Le président de l'Ordre des dentistes écorche les opposants à la fluoration

À Trois-Rivières, les opposants à la fluoration de... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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À Trois-Rivières, les opposants à la fluoration de l'eau potable se sont fait entendre à plusieurs reprises, notamment lors des assemblées publiques du conseil municipal.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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(TROIS-RIVIÈRES) Les arguments utilisés par les opposants à la fluoration de l'eau potable engendrent, selon le président de l'Ordre des dentistes du Québec, de la méfiance auprès de la population ce qui «semble empêcher toute tentative valable de mettre à profit les meilleures sources de connaissances pour suggérer, articuler et instaurer des politiques crédibles en santé publique». Ces critiques visent notamment les opposants à la fluoration de l'eau potable à Trois-Rivières.

Le président de l'Ordre des dentistes, Barry Dolman, affirme dans son éditorial du dernier journal du regroupement professionnel qu'il s'inquiète de voir «que notre société est incapable de prendre des décisions appuyées sur des bases scientifiques, pour la simple raison que le public est incapable de faire la distinction entre des données qui s'appuient sur la rigueur scientifique et des propos anecdotiques ou véhiculés par des personnes sans crédibilité ni connaissances». Cela est encore plus alarmant, estime-t-il, lorsque les politiciens et les législateurs ont des réticences, «malgré les preuves qu'ils ne peuvent honnêtement ignorer».

Afin d'illustrer son propos, le dentiste cite les exemples du refus de la vaccination des enfants par leurs parents et le rejet par des citoyens de la fluoration de l'eau potable par leur municipalité. Rappelons qu'à Trois-Rivières, la Coalition trifluvienne pour une eau très saine s'oppose farouchement à la décision de la Ville de procéder à la fluoration de l'eau potable. La coalition a déposé une pétition de plus de 10 600 noms qui demande à l'administration municipale de revenir sur sa décision. C'est dans ce contexte que la Direction régionale de la santé publique a demandé la tenue d'une étude sur les impacts de la fluoration - la dernière date de près de 25 ans - sur la carie dentaire, notamment chez les enfants.

«Au Québec, la fluoration des eaux de consommation est remise en question parce qu'elle est impopulaire», alors qu'on a fait la preuve de son efficacité dans la prévention de la carie et que la santé bucco-dentaire est toujours le parent pauvre de la santé», a soutenu dans son éditorial, Barry Dolman. «En même temps, on constate que le fluor est présent dans l'eau embouteillée parce qu'il s'y trouve naturellement. La fluoration est un simple ajustement de la concentration et s'inscrit comme une mesure de santé publique, comme l'ajustement de la teneur en iode dans le sel de table.»

Le président de l'Ordre des dentistes soutient qu'il faut dénoncer les groupes d'intérêt et les individus qui entretiennent des discours qui ne sont pas basés sur la science, soit «ceux qui véhiculent une information fausse et ceux qui cherchent à tirer profit de la situation en discréditant les preuves scientifiques».

LES OPPOSANTS REJETTENT LES CRITIQUES

La porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine, Joan Hamel, soutient que le regroupement opposé à la fluoration de l'eau reconnaît qu'il y a des problèmes de santé bucco-dentaire chez certains enfants. «Ce avec quoi nous ne sommes pas d'accord c'est le moyen, soit utiliser l'eau potable comme vecteur pour traiter un problème de santé», affirme-t-elle. «Il y a un problème d'acceptabilité sociale sur les moyens qu'on veut prendre pour lutter contre la carie dentaire.»

Joan Hamel avoue être surprise des propos de président de l'Ordre des dentistes qui affirme que les arguments des opposants à la fluoration de l'eau ne sont pas basés sur des données scientifiques. La coalition rappelle la volonté de la Santé publique de tenir une étude sur la question, justement parce que les données actuelles sur la question sont plutôt anciennes.

«On ne peut plus se baser sur les études actuelles. M. Dolman nie aussi les treize mémoires déposés devant une commission parlementaire en 2013 produits par des scientifiques, des professionnels de la santé, des environnementalistes ou des gens en droit, qui ne sont pas des citoyens ou des deux de piques qui manquent de connaissances, ce sont des gens très compétents dans leur domaine [...] et ils se sont prononcés contre la fluoration», soutient Mme Hamel qui ajoute que la fluoration de l'eau représente un important problème éthique, car elle impose une mesure de santé publique à l'ensemble de la population.

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