Trois-Rivières 2030 vue par les citoyens

La Ville de Trois-Rivières tiendra, cette semaine, deux grandes consultations... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières tiendra, cette semaine, deux grandes consultations citoyennes dans le cadre du projet «Trois-Rivières vers 2030».

Ce projet a pour but d'enrichir la vision de l'administration municipale afin qu'elle puisse élaborer, au cours des deux prochaines années, le nouveau schéma d'aménagement de la Ville, un plan sur lequel on se basera pour la vision stratégique et globale du développement de Trois-Rivières pour au moins les quinze prochaines années.

Ainsi, les citoyens sont invités à se faire entendre lors de ces grandes consultations. Deux rendez-vous ont été mis à l'agenda, soit mardi à 19 h au Musée québécois de culture populaire au centre-ville, et mercredi le 29 octobre à 19 h au centre communautaire Des Ormeaux, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

À cette occasion, la population aura la chance de faire entendre sa vision des choses, ses souhaits, ses recommandations quant à l'avenir de Trois-Rivières et à son développement.

Depuis plusieurs semaines déjà, les consultations ont débuté via le site Internet visionvers2030.net. De la documentation y a été publiée, de même que plusieurs blogues permettant aux citoyens une réflexion plus approfondie sur la question.

Neuf grands thèmes ont été abordés, soit la démographie, l'agriculture, l'environnement et la biodiversité, l'économie, le développement social et communautaire, la planification et le développement urbain, le centre-ville, le transport et la mobilité ainsi que la culture et les loisirs.

Pour les citoyens qui ne seraient pas en mesure de se déplacer lors de ces deux soirées, ou qui préfèrent tout simplement soumettre un mémoire sans avoir à prendre la parole publiquement, il est aussi possible de le faire en faisant parvenir un texte à l'adresse visionvers2030@v3r.net.

De son côté, Le Nouvelliste a tenté l'expérience, en questionnant dix personnes issues de divers milieux, pour connaître leur vision, leur souhait, leurs rêves et leurs recommandations de ce que devrait être Trois-Rivières en 2030.

Nous vous présentons aujourd'hui le fruit de ces réflexions.

Alex Brisebois-Proulx... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Alex Brisebois-Proulx

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

La jeunesse

«À Trois-Rivières en 2030, je souhaite à tous les jeunes de la communauté trifluvienne qu'ils soient entendus à leur juste valeur.

Trois-Rivières, étant une ville étudiante, peut compter parmi ses armes les centres de développement professionnel, le Collège Laflèche, le Cégep de Trois-Rivières ainsi que l'Université du Québec à Trois-Rivières. Voici pourquoi les jeunes sont véritablement essentiels au bon fonctionnement, au développement et à la richesse de la grande ville qu'est Trois-Rivières.

Mon véritable souhait est que l'on perçoive les étudiants comme la relève de demain, qu'on les perçoive comme les personnes qui bâtiront la ville de demain. En ce sens, je crois qu'il serait plus qu'équitable de leur donner plus de pouvoir et de place sur les enjeux de la ville. Une place sur le conseil d'administration de la STTR? Un volet «affaires jeunesse» au conseil de Ville? Si l'on veut assurer la durée et la qualité de la ville, dans un futur très rapproché, la voix des jeunes sera plus qu'importante.

Finalement, tôt ou tard, il faudra se rendre à l'évidence que si nous voulons bâtir quelque chose de solide, de durable et de prospère, c'est tous ensemble qu'il faudra s'y prendre, toutes les générations doivent mettre l'épaule à la roue.»

Alex Brisebois-Proulx

Vice-président aux affaires socio-politiques,

Association générale des étudiants de l'UQTR

Gaétan Lamy... - image 3.0

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Gaétan Lamy

L'Agence de santé

«La santé et le bien-être de la population ne concernent pas uniquement le réseau de la santé et des services sociaux, mais tous les acteurs de la région.

Parce que nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires et que notre milieu communautaire est fort et responsable, en 2030, nous aurons réussi à améliorer les conditions de vie des personnes afin qu'elles puissent vivre de nombreuses années avec la meilleure qualité de vie possible.

Nous allons poser des actions concrètes et durables pour soutenir et être solidaire des personnes plus vulnérables (logement social, politique sur l'itinérance, accès au transport en commun, accompagnement dans le recours aux services, etc.);

Nous aurons adapté nos services et nos environnements pour permettre aux personnes âgées, qui constitueront près du tiers de la population, de demeurer dans leur milieu de vie le plus longtemps possible, et nous nous assurerons que nos enfants grandissent en santé et bien dans leur peau.

