Réduction du nombre de conseillers: loin de faire l'unanimité

Le projet devra présenter l'assurance d'une très grande... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le projet devra présenter l'assurance d'une très grande représentativité et d'une diversité autour de la table du conseil pour qu'il fasse l'affaire de la majorité.

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(Trois-Rivières) Le projet de faire passer de 16 à 13 le nombre de conseillers municipaux à Trois-Rivières dès l'élection de novembre 2017 est loin de passer comme une lettre à la poste pour une grande majorité des conseillers trifluviens. Si les discussions restent encore à être tenues, un premier tour de table permet toutefois de comprendre que le projet devra présenter l'assurance d'une très grande représentativité et d'une diversité autour de la table du conseil pour qu'il fasse l'affaire de la majorité.

On se souviendra que le maire suppléant, René Goyette, a déjà présenté un scénario à ses collègues, qui pourrait faire passer de 16 à 13 le nombre de conseillers municipaux et de districts électoraux. Or, pour qu'un tel redécoupage soit possible, un décret devra être demandé et octroyé par Québec.

Si personne ne se dit complètement fermé à l'idée, la plupart des conseillers municipaux interrogés par Le Nouvelliste aimeraient obtenir de plus grandes garanties qu'un tel redécoupage n'augmentera pas la tâche de travail des conseillers au point de devoir s'y consacrer à temps plein et ainsi devoir abandonner l'idée de conserver son emploi lorsqu'on se présente en politique. «Je me demande, avec ce scénario, comment on peut ne pas s'en aller vers un modèle de conseiller à temps plein. Tout le monde n'a pas forcément envie de se négocier un départ de son emploi pour quatre ans», fait remarquer le conseiller de Marie-de-l'Incarnation, Jean-François Aubin. Un avis partagé par ses collègues Sabrina Roy, Jean Perron, Yves Landry et Marie-Claude Camirand.

Jean-François Aubin, de même que plusieurs de ses collègues, s'interroge également sur la proximité du service aux citoyens si on augmente le nombre de citoyens par secteur, en plus de se questionner sur la tâche de représentativité au sein des divers comités de travail lorsqu'il y aura trois conseillers de moins pour assumer une présence sur ces différents comités. «La véritable question, c'est de savoir pourquoi on le fait. Est-ce pour réaliser des économies? Je doute qu'on sauve véritablement de l'argent, puisqu'en augmentant la tâche des conseillers, on augmentera certainement les salaires aussi. Il faut que ça demeure conciliable avec le fait d'avoir une profession et une famille», signale le conseiller du district des Estacades Pierre-Luc Fortin. Un avis également partagé par ses confrères François Bélisle et Jeannot Lemieux. «Depuis la fusion, je suis passé de 3000 à plus de 6000 citoyens dans mon secteur. On la sent la différence sur la charge de travail. D'ajouter encore des électeurs risquerait de décourager ceux qui ont une vie professionnelle ou encore une jeune famille. Or, un conseil municipal, ça ne peut pas être uniquement des retraités ou des gens qui font ça à temps plein. Un conseil municipal, c'est représentatif de la population, et ça ne peut pas avoir une seule couleur», constate le conseiller André Noël, qui se dirait tout de même en faveur du changement uniquement s'il est dissocié d'une augmentation des salaires des conseillers au-delà de l'indice du coût de la vie. «Sinon, à quoi ça sert? On ne réalise aucune économie, on augmente la tâche et on menace la représentativité. Il n'y aurait aucun avantage», croit-il.

Des avis partagés

D'autres, cependant, ne sont pas du même avis. La conseillère du district des Plateaux, Joan Lefebvre, ne cache pas qu'elle effectue cette tâche à temps plein, par choix. «Quand j'ai été élue, en 2005, j'ai pris un sans solde de quatre ans. C'est un choix que tu as à faire. À ma défaite, en 2009, je me suis retrouvée sans emploi, mais ça fait partie du jeu. Si j'ai été capable de le faire, d'autres sont aussi capables que moi», constate celle qui ne voit rien de dramatique à élargir son secteur et augmenter le nombre d'électeurs auprès de qui elle doit répondre.

«Ce ne serait pas dramatique. Moi je crois que c'est un choix logique et raisonnable qui démontre un grand signe de maturité», croit-elle.

Son collègue de Sainte-Marthe, Daniel Cournoyer, est du même avis. «Qu'on m'ajoute 1000 citoyens, je n'ai pas de problème avec ça. La charge de travail liée aux demandes des citoyens n'est pas si grande, et se règle souvent très rapidement puisque nous avons un excellent service des requêtes. Les comités nous demandent du temps, mais puisque je suis à la retraite, ça ne me pose pas de problème», mentionne-t-il.

Bien qu'ayant mis des bémols quant à la représentativité autour de la table du conseil, la conseillère de Chavigny Marie-Claude Camirand s'est toutefois dite ouverte à l'idée, spécialement si cela permet aussi un redécoupage de la carte électorale, dont certaines limites plus ou moins logiques seraient à revoir.

Yves Landry, pour sa part, aimerait bien pouvoir compter sur un nombre pair de conseillers, pour permettre au maire de trancher lorsque le conseil est divisé.

District Conseiller(ère) Nombre d'électeurs*

Sainte-Marthe Daniel Cournoyer 6230

De Châteaudun Jean Perron 6801

Des Estacades Pierre-Luc Fortin 6059

Du Sanctuaire Sabrina Roy 6433

De la Madeleine René Goyette 5568

Saint-Louis-de-France Michel Cormier 7428

Des Plateaux Joan Lefebvre 5900

Du Carmel André Noël 6335

Marie-de-l'Incarnation Jean-François Aubin 5653

Laviolette Guy Daigle 6992

Chavigny Marie-Claude Camirand 7648

Sainte-Marguerite Pierre-A. Dupont 5648

De Rigaud Ginette Bellemare 6643

Des Terrasses Yves Landry 7098

Pointe-du-Lac François Bélisle 7191

Vieilles-Forges Jeannot Lemieux 7273

Nombre total d'électeurs: 104 900

*Selon le dernier recensement du 21 octobre 2013

À noter que le nombre d'électeurs ne correspond pas à la population réelle, mais bien au nombre de personnes en âge légal de voter. En date du 1er janvier 2014, la population totale de Trois-Rivières s'élevait à 134 012 citoyens.

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