Compte de taxes: la grogne couve à Shawinigan

Le maire de Shawinigan, Michel Angers... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers

Photo: Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Bien qu'on ait assisté à peu de manifestations publiques jusqu'à maintenant, une grogne populaire couve à Shawinigan au sujet de l'application du nouveau rôle triennal d'évaluation foncière. Plusieurs citoyens ont été éberlués en prenant connaissance de leur dernier compte de taxes municipales et le mécontentement commence à se répandre.

Ainsi, lundi soir, l'Association des résidents du lac des Piles organise une assemblée extraordinaire à 19 h, au centre communautaire Chanoine-Langevin de Sainte-Flore. Un seul sujet est prévu à l'ordre du jour: la hausse importante du compte de taxes. Le conseiller du district de la Rivière, Jacques Grenier, devrait se déplacer à cette occasion pour entendre les doléances des citoyens.

«Il y a une grogne certaine», confie Éric Bergeron, président de l'association. «L'ensemble des gens semblent très, très mécontents. Les hausses atteignent parfois de 35 % à 40 %!»

«Ça touche surtout les terrains», observe-t-il. «La valeur des maisons a augmenté normalement, mais pour les terrains, c'est complètement démesuré. Lundi soir, on verra à quel point la Ville sera en mesure de répondre à nos questions.»

Dans le secteur Lac-à-la-Tortue aussi, les complaintes se multiplient. Une pétition circule actuellement dans certains commerces pour dénoncer cette hausse du compte de taxes.

À l'assemblée publique du conseil municipal de Shawinigan, le 15 janvier, un seul citoyen s'était présenté au micro à la période de questions pour interpeller les élus sur cette question.

L'homme ne s'expliquait pas comment la valeur de sa maison pouvait bondir de 152 000 $ à 213 000 $ dans un quartier résidentiel sans histoire. La hausse moyenne de la taxe foncière de 2,36 % annoncée en décembre ne consolait évidemment pas ce citoyen, dont le compte a bondi de 625 $ d'un seul coup.

«On va en venir à détester nos maisons!», déplorait-il. «Il va falloir se bâtir un camp dans le bois...»

Le maire, Michel Angers, reconnaît qu'il entend beaucoup parler de ces hausses d'évaluation depuis que les citoyens ont reçu leur compte de taxes.

«On m'accroche à l'épicerie là-dessus», commente-t-il. «Mais ça appartient à une firme indépendante. Les règles sont pareilles partout. À tous les nouveaux rôles d'évaluation, on voit des cas extrêmes. Est-ce injuste? Oui. Est-ce choquant? Oui. Mais avec une hausse du rôle de 12,6 %, ce n'est pas si élevé.»

Rappelons que pour les résidences unifamiliales, la hausse moyenne des évaluations atteint 12,8 %. Par contre, pour les chalets, l'augmentation bondit à un ronflant 23,7 %.

En 2010, la valeur des immeubles avait subi une hausse moyenne de 17,4 %. À ce moment, les maisons unifamiliales (27 %) et les chalets (33,2 %) avaient encaissé des augmentations beaucoup plus fortes.

Mathieu Guimond, directeur général de la firme Évaluation André Bournival, observe que les mêmes questions reviennent au dépôt de chaque nouveau rôle d'évaluation.

Au début de la semaine, il avait compilé 220 appels portant sur des points d'information, mais aucune demande de révision officielle. La Ville a envoyé 22 718 comptes de taxes au début du mois.

«C'est comme d'habitude», commente M. Guimond. «Les gens ont reçu leur compte il y a deux semaines. Ils sont toujours un peu surpris sur le coup. Il y a une vague de mécontentement et après, ça s'estompe.»

Le responsable convient qu'il reste beaucoup de temps aux citoyens pour se manifester, eux qui peuvent demander une révision de leur évaluation jusqu'au 30 avril.

«C'est encore très tôt pour donner un aperçu», souligne M. Bournival. «En général, les gens sont satisfaits des explications que nous donnons.»

Rappelons que les rénovations apportées aux résidences et les transactions enregistrées dans le secteur au cours des trois dernières années influencent beaucoup l'évaluation d'une propriété.

«C'est sûr que les hausses sont plus fortes au lac des Piles et sur le bord de la rivière Saint-Maurice», reconnaît M. Bournival. «Il y a des gens qui paient le gros prix pour acheter ces propriétés!»

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