En 2030, la population sera encore plus habilitée à prendre en charge sa santé et son bien-être, saura à quel moment consulter les services, où et comment.

Elle aura accès rapidement à son médecin de famille et à une équipe de professionnels près de chez elle. Son parcours dans le réseau sera fluide.

Nous pourrons ainsi prévenir les maladies et les détecter le plus précocement possible, et permettre à la personne qui a besoin de services spécialisés d'y avoir accès en temps opportun.

La région continuera à rayonner par ses projets novateurs en enseignement, en développement de services et en recherche afin d'améliorer de façon continue les soins et les services à la population.»

Gaétan Lamy

Président directeur général

Agence de santé et des services sociaux, Mauricie Centre-du-Québec

Amélie Dubuc... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 4.0

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Amélie Dubuc

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Les organismes communautaires

«En 2030, je vois la ville de Trois-Rivières comme un endroit où il fait bon vivre et où les gens sont fiers de vivre. Un lieu où nos aînés sont des gens impliqués dans leur communauté, qui participent aux réflexions importantes de la ville et où les jeunes familles veulent habiter, car les services sont adaptés à leurs besoins, autant pour les enfants, les adolescents, que pour les adultes.

Je vois une ville TRÈS communautaire où l'expertise des organismes est connue et reconnue par toute la population trifluvienne, ainsi que par les différentes instances de la ville de Trois-Rivières. Le travail qui est réalisé dans les organismes communautaires trifluviens est valorisé et soutenu par la ville. Nous travaillons tous en partenariat, dans l'action, pour le bien-être de l'ensemble de la population trifluvienne et où la justice et l'égalité pour toutes et tous est une priorité.

Des représentants de la ville participent aux différents comités de travail existants sur le territoire afin de travailler tous ensemble à cet objectif et à l'amélioration de l'accès aux différents services. La participation citoyenne est très valorisée par la ville, autant que le bénévolat, et l'économie sociale est une forme d'économie qui est soutenue par la ville et elle représente une solution pour beaucoup d'entrepreneurs.»

Amélie Dubuc

Directrice générale

Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières (CDC-TR)

Éric Lord... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 5.0

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Éric Lord

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

La culture

«Dans un monde idéal, en 2030, ça fait un bout que les arts et la culture sont une priorité dans le développement de Trois-Rivières. En fait, il n'y a plus personne pour remettre en cause les investissements de la ville en la matière. C'est bien connu, ce secteur d'activité a permis à la ville de se relever de son lourd passé industriel. La renommée de Trois-Rivières et son souci du patrimoine et des arts vivants sont cités en exemple bien sûr au Québec, mais partout dans le monde.

Il faut dire que le Conseil des arts qui a été créé et les investissements massifs qui y ont été engagés ont fait naître un nombre impressionnant d'initiatives qui ont marqué le paysageurbain tout comme le quotidien des citoyens. L'entrée de la ville est une véritable attraction tant les oeuvres d'art y sont omniprésentes.

Un nombre impressionnant de comités culturels de quartier sont très actifs et s'avèrent des acteurs déterminants de la qualité de vie de chaque secteur de la ville.

Ville créative et innovante, Trois-Rivières a fait le pari de mettre côte à côte ateliers d'artistes et entreprises hi-tech. De ce mélange est née la nouvelle économie trifluvienne. Une économie d'avant-garde qui se nourrit du mariage consommé entre le monde des arts et celui des affaires.

Les jeunes Trifluviens sont baignés dès leur plus jeune âge dans tout ce bouillon culturel. Il n'est pas rare de rencontrer des enfants qui ont fréquenté cinq fois plus souvent les lieux de culture que leurs parents. Trois-Rivières la créative, résolument. Je rêve...»

Éric Lord

Directeur général

Culture Mauricie

Patrick Simard... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 6.0

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Patrick Simard

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Un environnementaliste

«Mon principal souhait est que les dirigeants de Trois-Rivières 2030 comprennent que la qualité de l'environnement correspond à la qualité du milieu dans lequel je vis tous les jours. Mon environnement n'est pas un simple espace qui attend d'être développé pour assurer la vitalité économique de ma ville, c'est aussi un espace vivant qui influence la qualité de ma vie et de ma santé.

