Pacte fiscal: Yves Lévesque demande aux députés de Trois-Rivières de clarifier leur position

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Le maire Lévesque a profité du passage dans ses bureaux des députés Jean-Denis Girard (Trois-Rivières), Pierre-Michel Auger (Champlain) et Marc H. Plante (Maskinongé) pour leur proposer un plan de gestion de crise en deux temps.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les trois députés provinciaux de Trois-Rivières ont convoqué le maire Yves Lévesque, vendredi, pour parler de développement économique. Mais le premier magistrat a rapidement dominé la conversation pour faire connaître sans ambages sa position sur le pacte fiscal imposé par le gouvernement aux municipalités.

La cité de Laviolette est disposée à faire un effort supplémentaire pour équilibrer les finances publiques, cela dit en 2015 seulement. A posteriori, Québec doit mettre en place des «mesures de rattrapage», sans quoi la Ville sera contrainte d'augmenter substantiellement les taxes municipales en 2016.

Coupant court aux discussions, le maire Lévesque a profité du passage dans ses bureaux des députés Jean-Denis Girard (Trois-Rivières), Pierre Michel Auger (Champlain) et Marc H. Plante (Maskinongé) pour leur proposer un plan de gestion de crise en deux temps.

Premièrement, le principe. Le gouvernement du Québec doit considérer les villes comme des partenaires à égalité de parts et non pas comme des subalternes tributaires de son joug. Ainsi, Québec doit témoigner sa bonne foi et assumer ses responsabilités quant à l'état des finances publiques. Pour l'heure, selon M. Lévesque, le gouvernement agit comme une «dictature» et «pellette dans la cour des villes» la dette qu'il a lui-même octroyée.

«Le gouvernement a été malhabile. Je crois qu'il y a moyen de corriger ça en étant honnête et transparent et non pas en nous traitant comme des enfants d'école. On n'a pas aimé la façon que ça s'est fait. Me faire donner un coup de pied dans le derrière quand je ne suis pas responsable, j'ai de la misère avec ça. Quand on veut établir un véritable partenariat, ce n'est pas la façon de faire. Quand on veut un partenaire, il faut le traiter comme un partenaire», souligne le maire.

«Le gouvernement doit donc tourner le miroir vers lui-même», renchérit-il. «Québec n'a pas de leçons à nous donner sur comment gérer notre budget. Les villes gèrent très bien leurs affaires, et Trois-Rivières surtout. Depuis plusieurs années, les villes sont échaudées. Dans toutes les réformes passées, ce sont les villes qui ont subi les conséquences. Le gouvernement doit sortir clairement et dire aux villes qu'elles ne sont pas responsables des dettes d'en haut.»

Deuxièmement, les faits. De l'avis du maire, le gouvernement doit garantir aux municipalités que le pacte fiscal qui les privera de 300 millions $ en 2015 est une «mesure transitoire» et, plus que tout, que des «mesures de rattrapage» seront mises en oeuvre subséquemment afin d'oxygéner leurs coffres. Jusqu'alors, selon M. Lévesque, rien n'indique que les villes seront compensées pour les sacrifices consentis.

«Nous assumons de plus en plus de responsabilités, mais les transferts ne suivent pas la cadence», enchaîne M. Lévesque d'un seul souffle. «Si l'année prochaine il n'y a pas de compensation, là on va être obligé d'augmenter les taxes. Prendre nos surplus pour une dépense ponctuelle, c'est correct, mais pas pour une dépense récurrente.»

Dans l'immédiat, Trois-Rivières doit dénicher 3,8 millions $ d'ici le dépôt de son budget en décembre. «Si on pige dans nos surplus pour payer cette dépense, le problème va être doublement plus important l'année prochaine. Notre surplus, c'est un coussin, ce n'est pas fait pour payer l'épicerie. On nous demande de faire une mauvaise gestion des fonds publics, j'ai de la misère avec ça. Ce que j'ai dit aux députés, c'est qu'on allait gérer de façon responsable. Je leur ai demandé de rétablir les ponts et d'avouer leurs torts.»

Quant à savoir si la Ville sera toujours membre de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) en décembre, le maire Lévesque demeure évasif. «On verra», laisse-t-il planer. «Présentement, si le gouvernement ne rétablit pas les faits, je préfère couper l'UMQ que couper un organisme de chez nous», tanche-t-il sans équivoque.

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