L'année dernière, le permis a été accordé à un promoteur afin de construire un lac artificiel sur un terrain vacant sur la 50e Avenue. Ce permis prenait fin le 12 août et interdisait alors tout travail sur le chantier. Pas plus tard qu'hier toutefois, plus d'une cinquantaine de camions remplis de sable sont sortis du site.
La Ville de Shawinigan assure que tout est en oeuvre pour que les travaux cessent et que si ce n'est pas fait, le promoteur s'expose à des contravations.
«Nous avons une stratégie d'intervention pour arrêter les travaux. S'ils continuent sans permis, la Ville donnera des contraventions au promoteur. Nous allons suivre le dossier et nous assurer que ça suit son cours», explique le directeur général de la Ville de Shawinigan, Gaétan Béchard.
Déjà que les résidents du secteur se plaignaient des travaux lorsqu'ils étaient permis, maintenant que le contrat est révolu, ils se demandent vraiment quand tout cela se finira.
«C'est dangereux. Il y a au moins 25 enfants qui vivent sur la rue. Plusieurs vélos passent également par là et, avec le sable et la poussière des camions, ça ne fait pas bon ménage. Le maire nous a assuré plusieurs fois que tout cesserait dès dimanche et ça n'a pas changé», affirme l'un des résidents qui voulait garder l'anonymat.
Des voitures du ministère du Développement Durable, de l'Environnement et des Parcs et de la Ville de Shawinigan ont fait un tour lundi et hier sur le chantier, mais rien n'a changé.
«Il y a des camions qui passent le soir très tard. Leur passage créé beaucoup de poussière, de bruit et de danger. Quand les voitures sont venues lundi et en début de journée aujourd'hui (hier), il y a eu une accalmie, mais ça reprenait toujours de plus belle ensuite», mentionne Nicole Doucet, qui demeure tout juste devant l'entrée du chantier.
La Ville de Shawinigan a ordonné l'arrêt de tous les travaux sur le chantier en fin d'après-midi hier.
Une sablière déguisée?
Le groupe de résidents accuse également le promoteur de se servir du site comme d'une sablière, un commerce jugé illégal sans permis d'exploitation.
«Le ministère nous a assuré que le commerce de ce sable était illégal. Il doit rester sur la propriété du promoteur et nous voyons des camions de plusieurs compagnies le sortir du chantier. Même des camions de la Ville remplis de sable sont sortis d'ici. Le sable est ensuite amené pour la construction de la nouvelle route vers Saint-Jean-des-Piles», accuse l'un des résidents.
Le directeur général de Shawinigan confirme que ce geste est illégal, mais n'est pas prêt à dire que le promoteur s'adonne à cette pratique.
«On a été sur le site et tout est conforme au plan déposé. Ce qu'il est important de savoir, c'est que le promoteur est obligé de garder le sable sur son terrain, mais il l'amène sur un autre de ses terrains et ça, c'est permis. C'est normal que, quand tu creuses un lac artificiel, tu doives transporter beaucoup de sable. Ce qu'il fait avec après, nous ne sommes pas au courant et nous ne pouvons pas le supposer. Je n'ai également jamais eu d'information comme quoi des camions de la ville avait été chercher du sable là-bas», explique M. Béchard.
Il affirme également que le sable qui est acheté par la ville et utilisé pour la construction de la route provient de la compagnie Excavation RMG.
Les résidents de la 50e Avenue ont toutefois affirmé avoir vu fréquemment des camions de cette compagnie faire des voyages de sable.
Excavation RMG avait demandé, il y a trois ans, d'opérer une sablière dans le secteur. Les citoyens s'étaient mobilisés, avec succès, pour empêcher cela.