Marché du travail: une maladie chronique à Shawinigan

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Photo: Sylvain Mayer)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Peu importe d'où vient la source, le marché du travail a toujours affiché une mine plutôt déprimante à Shawinigan.

Statistique Canada s'y intéresse depuis 1987. En 25 ans, le taux d'emploi n'a franchi la barre du 50 % qu'à cinq occasions. Le taux de chômage, lui, n'est passé sous la barre du 10 % qu'à deux reprises.

La plupart des intervenants économiques préfèrent s'accrocher aux données fournies par le recensement, à tous les cinq ans, pour analyser les données du marché du travail local. Il s'agit évidemment d'un échantillon beaucoup plus fiable, mais les résultats ne sont guère plus reluisants. À Shawinigan, la morosité des indicateurs du marché du travail représente une tendance lourde.

Une consolation toutefois, les données du recensement ont permis de constater une évolution positive depuis une quinzaine d'années.

Ainsi, en 1996, le taux de chômage atteignait 15,4 % à Shawinigan et le taux d'emploi, 43,8 %. Cinq ans plus tard, le taux de chômage baissait à 12,3 %, tandis que le taux d'emploi s'améliorait à 46,5 %. Autre pas en avant en 2006, alors que le taux de chômage glissait à 9,1 % et le taux d'emploi grimpait à 47,8 %. Les statistiques du marché du travail issues du recensement de 2011 seront connues un peu plus tard cette année.

Shawinigan a évidemment encaissé bien des coups durs dans le milieu industriel, ce qui n'a pas favorisé son rayonnement dans les enquêtes sur la population active des 25 dernières années. En campagne électorale en 2009, le maire, Michel Angers, avait tout de même exprimé l'objectif de rejoindre les principaux indicateurs du marché du travail régional, qui traînent déjà de la patte par rapport au reste de la province.

Or, non seulement Shawinigan n'y est visiblement pas parvenue, mais d'autres coups durs s'en viennent avec la fermeture de l'aluminerie de Rio Tinto Alcan et l'avenir pour le moins incertain chez des employeurs importants tels que la papeterie Laurentide, l'usine Saint-Maurice de General Cable ou Pâtisserie Chevalier.

Effet nul?

Ce tableau n'abat pas le maire. Il ose même une audacieuse prédiction.

«J'ai bon espoir que nous pourrons remplacer tous les emplois de l'aluminerie sur le même site», avance-t-il. «Ça a été vrai dans à peu près tous les sites comparables que j'ai visités ailleurs, en Suisse, en France, en Angleterre. Nous en avons d'ailleurs un bel exemple à Beauharnois. L'objectif, c'est de compenser ces pertes.»

M. Angers ne peut évidemment rien annoncer de concret pour le moment. Un centre de coulée autonome fait partie des discussions depuis longtemps. Cet atout permettrait certainement de stimuler d'autres activités, suggère-t-il.

«Il y a des indications qui me laissent croire des choses», glisse le maire. «Je travaille de près avec la direction de Rio Tinto Alcan. Si ça va bien, j'espère que le 1er janvier 2015, nous serons en mesure de remplacer une bonne partie des emplois qui seront perdus et de créer une relance.»

M. Angers rappelle que la fermeture de la Belgo en 2008 a entraîné la perte de près de 600 emplois.

«Shawinigan s'est replacée sans qu'il y ait eu la moindre reconversion industrielle sur ce site», fait remarquer le maire. «Ça démontre que nous avons fait un virage et nous savons que de beaux projets s'en viennent. Je suis très optimiste.»

Le maire mise beaucoup sur son futur parc industriel à grand gabarit, dans le secteur Saint-Georges, pour frapper un coup de circuit. Il croit que le pôle d'excellence en jeux sociaux réservera aussi de belles surprises au milieu.

Par contre, si des industriels consultent Statistique Canada pour obtenir un aperçu du marché du travail à Shawinigan, ils risquent de ne pas être très impressionnés par le dynamisme local. M. Angers propose toutefois de voir ces données comme une opportunité à saisir.

«Quand une grande entreprise voit un taux de chômage à 3 % ou 4 % dans une région, est-ce avantageux pour elle de s'y établir? Va-t-elle avoir de la main-d'oeuvre disponible?»

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