Des entreprises offrent des emplois aux réfugiés

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Marie-Josée Brassard, directrice générale de Stratégie Carrière et Luce Ricard, responsable du secteur immigration.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des entreprises de la Mauricie ont contacté le Service d'accueil aux nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières afin d'offrir des emplois aux quelque 70 réfugiés syriens qui sont attendus dans la région d'ici la fin de février.

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Le directeur général du SANA de Trois-Rivières, Ivan Suaza.

François Gervais

Le directeur général du SANA, Ivan Suaza, a relayé ces demandes à Stratégie Carrière puisque le SANA n'a pas pour mission de trouver des emplois aux personnes qu'il accueille.

«Il y a des entreprises qui nous ont contactés pour avoir de la main-d'oeuvre. On a eu quelques appels», confirme Marie-Josée Brassard, directrice générale de Stratégie Carrière.

Emploi-Québec a aussi mis sur pied un système, au début de décembre, pour recueillir les demandes des employeurs intéressés à embaucher des immigrants, ajoute-t-elle. «Pour l'instant, un employeur s'est manifesté via Emploi-Québec», dit-elle.

Ces employeurs recherchaient surtout des journaliers, indique Mme Brassard.

Le directeur du SANA explique que la plupart des réfugiés qui arrivent dans la région commencent leur nouvelle vie en pratiquant un travail manuel qui leur est offert. «J'ai moi-même commencé comme ça», dit-il.

M. Suaza précise que la SANA insiste néanmoins pour que les nouveaux arrivants apprennent le français pour pouvoir accéder à des métiers et des professions de leur choix éventuellement.

Le fait d'obtenir un premier emploi manuel dans le domaine manufacturier ou de la transformation est toutefois important, précise-t-il. «C'est la façon qu'ils ont de prendre leur place dans la société», plaide-t-il.

Il n'est toutefois pas exceptionnel pour Stratégie Carrière de recevoir de telles demandes de la part des employeurs puisque qu'on y trouve un département consacré à l'immigration, indique Luce Ricard, responsable de l'équipe immigration.

Il existe différents programmes pour placer les immigrants et selon Mme Ricard, le taux de placement est très bon. Il arrive souvent que les employeurs fassent même de nouvelles demandes pour trouver de nouvelles ressources humaines.

Mmes Brassard et Ricard indiquent qu'il faut toutefois faire la distinction entre  immigrants et réfugiés. Les immigrants, expliquent-elles, ont habituellement un bon niveau d'éducation et une connaissance suffisante de la langue française.

Toutefois, les réfugiés n'ont pas tous ces caractéristiques. «Parmi les réfugiés, on en a de toutes les scolarités. Il y en a aussi de très scolarisés», indique Mme Brassard.

Les employeurs qui seraient intéressés à embaucher des Syriens doivent penser que la plupart ne parlent pas le français. «On leur a appris qu'ils doivent faire de la francisation et ne sont pas prêts immédiatement à l'emploi», indique Mme Brassard. D'autres candidats peuvent leur être toutefois présentés, dit-elle.

Les employeurs, explique-t-elle, doivent savoir que ces gens ne doivent pas être confondus avec des travailleurs agricoles. «Des fois, ils nous contactent avec cette fausse croyance-là voulant que ce sont des travailleurs journaliers ou agricoles qui nous arrivent, mais ce n'est pas nécessairement ça», plaide la directrice générale. «Il ne faut pas généraliser. C'est souvent du cas par cas», dit-elle.

«Oui, c'est avantageux qu'ils travaillent même s'ils n'ont pas une parfaite maîtrise de la langue française, mais la francisation est obligatoire et ils doivent la suivre à temps plein un minimum de temps. Quand ils nous arrivent, c'est pour du travail à temps plein et ils ont une bonne maîtrise de la langue française», dit-elle.

«S'ils travaillent pendant leur francisation, c'est sûr qu'ils vont apprendre le français plus vite», reconnaît Mme Brassard. «Mais encore faut-il qu'ils comprennent les instructions et les consignes de santé et sécurité au travail», fait-elle valoir. «Or, les Syriens, d'après ce qu'on entend dire, ne parlent pas le français.»

Tant du côté du SANA que du côté du ministre Jean-Denis Girard, on dit toujours ignorer la date d'arrivée des réfugiés syriens à Trois-Rivières, mais l'attaché de presse du ministre, Karl W. Sasseville, précise que Trois-Rivières «compte toujours parmi les villes identifiées pour accueillir les réfugiés pris en charge par l'État.»

Ivan Suaza indique qu'à Trois-Rivières, il n'y aura pas de familles d'accueil, mais plutôt du jumelage entre environ 25 familles québécoises et une vingtaine de familles de réfugiés, soit 70 Syriens.

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