Coûts des services municipaux: Trois-Rivières, la plus enviable

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Selon le classement basé sur 12 indicateurs, le coût moyen des services à Trois-Rivières est 12,15 % plus faible que la moyenne des villes de 100 000 habitants et plus.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À la lumière du palmarès annuel réalisé par HEC Montréal à partir des chiffres de 2014, Trois-Rivières demeure la ville de 100 000 habitants et plus la plus enviable au Québec pour les coûts moyens des services municipaux.

«Ça ne se dément pas année après année. Selon le classement basé sur 12 indicateurs, le coût moyen des services à Trois-Rivières est 12,15 % plus faible que la moyenne des villes de 100 000 habitants et plus», a précisé au Nouvelliste le directeur du Centre sur la productivité et la prospérité (CPP), Robert Gagné.

Tout en s'empressant de nuancer que dans le groupe, «il y a un éléphant dans la pièce», soit Montréal, les perspectives restent bonnes à son avis pour l'agglomération trifluvienne, certains indicateurs étant même susceptibles de s'améliorer selon les tendances observées.

«On peut dire qu'ils gèrent serré. Ça vient un peu avec la situation économique générale qui est plus difficile à Trois-Rivières qu'ailleurs. L'administration municipale tient compte de la capacité de payer des citoyens», avance-t-il comme explication.

Par contre, la situation est moins reluisante du côté de l'endettement, avec un neuvième rang sur dix. En effet, l'endettement total à long terme par tranche de 100 000 dollars de richesse foncière uniformisée est de 3300 dollars contre une moyenne de 2548 dollars pour le groupe de référence.

«Mais les gens ont souvent des préjugés par rapport à l'endettement. Ce n'est pas nécessairement mauvais. Si vous entretenez bien vos infrastructures, vous investissez, vous refaites des rues, des égouts, des aqueducs, évidemment, ça joue sur votre endettement, mais les coûts d'opération sont plus faibles. Ça pèse un peu plus sur son endettement, mais ça pèse moins sur ses frais de dépense d'exploitation», a-t-il fait remarquer.

Et M. Gagné rappelle qu'un réseau d'aqueduc ou d'égout, «c'est maintenant bon pour 100 ans» «On n'est pas pour financer ça sur deux ans, on va le financer sur 25 ans, parce que le flux de service va être sur des décennies. C'est tout à fait normal et sain de recourir à l'endettement pour faire ça.

Il faut juste s'assurer que son niveau d'endettement global n'est pas trop disproportionné par rapport à sa capacité de financer cet endettement-là, car avec la dette, il y a un service de la dette et ça ne doit pas prendre trop de place», prévient celui qui donne l'exemple du gouvernement du Québec, «avec ses 11 milliards de service de la dette par année qui l'obligent à taxer».

Par ailleurs, la même étude révèle que six des dix villes qui composent le groupe des 100 000 habitants et plus sont parvenues à réduire le niveau de leurs dépenses totales par habitant, et Trois-Rivières en fait partie avec une baisse de 1,4 % en 2014, alors que sa croissance annuelle moyenne était de 3,5 % de 2010 à 2013.

D'ailleurs, alors que les dernières éditions du Palmarès des municipalités du Québec soulignaient une progression préoccupante des dépenses municipales, il semble que cette tendance à la hausse se soit justement estompée à partir de l'année 2014.

Or, cette quatrième édition du palmarès marque la première année en exercice des maires élus ou réélus aux dernières élections municipales de 2013. Selon le chercheur du CPP, le résultat de ce scrutin ne semble pas avoir été un déterminant majeur du contrôle des dépenses municipales observé au cours de la première année du nouveau mandat municipal.

«Cela dit, on peut supposer que les élections en elles-mêmes ont joué un certain rôle sur la croissance des dépenses. Lorsqu'on considère l'évolution des dépenses par habitant au cours des quatre années du dernier mandat, on constate que la croissance la plus faible a été observée lors de la première année du mandat, soit en 2010. C'est systématique, partout, la première année du mandat, ils ont pas mal baissé leurs dépenses», rapporte M. Gagné.

Selon lui, l'initiative du HEC Montréal n'est peut-être pas étrangère à ce revirement de situation car la première édition du palmarès remonte à octobre 2013, soit quelques semaines avant les élections municipales. «C'est la première fois qu'on mettait sur la table l'ensemble des données des municipalités au Québec avec une analyse assez complète. Et ça a réagi très fort partout dans les municipalités», a-t-il raconté.

Pour ce porte-parole du CPP, cette croissance moins importante des dépenses vient contredire les prétentions des administrations municipales selon lesquelles «elles ont les mains attachées et qu'elles n'ont pas un bon rapport de force avec les syndicats».

«Comme quoi il y avait du gras à couper. Ça va être intéressant de voir l'année prochaine car ça y allait au toast entre les élections», fait-il remarquer.

Si Shawinigan occupe la 340e position sur les 762 municipalités répertoriées, avec un score de -3,16 %, Maskinongé se distingue au plan provincial en faisant partie du top 10 des municipalités avec les services municipaux les moins chères au Québec. Elle occupe le sixième rang, avec un coût moyen plus faible de 41,53 % que les mêmes 762 municipalités. «Offrant moins de services, les petites municipalités ont des coûts de gestion plus faibles», conclut M. Gagné.

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