Trois-Rivières 2030 est aussi consciente que les milieux naturels lui rendent plusieurs services souvent inestimables en valeur monétaire. Entre autres, elle sait que les milieux humides aident à contrôler les coups d'eau provoqués par les fortes averses.

Conséquemment, Trois-Rivières 2030 est une ville qui lutte contre les îlots de chaleur urbains et qui s'assure de conserver des milieux naturels sur tout son territoire. C'est une ville où les grandes aires de stationnement asphaltées et dénudées sont révolues, faisant place à des aires de stationnement mieux planifiées et végétalisées.

C'est aussi une ville qui favorise la mise en place d'initiatives originales de densification afin de contrôler l'étalement urbain. Elle arrête de se développer en fonction de l'automobile en solo et se développe de façon à favoriser le développement d'un transport collectif efficace.

En fait, il faut que Trois-Rivières 2030 intègre véritablement la préoccupation environnementale dans son développement, au moins au même niveau que les préoccupations sociales et économiques. Dans un contexte de changements climatiques, cela est plus que nécessaire si elle ne veut pas que ceux-ci aient des effets trop néfastes sur ses aspects social et économique.»

Patrick Simard

Directeur

Conseil régional de l'environnement Mauricie

L'économiste et professeur à l'UQTR, Frédéric Laurin.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 7.0

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L'économiste et professeur à l'UQTR, Frédéric Laurin.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Un économiste

«Forte d'un renouveau économique, Trois-Rivières en 2030 reçoit le titre de ville la plus branchée au Québec par une cyber-revue culturelle. Depuis 15 ans, le paysage économique de la ville a bien changé, avec sa kyrielle de PME dynamiques, surtout dans les énergies vertes, la transformation alimentaire, l'usinage, et sa plate-forme logistique, maintenant liée au train rapide Québec-Montréal.

Trois-Rivières a su mettre en oeuvre une stratégie originale de développement basée sur l'entrepreneuriat et la coopération au sein de filières industrielles régionales.

Résultat: les jeunes ont retrouvé le goût d'y travailler et d'y vivre. C'est que la ville est maintenant TR-ès tendance! Par exemple, le Centre DesignArts rassemble designers industriels et du meuble, centre d'artistes et entreprises en technologies de l'information. Magnifiquement construit tout en bois, le Centre a contribué à l'essor d'un label de design typiquement mauricien, mais aussi à la revitalisation d'un secteur industriel, devenu le lieu de prédilection des étudiants de l'UQTR, avec ses bistros sympathiques et la renaissance de la librairie Clément-Morin.

Et sur les rives du Saint-Laurent, autour du centre des foires, de grands architectes québécois ont rivalisé de créativité pour faire émerger un quartier écologique.

Un tram'bus léger et rapide relie maintenant ces deux quartiers au centre-ville et remonte vers le nord de la ville, en passant par l'UQTR.»

Frédéric Laurin

Professeur en économie, UQTR

Ghislain Samson... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 8.0

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Ghislain Samson

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Le milieu scolaire

«Dans un contexte de compressions budgétaires, l'école et même le système éducatif se doivent d'être réinventés afin de (re)voir tout le potentiel de réingénierie en matière de collaboration avec les différents ministères, organismes locaux, et même les administrations municipales, comme Trois-Rivières.

Plus que jamais et pour les prochaines années, il nous faut des enseignants passionnés dont la mission est d'instruire, de socialiser et de qualifier les jeunes. Ces derniers doivent s'engager dans leur formation et y accorder une place importante dans leur vie. Pour y arriver, l'équipe-école incluant tout le personnel se doit de travailler de concert avec les familles.

L'école de 2030 ne sera possiblement pas très différente de celle de 2014. Toutefois, je crois que les technologies de l'information et des communications y seront davantage présentes (TNI, tablette, etc.).

L'apprentissage d'une deuxième langue, voire une troisième langue pourrait devenir un automatisme dans plusieurs écoles, et certaines valeurs y seront encore prônées.

Je pense notamment au sens des responsabilités plus grand, à un leadership réaffirmé, à une démocratie mise en évidence, etc.

La société québécoise a besoin de plus en plus de leaders dans différents domaines (politique, économique, environnemental, etc.).

Je rêve d'une école où TOUS les jeunes de Trois-Rivières se lèveront le matin et auront hâte de s'y rendre, avec le sourire!»

Ghislain Samson, Ph. D.

