Fluoration: le débat refait surface au conseil

Le conseil municipal de Trois-Rivières devra de nouveau... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Le conseil municipal de Trois-Rivières devra de nouveau voter lundi soir prochain sur la question de la fluoration. Les élus doivent en effet se prononcer sur le règlement d'emprunt associé à l'acquisition des équipements nécessaires pour l'introduction de fluor dans l'eau potable.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Le débat sur la fluoration de l'eau potable refera surface lundi prochain au conseil municipal. Alors qu'un avis de motion a été déposé à la dernière séance du conseil pour que la Ville emprunte les sommes nécessaires pour adapter son système de distribution d'eau potable, certains conseillers municipaux annoncent déjà leur intention de s'opposer à ce règlement d'emprunt.

L'avis de motion, qui n'avait pas à faire l'objet d'un vote à cette étape-ci, devra toutefois faire l'objet d'un règlement à la prochaine séance, lundi soir, afin de pouvoir procéder avec l'emprunt. Lors de cette étape, un vote sera nécessaire. Rappelons cependant que Québec s'est engagé à rembourser cet emprunt, réalisé dans le cadre d'une entente avec le provincial.

Au moins quatre conseillers municipaux ont confié au Nouvelliste avoir l'intention de maintenir leur position adoptée en février, et de se prononcer contre ce projet. Rappelons que neuf conseillers s'étaient prononcés en faveur de la reprise de la fluoration de l'eau potable, alors que sept conseillers avaient voté contre.

Le conseiller municipal de Pointe-du-Lac, François Bélisle, votera contre ce règlement d'emprunt. Ayant déjà fait part de ses intentions à ses collègues autour de la table du conseil, il estime qu'il s'agit d'une décision personnelle en cohérence avec sa position adoptée en février dernier.

«En plus, dans le contexte actuel où on nous annonce des coupures de l'ordre de 300 M$ pour les municipalités avec le nouveau pacte fiscal, je me demande comment on peut se permettre cette dépense farfelue qu'est le fluor. Ce n'est pas une question politique, mais bien personnelle. Je ne vois pas en ce projet une vision de développement pour la Ville, et je demeure persuadé que la santé publique n'est pas du ressort des municipalités. Si Québec souhaite voir s'implanter ce programme à grande échelle, c'est à la direction de la santé publique de l'imposer à tous les Québécois», croit-il.

Même son de cloche pour son collègue du district des Terrasses, Yves Landry, qui avait aussi voté contre en février. «Je veux être conséquent avec ma position initiale. Et dans le contexte économique actuel, Québec aurait là une belle occasion de faire des économies», croit M. Landry, qui rappelle que le sujet est toujours aussi divisé auprès de la population, du moins chez les citoyens qu'il croise. «On a beau dire qu'on a fluoré l'eau à Trois-Rivières pendant 20 ans, il y a quand même plusieurs des anciennes villes qui ne buvaient pas d'eau fluorée», rappelle-t-il.

Marie-Claude Camirand et Pierre-Luc Fortin voteront aussi contre le règlement d'emprunt, pour maintenir leur position adoptée en février.

Le Nouvelliste a tenté de connaître l'opinion des trois autres conseillers qui avaient voté contre, soit Ginette Bellemare, Jean Perron et André Noël, mais il nous a été impossible de leur parler.

Consultation populaire

Pierre-Luc Fortin avoue pour sa part qu'il aimerait bien voir se tenir une consultation populaire sur le sujet. «Ma prétention est que les citoyens n'en veulent pas, en tout cas tous ceux que je croise. Il faudrait prendre le pouls de la population», mentionne M. Fortin.

Une opinion partagée par Jean-François Aubin, qui votera tout de même en faveur du règlement d'emprunt, lui qui avait aussi voté en faveur en février dernier. «Je vais maintenir ma position car j'estime qu'il n'y a pas eu d'éléments nouveaux qui me permettent de changer mon fusil d'épaule. Par contre, je serais favorable à une consultation populaire qui ne coûterait pas les yeux de la tête. Y aurait-il possibilité de jumeler cette consultation avec le prochain scrutin municipal, par exemple? Je lance l'idée, mais j'ignore si mes collègues autour de la table partageraient cette idée», se demande-t-il.

Pour le maire Yves Lévesque, la consultation a déjà été faite, puisqu'une commission parlementaire a eu lieu sur le sujet et que le débat a aussi été fait autour de la table. Il n'a pas commenté davantage la perspective d'un nouveau vote divisé à la table du conseil, mais ne s'en fait pas outre mesure avec ça. «Le débat a été fait, maintenant il faut aller de l'avant. On va revenir avec ça indéfiniment sinon. Les opposants ne s'arrêteront pas tant que la décision ne leur sera pas favorable, mais la majorité a déjà parlé alors à un moment donné, il faut arrêter», considère-t-il.

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