Trois-Rivières, la cité de Bochart?

Le producteur et réalisateur Pierre Saint-Yves et l'historien... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le producteur et réalisateur Pierre Saint-Yves et l'historien Yannick Gendron travaillent sur la suite de leur remise en question de l'identité du véritable fondateur de Trois-Rivières, qui serait Théodore Bochart et non Laviolette.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «On lui a donné un nom, on va lui donner des traits», résume Pierre Saint-Yves.

Sept ans après avoir identifié Théodore Bochart comme le véritable fondateur de Trois-Rivières, l'historien Yannick Gendron et le producteur et réalisateur Pierre Saint-Yves annoncent la rédaction d'un livre et le tournage d'un documentaire dédiés à celui qu'il faudrait substituer au fameux sieur de Laviolette comme fondateur de Trois-Rivières.

Yannick Gendron a commencé à s'intéresser au cas de Laviolette en 2006. Intrigué par la rareté des références le concernant dans les documents et souhaitant en savoir plus sur ce mystérieux Sieur dont on ignorait le prénom, il a entrepris des recherches qui ont mené à la diffusion du documentaire Sur les traces de Laviolette en 2009. Le film de Pierre Saint-Yves, documenté par l'enquête de Yannick Gendron, tirait comme conclusion que Théodore Bochart aurait fondé Trois-Rivières.

Si le nom de Laviolette était quasi absent des sources sur lesquelles se basent les historiens, celui de Bochart revenait constamment, particulièrement dans les Relations des Jésuites, une référence majeure pour les historiens intéressés à la Nouvelle-France.

«Dans les Relations des Jésuites entre 1632 et 1636-37, on parle quasiment plus du général de la flotte, Bochart, que de Champlain, et on parle certainement beaucoup plus de Trois-Rivières que de Québec, parce que c'est un comptoir de traite avec les Amérindiens. Bochart pose tous les gestes que Champlain pose à Québec avec les Amérindiens. C'est lui qui négocie, assis avec les chefs, qui fait tirer du canon ou rend des hommages quand nécessaire», énumère l'historien.

Pour ce qui est de Laviolette, il est mentionné trois fois dans le Catalogue des Trépassés, le registre des baptêmes et sépultures de la paroisse Immaculée-Conception. Il apparaît comme parrain de deux jeunes amérindiennes en 1635 et en 1636. Il est aussi cité en préface: «Monsieur de Champlain qui commandait en ces pays y envoya de Québec une barque sous la conduite de Monsieur de la Violette, lequel mit pied à terre le quatrième de juillet de l'an 1634».

«On n'a aucune preuve historique de son existence, sauf dans le Catalogue. En histoire, si on n'a pas deux sources qui disent la même chose, il faut se poser des questions. Dans les Relations, les lettres, les rôles d'équipage, ce nom-là ne revient jamais», indique M. Gendron, en insinuant que si Laviolette avait été si important dans la Nouvelle-France, son nom aurait été mentionné ailleurs.

De plus, l'historien précise que jusqu'en 1638, toutes les entrées du registre sont de la même main d'écriture, non identifiée de surcroît, ce qui suppose qu'elles ont été recopiées ou retracées de mémoire. «À travers le temps on s'est créé une certitude. Ça demeure un mystère», affirme M. Gendron en parlant du dossier Laviolette.

Depuis 2009, il a poursuivi ses recherches pour découvrir qui était Théodore Bochart. Il s'est aussi intéressé au contexte du 17e siècle, convaincu que ce qui se passait en Nouvelle-France faisait écho à ce qui se passait dans la métropole. À cette époque, on connaît un apaisement dans les guerres de religions, et on voit le cardinal Richelieu devenir premier ministre de Louis XIII.

Ces détails peuvent être pertinents quand on sait que Bochart, qui était calviniste, était soutenu par Richelieu. Yannick Gendron émet l'hypothèse selon laquelle les autorités religieuses de l'époque auraient écarté Bochart de l'histoire parce qu'il était protestant.

Le livre et le documentaire

Yannick Gendron a déjà ébauché le plan de rédaction d'un ouvrage qu'il veut consacrer à Théodore Bochart en tant que fondateur de Trois-Rivières, en abordant la fondation, mais aussi la carrière de Bochart dans la marine du Roi à son retour en Europe. Il prévoit un voyage en Europe pour alimenter la recherche et prévoit publier en décembre 2017. 

Pierre Saint-Yves documentera le tout en deux volets parallèles, l'un décrivant la démarche de Yannick Gendron, l'autre révélant le personnage de Bochart. 

«Habituellement, ces résultats de recherche se retrouvent dans des ouvrages spécialisés que peu de gens consultent. Là, on a la chance de suivre la démarche et de faire le portrait de l'individu identifié il y a sept ans. On va le mettre dans le contexte de l'époque. Qui est ce type? Quelles sont ses motivations? Qu'est-ce qui l'amenait dans une aventure comme celle-là?», décrit M. Saint-Yves.

Une campagne de sociofinancement sera lancée à l'automne pour soutenir la réalisation du projet de livre et de film. 

D'ici là, le duo invite les Trifluviens à manifester leur intérêt en publiant un témoignage sur la page Facebook (www.facebook.com/theodorebochart), où une capsule résume l'idée. «L'intérêt du public va appuyer la recherche de financement», plaide M. Saint-Yves. On peut aussi acheter le livre en prévente via le site www.sieurdelaviolette.com.

«Dans les Relations des Jésuites entre 1632 et 1636-37, on parle quasiment plus du général de la flotte, Bochart, que de Champlain, et on parle certainement beaucoup plus de Trois-Rivières que de Québec, parce que c'est un comptoir de traite avec les Amérindiens.»

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