Hydravions: des riverains de plus en plus divisés

Les riverains du Lac-à-la-Tortue sont de plus en... (Photo: Sylvain Mayer)

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Les riverains du Lac-à-la-Tortue sont de plus en plus divisés concernant le recours collectif contre les vols d'hydravions touristiques.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le travail de terrain réalisé par le Regroupement économique pour l'essor du Lac-à-la-Tortue et l'entreprise Bel Air Laurentien Aviation a convaincu jusqu'ici près de 670 riverains à se désister du recours collectif contre les vols d'hydravions touristiques.

Les personnes touchées, qui doivent résider à 200 mètres de la ligne des hautes eaux du lac, peuvent s'exclure de la démarche intentée en leur nom par la Coalition contre le bruit jusqu'à vendredi.

En début d'après-midi hier, 673 personnes, enfants inclus, avaient confirmé leur volonté de se retirer du recours. Par contre, six citoyens avaient signé un avis de retrait de l'avis d'exclusion. En somme, ces personnes s'étaient d'abord désistées, avant de revenir sur leur décision et de réintégrer le groupe visé par le recours collectif.

Il faut donc s'attendre à un dernier droit assez intense dans ce dossier. En fin de semaine dernière, des bénévoles cognaient toujours aux portes pour convaincre le plus de gens possible de se retirer du recours. Le fruit de leurs efforts n'était visiblement pas compris dans le nombre compilé au greffe du palais de justice de Shawinigan hier après-midi.

Le RÉEL, rappelons-le, visait 1000 désistements en novembre dernier. Dans sa requête, la Coalition contre le bruit estimait à 2072 le nombre de personnes incommodées par le bruit des vols d'hydravions touristiques. Les opposants attirent la sympathie en mettant dans la balance l'impact de ce recours sur les activités économiques de l'aéroport de Lac-à-la-Tortue et des entreprises qui gravitent autour, dont Bel Air Laurentien Aviation.

Depuis trois mois, les deux camps se sont relancés à coups de publicité ou de lettres ouvertes. La semaine dernière, la Coalition contre le bruit se payait une demi-page dans l'Hebdo du Saint-Maurice pour inciter les gens qui s'étaient désistés du recours à revenir sur leur décision. «Une mécanique discutable», commente Robert de la Chevrotière, porte-parole du RÉEL. «À ce compte-là, il faudrait mettre en place un formulaire pour que ceux qui se sont désistés après avoir été inscrits puissent se réinscrire! Ça ne finira plus!»

M. De la Chevrotière détecte un peu de nervosité dans l'autre camp. «Avec ce nouveau formulaire, on remarque une espèce d'énervement», observe-t-il.

Le porte-parole sait bien que le recours collectif procédera de toute façon, puisqu'il a obtenu le feu vert du tribunal en août dernier. Mais dans son esprit, le poids des désistements trottera sans doute dans la tête du juge pendant l'audition sur le fond.

«Nous sommes convaincus que vendredi, nous dégonflerons la balloune de moitié», prédit M. de la Chevrotière. «La Cour devra en tenir compte. Le recours collectif n'est pas si collectif que ça!»

Autre point, les opposants au recours ont repris la même stratégie que celle mise de l'avant par Me Emmanuelle Saucier, représentante de Bel Air Laurentien Aviation, lors de l'audience sur la requête en autorisation, en juin 2012.

Carte géographique à l'appui, Me Saucier avait alors démontré qu'opposants et partisans des vols touristiques cohabitaient ensemble autour du lac. Difficile, plaidait-elle, de prouver un préjudice clair.

M. de la Chevrotière a observé le même phénomène en recueillant les désistements au recours collectif au cours des dernières semaines.

«Rien n'indique qu'il existe une partie du lac où c'est vraiment dérangeant», constate-t-il. «Il n'existe pas une zone où les gens ne veulent pas s'exclure du recours parce qu'ils sont vraiment dérangés par les avions.»

Selon le porte-parole, le statut de résident, saisonnier ou permanent, jouera aussi dans l'équation.

«Nous ne sommes pas pour virer une ville à l'envers, fermer le principal employeur du secteur pour arriver à satisfaire trois ou quatre personnes qui ont des chalets l'été ou qui viennent la fin de semaine!», s'emporte-t-il.

Rappelons que la Coalition contre le bruit réclame la fin des vols touristiques et un dédommagement de 5000 $ par personne par année, depuis 2008, pour les inconvénients subis en raison de cette activité. Les résidents qui décident de s'exclure de ce recours ne pourraient évidemment toucher le montant qui serait fixé par le tribunal, le cas échéant.

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