La Ville appuie le projet du bar Le Manhattan

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Le projet de terrasse du bar Le Manhattan surplombera le coin des rues des Forges et Notre-Dame Centre au centre-ville de Trois-Rivières.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Il y avait les pour et il y avait des personnes contre le projet de construction, en porte-à-faux, d'une terrasse au deuxième étage de l'édifice Loiselle, coin Notre-Dame Centre et des Forges au centre-ville de Trois-Rivières. Mardi, à l'hôtel de ville, sept personnes se sont déplacées pour assister à l'assemblée publique d'information, faisant part tantôt de leurs inquiétudes, tantôt de leur enthousiasme face à ce projet piloté par le propriétaire du bar Le Manhattan.

Quelques minutes après l'assemblée, le conseil de ville adoptait la résolution autorisant l'érection «d'un balcon de 3,10 mètres de projection au niveau du deuxième étage de cet immeuble». Les conseillers François Bélisle, Marie-Claude Camirand, Pierre-Luc Fortin et Jean-François Aubin se sont opposés à la volonté d'expansion du Manhattan, avant d'essuyer le vote de leurs collègues. Un vote majoritaire pris au grand dam de l'architecte et ancien candidat à la mairie, André Carle.

Lors de l'assemblée publique d'information, ce dernier était visiblement bien préparé. Documents à l'appui, M. Carle estime, entre autres, que ce balcon ne cadre tout simplement pas avec la vision patrimoniale du centre-ville. Notons que l'édifice Loiselle, construit en pierre de taille vers 1910, témoigne, selon le ministère de la Culture et des Communications du Québec, «de l'importante période de construction qui suit l'incendie majeur qui détruit le centre-ville de Trois-Rivières le 22 juin 1908».

«Ces bâtiments-là sont inestimables dans l'histoire de Trois-Rivières», note M. Carle en incluant les édifices adjacents de la même époque. «Va-t-on construire des balcons sur ces édifice-là aussi? On s'en va où avec ça?», se questionne-t-il, en rappelant que le comité consultatif d'urbanisme de la Ville de Trois-Rivières avait souligné à grands traits la valeur historique de ce bâtiment.

Un son de cloche repris par le citoyen Gilles Leblanc. «Ce coin-là, et plus particulièrement cet édifice-là, donne le ton, a donné le ton à la reconstruction de la ville en 1908. C'est un édifice qui donne le ton entre le centre-ville et le Vieux-Trois-Rivières», note le citoyen qui, comme le conseiller Aubin, s'inquiète de l'effet d'entraînement d'une telle autorisation municipale.

«Si on veut respecter le patrimoine, on va tout retirer ce qui existe sur les bâtiments et les terrasses» au centre-ville, réplique le maire Yves Lévesque lors du conseil de ville. «Faut être capable de conjuguer le patrimoine et la logique», croit le premier magistrat.

Une musique aux oreilles du propriétaire du bar Le Manhattan, Daniel Gosselin. Ce dernier estime que l'investissement qu'il escompte sortir de ses poches, soit 400 000 $, est susceptible de créer une vingtaine d'emplois supplémentaires et participera à nourrir le dynamisme du centre-ville.

«Ce sont toujours ceux qu'on ne voit jamais en ville qui s'occupent uniquement du patrimoine et qui ne s'intéressent pas à savoir si les locaux sont vides, si les bâtisses sont désuètes. Pour une fois que quelqu'un veut mettre de l'argent dans un commerce qui marche, il y en a qui ne s'occupent pas de leurs affaires et qui viennent chialer pour rien», mentionne M. Gosselin, fier des 863 mentions «j'aime» qu'il a recueillies sur sa page Facebook intitulée En faveur de la terrasse Manhattan. «Présentement, cette bâtisse-là est en train de tomber à terre, c'est pas beau.»

Avec l'appui de la Ville, M. Gosselin entend donc non seulement installer une terrasse, possiblement au printemps 2016, mais également refaire la fenestration et la corniche du bâtiment.

À la suite de l'adoption de la résolution du conseil de ville, mardi, le greffier, Gilles Poulin, fera paraître un avis public pour «informer les personnes qui seraient en désaccord qu'elles peuvent demander l'ouverture d'un registre, en respectant une certaine procédure et un certain délai», note Me Poulin.

olivier.gamelin@lenouvelliste.qc.ca

Avec la collaboration de Gabriel Delisle

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