Église Saint-Philippe: 106 ans d'histoire réduits en poussière

Un immeuble locatif pourrait émerger en lieu et... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Un immeuble locatif pourrait émerger en lieu et place de la désormais ancienne église Saint-Philippe.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un trou, des débris de béton, un monticule de sable et une rétrocaveuse immobile comme dernier témoin de 106 ans d'histoire, voilà tout ce qui demeure de l'église Saint-Philippe dont la pierre angulaire a été déposée lors de l'érection canonique du deuxième plus vieux quartier de la cité de Laviolette en 1909.

Vendredi, les travailleurs de CFG Construction s'attelaient aux derniers coups de pelle, sous le regard curieux de quelques badauds. Si tout se déroule rondement, à moins de bris mécanique, les clôtures de sécurité seront retirées du site le 18 ou le 19 mars prochain.

Bilan rétroactif oblige, la Ville de Trois-Rivières se montre très satisfaite du déroulement des travaux de démolition. Malgré des premières volées de masse difficiles, conséquence de l'inaction du propriétaire Denis Despins, aucun pépin n'a été colligé dans les livres de bord de CFG Construction, aucun accident de chantier, aucun dépassement de coût, le tout en respectant à la lettre l'échéancier en vigueur.

« Grosso modo, il reste un peu de béton de fondation à enlever, un peu de remplissage, et tout devrait être terminé. La démolition a été au-delà de nos espérances. Tout s'est déroulé comme prévu », se réjouit Yvan Toutant, porte-parole de la Ville. « C'était un gros chantier de démolition. Des chantiers comme celui-là, on n'en voit pas souvent. On est très heureux de la façon dont CFG Construction a travaillé. Ils ont été coopératifs, respectant leur promesse et leur mandat. Bon, évidemment, on aurait pu sauter une semaine si on n'avait pas eu ce froid intense, mais en bout de ligne, dans l'ensemble, faudrait être chialeux pour dire qu'on n'est pas content. »

460 000 $. Voilà le montant que la Ville a dû débourser pour tourner cette importante page de son histoire. Le prochain chapitre débutera par des recours judiciaires contre le propriétaire Denis Despins de manière à recouvrer jusqu'à la dernière cenne de cette facture. En effet, comme M. Despins n'avait pu mettre à exécution la mise en ordre de la Cour supérieure lui intimant de faire table rase du lieu de culte, la Ville avait été contrainte de piger dans ses coffres pour entamer les travaux. « Nos procureurs seront mis à contribution pour récupérer les 460 000 $ », souligne M. Toutant. À ce propos, la Ville « ne s'attend pas à ce qu'il [M. Despins] fasse un chèque la semaine prochaine ». Ainsi, cette saga risque fort d'entraîner dans son sillon des coûts supplémentaires qui, eux, seront à la charge des citoyens. « En bout de ligne, si on n'est pas capable de récupérer la somme totale, on va saisir le terrain et on va le vendre. »

La superficie et la position géographique de cet espace vacant, au coeur du centre-ville, à proximité d'une école, non loin de l'autoroute, laissent planer tous les espoirs. Le maire Yves Lévesque ne cache pas sa volonté de voir s'ériger en lieu et place de l'église un projet domiciliaire qui permettrait de revitaliser le quartier. Sans compter les taxes foncières récurrentes qui en découleraient.

« L'autre étape, c'est de prendre possession du terrain pour lui redonner une seconde vie », signale M. Lévesque. « L'idée c'est d'amener de l'habitation sur ce terrain-là. Aussitôt les procédures judiciaires terminées, on va y ramener la vie. On va essayer de se faire rembourser en premier, mais on ne se cachera pas qu'il n'y aura pas grand bidou au bout de la ligne. Pour être honnête, je ne pense pas que l'on va voir la couleur de cet argent. Si le paiement n'est pas fait, nous reprendrons possession du terrain le plus rapidement possible, nous récupérerons l'argent placé en fiducie pour la démolition de l'église et, après ça, nous construirons quelque chose sur ces terrains-là. »

En 2011, Olymbec escomptait bâtir au coin des rues Gervais et Saint-Olivier un immeuble locatif de 24 logements respectant l'architecture patrimoniale de l'ancienne église.

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