Réfection de l'église Saint-Pierre: le projet abandonné faute d'argent

La réfection des fresques de Guido Nincheri qui... (Photo: François Gervais)

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La réfection des fresques de Guido Nincheri qui ornent l'église Saint-Pierre de Shawinigan est abandonnée faute d'argent.

Photo: François Gervais

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Marie-Josée Montminy
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les dirigeants de la paroisse Sainte-Marguerite-D'Youville souhaitaient amasser 500 000 $ dans la communauté afin de réaliser la réfection des fresques de Guido Nincheri qui ornent l'église Saint-Pierre de Shawinigan. «À ce jour, de toute provenance, nous avons recueilli 58 440 $», confie l'abbé Claude Lacombe Jr, prêtre modérateur de la paroisse, pour expliquer l'abandon du projet près de deux ans après son annonce.

En décembre 2010, l'abbé Lacombe et le marguillier Roger Caron avaient dévoilé le projet de restauration des fresques de Nincheri et de l'orgue Casavant de l'église. Le tout s'inscrivait dans un protocole d'entente avec le Conseil du patrimoine religieux du Québec, qui s'engageait à fournir jusqu'à un million $ à condition que le milieu récolte 500 000 $. La contribution du Conseil était appelée à se concrétiser à mesure que les travaux se complétaient.

Dans un premier temps, l'organisme a octroyé 123 385 $ pour la réfection de l'orgue datant de 1930. La fabrique a fourni les 42 215 $ comblant la facture totale de 165 600 $.

«Nous avions l'ambition de restaurer l'orgue et tout l'intérieur de l'église», rappelle l'abbé Lacombe avant d'évoquer la campagne de financement qui avait entre autres pris la forme d'un Festival de musique sacrée en mai 2011.

«En cours de route, on a réalisé que notre campagne ne levait pas. On a décidé d'y aller par étapes, en prenant les bouchées plus petites. Nous avons commencé par la restauration de l'orgue. Avec notre 30 % et quelques frais non subventionnés comme l'électricité, nous avons fourni 44 054 $.»

La deuxième étape devait viser la réfection du décor peint dans le choeur. L'abbé Lacombe indique que le coût des interventions avait initialement été estimé à 270 743 $ et «quand les soumissions sont sorties, on était rendu à 780 000 $. On était loin du compte». Des négociations avec les soumissionnaires avaient diminué à 345 000 $ le coût de travaux révisés à la baisse. Le Conseil du patrimoine religieux du Québec s'était engagé pour une somme de 189 520 $, soit la proportion de 70 % entendue pour des travaux de 270 743 $ tels qu'estimés au départ.

La fabrique devait maintenant fournir plus de 155 000 $ pour cette prochaine étape. Dix mille dollars avaient été dépensés en frais d'architectes, ce qui réduisait à presque néant la cagnotte accumulée dans la population. «Pour si peu de travaux, nous avons préféré abandonner le projet, quitte à le ressusciter dans une meilleure conjoncture», note l'abbé Lacombe en observant que «quelque chose s'est passé entre l'évaluation des travaux et les soumissions».

Une campagne décevante

Loin de générer des profits, le Festival de musique sacré, auquel avait entre autres participé Natalie Choquette, a coûté de l'argent à la fabrique. Outre des contributions de 5000 $ de la Ville de Shawinigan et des caisses Desjardins, les quelque 58 000 $ amassés proviennent de particuliers, dont l'abbé Lacombe ne maque pas de souligner la générosité.

«On souffre d'une espèce d'indifférence, de désistement. Ce n'est pas une cause qui fait courir les gens», analyse l'abbé Lacombe en faisant référence aux enjeux reliés au patrimoine religieux. «On fait face aussi à une relative pauvreté du milieu», constate-t-il également.

Tout en assurant l'investissement de tous les efforts pour maintenir le meilleur état possible des lieux ainsi que leur accessibilité, Claude Lacombe confirme que les oeuvres de Guido Nincheri continuent de se détériorer. «Nous ne pourrons faire valoir ces joyaux à leur juste valeur», se désole-t-il en pensant aux peintures écaillées et défraîchies.

Le nouveau député de Saint-Maurice Luc Trudel a appris mercredi la décision de la fabrique d'abandonner le projet, et ne cache pas qu'il aurait souhaité bénéficier de temps pour analyser la situation pour potentiellement revenir à la charge avec de nouvelles solutions. «La fabrique a pris la décision pendant la période électorale alors que nous n'étions pas opérationnels. Si la fabrique décide de ne pas utiliser les fonds promis par le Conseil, celui-ci peut les investir ailleurs», affirme M. Trudel en suggérant qu'il faudrait tenter de «surseoir à la procédure habituelle pour retenir l'argent».

«Il ne faut pas perdre ce joyau-là. Il faut aussi que la communauté se mobilise pour éviter que la détérioration se poursuive. En 2012, des choix ont été faits par la communauté», ajoute-t-il en mentionnant l'organisation de la Coupe Memorial et des Jeux du Québec, qui ont monopolisé une grande partie des investissements en commandites.

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