Directeur du département des sciences de l'éducation à l'UQTR

Richard Dober... (Photo: Archives Le Nouvelliste) - image 9.0

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Richard Dober

Photo: Archives Le Nouvelliste

Un athlète

«D'ici 2030, nous devons continuer de multiplier les efforts pour que Trois-Rivières et la région deviennent une plaque tournante du sport au Québec.

Nous avons l'avantage d'être central, mais ça peut aussi se retourner contre nous si on ne poursuit pas les efforts déjà déployés pour attirer les athlètes ici, alors que des villes comme Québec et Montréal ne sont pas si loin. En ce sens, des équipements comme le CREEM et tout le Complexe sportif Alphonse-Desjardins peuvent faire la différence, et j'espère que la Ville continuera à y investir durant les 15 prochaines années au moins.

Les plus petites villes comme Trois-Rivières ont beaucoup à offrir en ce qui a trait à la qualité de vie pour un athlète. Il faut cependant poursuivre les efforts pour que les équipements soient disponibles et de très haut niveau si on veut continuer d'attirer les athlètes chez nous. Nous avons tout le potentiel pour y arriver.

J'aimerais qu'on ne perde jamais de vue que le sport apporte énormément de retombées économiques sur la région, que ce soit par des événements sportifs de tous les genres, comme les Défis du Parc, la Classique de canots ou encore le tourisme sportif et les tournois que peuvent attirer les équipements comme le CSAD. C'est une mine d'or pour une ville comme Trois-Rivières et pour toute la région».

Richard Jr Dober

Athlète olympique en canoë-kayak et chiropraticien

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Clément Demers

Un urbaniste

«Trois-Rivières est une ville qui a la chance d'être située au confluent de deux voies d'eau très importantes, et de posséder beaucoup de terrains industriels désaffectés. C'est une richesse que bien des villes aimeraient avoir pour développer. Il faut avoir une vision d'ensemble extrêmement cohérente tant pour l'architecture que l'aménagement urbain ou l'aménagement des berges. Il faut investir sur la qualité dans le domaine public, ce qui donne l'exemple au privé et crée une adresse.

La mixité des fonctions jumelée à la qualité des services dans un développement urbain permet une expérience stimulante pour le visiteur. On n'a pas le choix de faire un développement remarquable des espaces disponibles, en ayant d'abord une vision structurante de l'espace. Il ne faut pas penser un développement au fur et à mesure que des unités d'habitation se vendent, mais bien l'inverse. Avoir d'abord une vision d'ensemble du développement pour ensuite aller dans le détail.

La Ville devra aussi investir dans la conservation du patrimoine, tant industriel que pour des quartiers anciens. L'esprit de ces quartiers ne devra jamais être dénaturé, tout en maintenant la qualité du bâti ancien. Tout cela a été construit à une époque où l'on avait le souci de bien faire les choses, et c'est ce qui rehausse la qualité de l'expérience pour les citoyens.»

Clément Demers

Architecte, urbaniste, médiateur et gestionnaire de projets

Directeur général, Quartier International de Montréal

Ginette Lapointe... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 11.0

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Ginette Lapointe

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Les aînés

«Pour FADOQ - Région Mauricie, ce qui est primordial c'est que les aînés sont particulièrement préoccupés par la sécurité dans tous leurs déplacements, que ce soit pour l'entretien des trottoirs en hiver, l'éclairage des différentes artères, les feux de piétons suffisamment longs ou le besoin d'ajouter des bancs le long des pistes cyclables ou les différents parcs - la sécurité est leur et notre priorité.

Les aînés nous ont communiqué leur besoin d'appartenance dans leur communauté, leur quartier, leur paroisse. Le lien de proximité est un facteur important pour leur mieux-être et nous souhaitons que les infrastructures existantes soient bien entretenues et mises à la disposition des organismes pour répondre à ce besoin. Nous souhaitons également que les parcs possèdent des équipements pour les activités des aînés.

Pour pousser plus loin cette réflexion, l'innovation dans l'implantation de nouvelles structures de loisirs doit être au rendez-vous afin de répondre aux besoins d'une clientèle qui ne s'identifie pas aux structures organisationnelles existantes.

En somme, c'est une responsabilité collective de protéger la qualité de vie des aînés pour leur santé, leur sécurité, leur bien-être et leur appartenance dans leur communauté.»

Ginette Lapointe

Directrice générale, FADOQ - Région Mauricie

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