Après la controverse soulevée par l'exercice de 2008, l'architecte Carle espère que la population répondra massivement encore une fois. Il y a quatre ans, pour un règlement d'emprunt de 16,7 millions $, 3015 personnes - sur un minimum requis de 1917 - avaient apposé leur signature au registre. Cependant, plutôt que de tenir un référendum, le maire Yves Lévesque et une majorité de conseillers avaient décidé de retirer le règlement pour le scinder en deux. Ainsi, la consultation populaire ne devenait plus obligatoire.
Cette fois-ci, pour qu'un scrutin référendaire soit tenu, un minimum de 1942 personnes doivent signer le registre d'ici demain soir.
«La population ne connaît pas ces processus démocratiques parce que les gens politiques en place essaient de les contourner. C'est exactement ce que (Yves) Lévesque a fait en 2008 en ne respectant pas le registre», mentionne M. Carle, qui avait récolté 45 % des voix aux élections municipales de 2009.
«La population voulait avoir une fenêtre de discussion sur le développement de Trois-Rivières sur Saint-Laurent. En début de projet, c'était le moment idéal pour en discuter. Mais quand le maire Lévesque s'est aperçu de ça, il a pris un moyen détourné pour arriver à ses fins», déplore l'ex-candidat de Force 3R.
Cette semaine, les procédures d'enregistrement touchent deux volets du projet. Tout d'abord, une somme de 3 860 000 $ vise à aménager deux allées piétonnières, auxquelles on ajoutera des oeuvres d'arts et des fontaines, dans le prolongement des rues Hart et des Commissaires. Puis, la seconde partie, au coût de 4 500 000 $ prévoit la construction de cinq points de traverse pour accéder au site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent.
Même si quatre années se sont écoulées depuis le dernier registre, André Gabias croit quant à lui qu'il n'est pas trop tard pour tenir une consultation publique sur le projet.
«Dès le départ, il aurait dû y avoir une consultation. En 2008, on a passé à côté de cette occasion. Penser que ce n'est pas possible (une consultation), ça serait complètement antidémocratique», estime l'ex-député libéral.
En 2008, il avait interpellé publiquement les conseillers pour leur demander de suspendre tout règlement d'emprunt après que la tenue de registre ait créé une controverse. Dans une lettre, il leur demandait de sortir la population «du chaos» en plus de suggérer la création d'un comité de travail.
«J'ai donné mon raisonnement en 2008 et il demeure le même aujourd'hui», fait-il valoir.
Selon M. Carle, la tourmente du dernier registre pourrait bien avoir des répercussions sur la participation populaire. «Les gens sont découragés puisqu'ils ne sont plus entendus», croit M. Carle, tout en rappelant à la population l'importance de signer le registre pour qu'elle soit ensuite consultée sur le projet.
Pas de résultats préliminaires
Contrairement à l'exercice de 2008, le nombre de signataires ne sera pas dévoilé sur une base quotidienne.
Comme la tenue d'un registre relève du directeur général des élections, il est interdit d'annoncer des résultats préliminaires, a indiqué le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Yvan Toutant. Avisée de cette réglementation, la Ville a donc modifié sa façon de faire par rapport au dernier registre.
Aujourd'hui et demain, de 8 h 30 à 19 h, le processus se poursuivra au service du greffe de l'hôtel de ville de Trois-Rivières. Il est possible de consulter les règlements sur place.
Toutes les personnes ayant la qualité d'électeur à Trois-Rivières, ainsi que les propriétaires d'immeubles ou d'entreprises sur le territoire de la ville, peuvent participer au vote.