Les panneaux touristiques pourraient devenir bilingues

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Les nouveaux panneaux réalisés par la firme MédiaVox ont une facture plus contemporaine. On en trouve déjà dans l'arrondissement historique et au parc du Platon, notamment.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières pourrait bien amorcer prochainement une réflexion quant à une refonte de ses panneaux d'interprétation historique. Le développement du tourisme et l'affluence de clientèles internationales - dont les passagers de bateaux de croisière - amène les autorités municipales à considérer la possibilité de rendre ses panneaux d'interprétation bilingues.

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On trouve encore beaucoup de panneaux d'interprétation ayant cette forme, ce lettrage et ces couleurs un peu désuètes. Celui-ci, situé devant l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, relate l'histoire des Franciscains à Trois-Rivières.

Photo: François Gervais

Il s'agit d'ailleurs d'un commentaire formulé par plusieurs passagers des deux premiers bateaux de croisière qui ont fait escale à Trois-Rivières à la fin septembre. Les passagers qui sont descendus du bateau pour visiter le centre-ville et l'arrondissement historique de leur plein gré ont bien vu les panneaux d'interprétation, mais la plupart d'entre eux n'ont pu comprendre les explications qui y sont inscrites. Actuellement, les informations historiques ne figurent qu'en français sur ces panneaux.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a eu vent du commentaire et il promet de se pencher sur ce problème. «Si on veut attirer le tourisme international, c'est certain que l'anglais est un atout. Ce ne sont pas tous les touristes qui viennent ici qui parlent français. Il va falloir regarder sérieusement la question des panneaux d'interprétation», explique-t-il.

Selon lui, la Ville pourrait choisir de procéder par phases successives pour le remplacement de ces panneaux. «C'est certain que la priorité serait d'adapter ceux qui sont au centre-ville ou dans le quartier historique», ajoute le maire. Les touristes internationaux sont plus rares à Saint-Louis-de-France ou dans le coeur du quartier Sainte-Marguerite, où un panneau est consacré à la Coopérative du curé Chamberland.

Les panneaux d'interprétation intégrés à ce qu'on appelle le «circuit patrimonial» ont été installés par vagues successives depuis le 350e anniversaire de la ville, en 1984. À ce moment, un partenariat avec Hydro-Québec avait permis d'installer 27 panneaux et de créer un «Guide du promeneur». Onze ans plus tard, 21 nouveaux panneaux ont été ajoutés, au coût total de 64 000 $, toujours selon la même présentation graphique.

En 2001 est apparue une série de huit nouveaux panneaux consacrés exclusivement à l'interprétation du Saint-Laurent et regroupés principalement au parc portuaire. En 2003, trois panneaux ont été ajoutés dont deux - sur l'aéroport du Cap et sur le moulin seigneurial de Pointe-du-Lac - en dehors des limites de l'ancienne ville de Trois-Rivières. En 2005, on en a ajouté un sur l'incendie de Pointe-du-Lac et l'année suivante, le cimetière juif avait son panneau d'interprétation.

En 2009, dans le cadre du programme de Capitale culturelle du Canada et du 375e, seize nouveaux panneaux ont été ajoutés, soit un dans chaque district électoral de la ville. Le coût total a été de 75 000 $ et c'est à ce moment qu'on a adopté un nouveau visuel. En 2010, un panneau soulignant l'accident de travail survenu lors de la construction du pont Laviolette a été ajouté. Au total, ce sont donc 78 panneaux que l'on trouve sur le territoire de la ville. Une cinquantaine sont concentrés dans le centre-ville et l'arrondissement historique.

D'ailleurs, on a même commencé à remplacer certains des anciens panneaux par de nouveaux qui sont adaptés à la nouvelle facture visuelle. Mais il n'y a toujours pas de version anglaise.

Le directeur des communications à la Ville de Trois-Rivières, François Roy, rappelle que lorsqu'ils ont été installés, les premiers panneaux du circuit patrimonial étaient destinés surtout aux résidents et aux touristes, mais qu'à cette époque, en 1984, le tourisme international n'était pas encore très populaire à Trois-Rivières. «Les touristes qui venaient ici étaient surtout des Québécois de passage. En 1984, on n'avait pas encore le Delta, on n'avait pas l'Office de tourisme et des congrès et on venait tout juste d'être reliés à Québec par la 40», remarque-t-il.

Selon lui, la mentalité de développement touristique est plus récente. «Il va falloir inévitablement penser à avoir des panneaux bilingues», ajoute M. Roy.

La Charte de la langue française et le Règlement sur l'affichage de l'Administration encadrent la conception et l'installation d'affiches bilingues pour des fins touristiques. Le Règlement prévoit que «l'affichage d'un musée, d'un jardin botanique ou zoologique, d'une exposition culturelle ou scientifique, d'un lieu destiné à l'accueil ou à l'information des touristes ou de tout autre site touristique peut, sur les lieux mêmes où ils sont situés, être fait à la fois en français et dans une autre langue, pourvu que le français y figure de façon au moins aussi évidente.»

Le coût d'un panneau d'interprétation est aujourd'hui estimé à 5800 $, ce qui inclut la recherche et la rédaction des informations s'y trouvant.

La directrice générale de Tourisme Trois-Rivières, Yolaine Masse, est d'avis que sur le plan touristique, plus il y a de services qui peuvent être offerts en anglais, plus Trois-Rivières risque de se démarquer à l'échelle internationale.

«Le tourisme à Trois-Rivières a changé considérablement au cours des dix dernières années. Il faut tenter de trouver une possibilité de rendre les panneaux bilingues ou trouver un moyen technologique de donner accès à l'information dans une langue étrangère», soutient-elle.

Évidemment, les moyens pour ce faire découlent souvent d'une volonté politique. «Et si on veut continuer de faire en sorte que notre ville en est une d'histoire et de culture, il faut que cette histoire soit accessible pour tout le monde», conclut Yves Lévesque.

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