C'est en ces mots que Manon Lemay, une citoyenne qui habite le carré Léo-Arbour, dans le secteur Pointe-du-Lac, a résumé le sentiment qui l'habite et qu'elle croit partagé par plusieurs de ses voisins.
Disant s'exprimer au nom des quelque 85 résidents de cette rue non asphaltée, elle est intervenue lundi soir au conseil municipal pour demander à la Ville d'intervenir afin d'améliorer l'état de cette rue. Les conséquences, dit-elle, sont aussi désagréables que nombreuses.
Année après année, la chaussée recouverte de gravier se transforme en un «champ de mines» et entraîne des dommages considérables sur les suspensions des véhicules. La poussière fait en sorte que les résidents ne peuvent ouvrir grand les fenêtres de leurs maisons. La saleté s'accumule sur les véhicules, dans les fenêtres, dans les piscines.
Impossible de prendre des marches sans risque de mettre le pied dans un trou, de faire une promenade en bicyclette sans avoir de la boue dans le dos, sur les pantalons et les souliers, de promener le chien sans devoir le laver en rentrant. La qualité de vie des résidents, estime Mme Lemay, s'en trouve grandement affectée.
En plus, comme il n'y a pas de chaussée asphaltée, il n'y a pas d'égout pluvial. Au printemps, les fossés ne suffisent pas et les terrains se gorgent d'eau.
Ce n'est pas la première fois que des citoyens du carré Léo-Arbour réclament l'asphaltage de leur rue. L'automne dernier, des citoyens avaient même laissé entendre qu'ils souhaitaient que l'asphaltage soit imposé par la Ville, et qu'il y ait répartition d'une partie des coûts sur le compte de taxes des propriétaires.
Par le passé, des consultations auprès des résidents concernés avaient fait échouer tout projet d'asphaltage de cette rue. Mais cette fois, Manon Lemay est convaincue que les personnes en faveur pourraient constituer une majorité, si les coûts sont raisonnables.
Interpellé lundi soir par la citoyenne en question, le maire Yves Lévesque explique que si la Ville intervient, elle doit le faire en procédant aussi à l'aménagement d'un égout pluvial et possiblement d'un égout sanitaire. Actuellement, les résidents sont desservis en eau potable mais ne sont pas raccordés aux égouts.
Le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant, a confirmé hier qu'un comité de gestion des projets évalue présentement la possibilité de réaliser des travaux sur le carré Léo-Arbour. «Les membres du comité, qui compte plusieurs directeurs de services, vont analyser particulièrement ce dossier-là. On va voir si on peut arriver avec une proposition aux citoyens. Mais il ne faut pas s'attendre à ce qu'il y ait de l'asphaltage au cours des prochaines semaines. C'est un processus qui est un peu plus long», explique-t-il.
Et même si une proposition de répartition des coûts devait être acceptée, il faudrait alors adopter un règlement d'emprunt, faire les plans et devis, aller en appel d'offres. Là aussi il faut s'attendre à des délais, ajoute le porte-parole.
Toutefois, il confirme qu'à la suite des récentes interventions de citoyens, des travaux vont se faire pour tenter d'améliorer la situation. «On va faire des travaux dans les fossés, où l'eau circule mal. Si l'eau se retire adéquatement, ça va rendre les abat-poussière plus efficaces», ajoute Yvan Toutant. Chaque année, la Ville débourse environ 30 000 $ en gravier et en abat-poussière pour le carré Léo-Arbour.
Le porte-parole de la Ville indique que la majeure partie des coûts vient du fait qu'il faut aussi considérer l'ajout des égouts sanitaires. «On va l'étudier aussi. C'est vraiment ce qui fait monter la facture», reconnaît-il. La Ville espère avoir un nouveau scénario à proposer aux citoyens de la soixantaine de résidences que compte cette rue.