Max, et a notamment participé à une tournée en Europe avec Les Jardiniers.

Dans un autre créneau, Maxime Morin a formé avec Benoît Charest une compagnie dédiée à la composition de musique de films et de publicité.

Le duo a entre autres signé la musique de productions comme Matroni et moi, avant que le projet des Triplettes de Belleville ne se présente.

Préférant se consacrer à son projet DJ Champion, Maxime Morin a vendu ses parts de la compagnie à Benoît Charest. Il a tout de même coécrit la chanson principale des Triplettes, et l'a présentée à la cérémonie des Oscars en 2004 avec la chanteuse Betty Bonifassi (la conjointe de Benoît Charest à l'époque), celle qui allait aussi prêter sa voix et sa plume à DJ Champion sur Chill 'Em All.?

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