Trois-Rivières, poule mouillée?

Mais qu'est-ce qu'attend la Ville de Trois-Rivières pour... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Mais qu'est-ce qu'attend la Ville de Trois-Rivières pour permettre à ses citoyens qui le désirent de posséder des poules sur leur terrain?

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Mais qu'attend la Ville de Trois-Rivières pour permettre à ses citoyens qui le désirent de posséder des poules sur leur terrain?

L'intervention, il y a quelques jours, d'un inspecteur de la Société protectrice des animaux de la Mauricie (SPAM) pour faire respecter la réglementation municipale, a tout l'air d'un coup orchestré pour faire bouger les intervenants politiques.

L'inspecteur en question a, de son propre chef, sans qu'il n'y ait eu de plainte, retracé le propriétaire de quelques poules qui avait fait l'objet d'un reportage à ICI Radio-Canada Mauricie.

Bon joueur, Jean-François Dragon a accepté de se départir de ses poules et estime maintenant que la SPAM a toutes les ressources nécessaires et compétentes pour faire appliquer une réglementation qui pourrait être modifiée.

Ce n'est pas la première fois que les poules urbaines font jaser à Trois-Rivières. En 2012, Martine Clément s'était présentée à l'assemblée publique du conseil pour demander aux élus trifluviens de modifier la réglementation. À Trois-Rivières, c'est le règlement sur la garde des animaux qui est en cause et qui interdit de posséder des animaux dits de ferme.

Il y a probablement des dizaines, peut-être même des centaines de citoyens de Trois-Rivières qui possèdent des poules dans leur cour, avec un petit poulailler et un enclos attenant. Présentement, ils sont tous dans la clandestinité.

Mais tout ce beau monde s'adonne à une activité à la mode. Élever deux ou trois poules, souvent au grand bonheur des enfants, pour subvenir aux besoins hebdomadaires en oeufs. Mais surtout, adopter un comportement écologique, qui est tout à fait dans l'air du temps.

D'autres villes le permettent depuis quelques années, notamment Vancouver, Kingston, Niagara Falls, Victoria, Chambly, ainsi que les arrondissements montréalais de Rosemont-La Petite Patrie et Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Plus près de nous, Drummondville a emboîté le pas il y a quelques mois à peine. Et Victoriaville y songe sérieusement. Le conseil de ville drummondvillois a justifié sa décision par le fait que les poules ne font pratiquement pas de bruit, nécessitent peu d'espace et de soins, et garantissent des oeufs frais et de bonne qualité. La Ville a choisi de limiter à quatre le nombre de poules qu'un résident peut posséder.

On a aussi balisé la pratique en obligeant les citoyens à se procurer un permis au service de l'urbanisme afin de garder des poules et d'aménager un poulailler, en définissant les types de propriétés où c'est permis, en imposant une superficie minimale de terrain et en fixant des distances minimum par rapport au lignes de terrain.

Que craint-on à Trois-Rivières? Que ça fasse du bruit et que ça dérange des voisins? Il convient de rappeler que le caquètement des poules est semblable, pour ce qui est du niveau de décibels, à la voix humaine normale. Et comme les villes qui permettent les poules urbaines interdisent la possession de coqs, il n'y a pas de risque de se faire réveiller aux aurores par un chant aussi strident qu'incongru en pleine ville.

La Ville n'aurait qu'à s'inspirer de ce qui s'est fait ailleurs en matière de réglementation pour s'assurer que la pratique soit encadrée. Déjà, la SPA Mauricie indique qu'elle ne s'y oppose pas, à condition que la réglementation soit adaptée.

Lundi prochain, lors de l'assemblée publique du conseil, des citoyens devraient déposer la pétition qui circule depuis quelques semaines déjà. Aux dernières nouvelles, on aurait franchi le cap des 1100 signatures.

L'occasion sera toute désignée pour le conseil de montrer une ouverture en ce sens.

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