Depuis le début de l'actuel mandat, les réunions du conseil se déroulent souvent devant une quinzaine d'habitués. Certains dossiers un peu plus émotifs entraînent une participation plus importante, mais les échanges se font toujours dans le respect avec les élus. Il arrive aussi que des cas très pointus accaparent beaucoup de temps, ou que des citoyens viennent partager leur analyse d'une situation dans une interminable tirade.
Mardi dernier, douze personnes ont demandé à prendre la parole pendant la période de questions, qui a duré 105 minutes en tout. Rappelons que le Règlement général de la Ville de Shawinigan limite ces interventions à 30 minutes en principe, comme dans la plupart des municipalités. À la dernière assemblée publique, chaque question ou commentaire a entraîné un échange moyen de près de neuf minutes.
Comme Lise Landry avant lui, Michel Angers laisse la chance aux citoyens de s'exprimer sans contrainte de temps, en autant que les échanges demeurent respectueux. Mardi soir, pendant que s'éternisait la période de questions à Shawinigan, celle de l'arrondissement de Chicoutimi, à Saguenay, prenait fin dans le tumulte lorsque le président a décidé de lever subitement l'assemblée. Une citoyenne venait de traiter les élus de «petits chiens de poche».
M. Angers comprend qu'un conseil municipal ne peut tolérer les injures. Après l'expérience de mardi, qui s'est déroulée dans l'ordre, il reconnaît également que certaines interventions doivent bénéficier d'un encadrement plus serré.
«J'ai tendance à être à l'écoute», commente-t-il. «Tant qu'il y a de l'ordre, que les propos sont respectueux, que les gens parlent à leur tour, je n'ai pas de problème. C'est sûr qu'une période de questions de près de deux heures, ça commence à être assez ardu.»
Deux dossiers assez corsés, ceux de l'assainissement des eaux usées au lac à la Tortue et de la sablière illégale dans le secteur Grand-Mère, ont principalement alimenté le débat. Mais Eugène Corriveau a également monopolisé l'attention durant plusieurs minutes en interpellant les élus sur l'enrichissement des actionnaires des Cataractes, la condition de la glace pendant la Coupe Memorial, la descente de bateaux au lac à la Tortue, l'explosion de la dette de Shawinigan, la mauvaise évaluation des importants projets, la formation des conseillers, le déséquilibre fiscal entre certains secteurs de la ville, alouette!
«On ne fera pas une séance de planification stratégique ce soir!», s'est interposé le maire, après avoir laissé plusieurs minutes à M. Corriveau.
«Parfois, les gens ont besoin d'un exutoire, de dire qu'ils sont écoeurés», observe M. Angers, en parlant plus particulièrement des citoyens de Sainte-Flore touchés par l'exploitation de la sablière illégale.
«Mais je sais aussi que des gens prennent beaucoup, beaucoup de temps», ajoute le maire. «Venir nous expliquer notre planification stratégique, c'était pas mal farfelu. C'était rendu trop. À l'avenir, je vais m'organiser pour ramener les gens dans un cadre un peu plus serré. Je ne vais pas les minuter, mais je veux une question ou un commentaire. À la dernière assemblée, je me sentais un peu plus à l'écoute! Il faudra être un peu plus concis. Je veux bien être un grand démocrate, mais en même temps, je ne réglerai pas tous les cas individuels à chaque fois.»
M. Angers assure qu'il n'ira pas jusqu'à imposer une période stricte de 30 minutes, mais il ne souhaite visiblement pas répéter une autre séance de questions de près de deux heures.
«Même les autres participants viennent tannés dans la salle», constate-t-il. «Je vais donc resserrer un peu la période de questions.»