De nouveaux secteurs passent au privé

Pour Shawinigan-Sud, Les Engrais Neault a hérité du... (PHOTO D'ARCHIVES EMILIE O'CONNOR)

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Pour Shawinigan-Sud, Les Engrais Neault a hérité du contrat pour des sommes variant entre 374 872 $ en 2012-2013 à 389 450 $ en 2014-2015. Ici, une tempête en décembre 2011 à Shawinigan-Sud.

PHOTO D'ARCHIVES EMILIE O'CONNOR

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les avertissements servis par le Syndicat des cols bleus de la nouvelle ville de Shawinigan (CSN) n'ont finalement rien donné. En assemblée publique le 10 juillet, le conseil municipal est allé de l'avant en confirmant l'attribution de trois nouveaux secteurs à des entrepreneurs privés pour le déneigement des rues.

Ainsi, pour Shawinigan-Sud, Les Engrais Neault a hérité du contrat pour des sommes variant entre 374 872 $ en 2012-2013 à 389 450 $ en 2014-2015. Au cours de la même période, Groupe Pelletier entretien, division Jeannine Pelletier s'occupera du déneigement et du déglaçage des rues pour Saint-Georges et Grand-Mère Est, pour près de 270 000 $ par année.

Enfin, le secteur Shawinigan-Nord passe également au privé pour ces opérations. Le contrat de déneigement et de déglaçage a été accordé à Excavation Marc-André Houle, pour les deux prochaines années, pour un peu moins de 85 000 $.

Lors de la même séance, le même mandat a été accordé aux Entreprises Carl Marchand pour le quartier Baie-de-Shawinigan, assumé par le privé depuis plusieurs années.

La Ville revient un peu en arrière dans ce dossier. En effet, à la suite des accumulations records de l'hiver 2007-2008 et de la décision de son entrepreneur principal en déneigement de ne plus offrir le service, le conseil municipal avait décidé de rapatrier plusieurs territoires qui étaient auparavant confiés au privé.

«Avec le temps, on s'est rendu compte qu'on s'était peut-être un peu trop étiré en terme de services», explique le directeur général de la Ville, Gaétan Béchard. «Nous voulons nous concentrer sur les secteurs traditionnels que nous connaissons bien, comme Shawinigan, Grand-Mère et la partie Almaville de Shawinigan-Sud. Nous souhaitons que ces parcours soient faits par des employés réguliers pour assurer une stabilité.»

Au printemps, les cols bleus de Shawinigan ont pris connaissance des rumeurs autour de ce nouveau virage. En avril et en mai, plusieurs dizaines d'entre eux s'étaient présentés en séance publique pour clairement manifester leur opposition devant cette orientation. À chaque fois, le maire, Michel Angers, avait exprimé le souhait que la question soit plutôt débattue en comité de relation de travail.

Les syndiqués sont demeurés plus discrets par la suite, malgré la publication d'appels d'offres et l'adoption des résolutions lors de la dernière assemblée publique. Leur président, Michel Houde, assure que même si ses membres ont cessé de se présenter aux réunions du conseil municipal, cette orientation n'est toujours pas digérée par l'exécutif.

«Il n'y a pas d'entente», commente-t-il. «Nous n'avons jamais dit que nous étions d'accord avec cela.»

M. Houde aurait aimé que la Ville lui fasse la démonstration claire que l'attribution de ces contrats au privé permet aux contribuables de faire des économies. Selon lui, jamais cette preuve n'a été déposée lors des rencontres du comité de relation de travail.

Il estime aussi qu'une douzaine de postes d'employés temporaires et de réguliers sur appel sont mis en danger par cette décision.

«Si la Ville économisait 100 000 $ en donnant le travail à contrat, je pourrais comprendre», assure M. Houde. «Mais notre impression, c'est que c'est plus cher et en plus, ce sont des emplois en moins!»

Autre calcul

M. Béchard mentionne qu'il faut tenir compte de plusieurs facteurs dans l'évaluation des coûts.

«Nous avions un contrat de location - achat de machinerie en 2008 et nous devions maintenant prendre une décision à savoir si nous achetions ou non», précise-t-il. «Sur les deux prochaines années, on parle d'un montant de 1,2 million $. En retournant en sous-traitance, nous n'aurons pas à assumer cette dépense.»

Le directeur général rappelle aussi les difficultés de recrutement des opérateurs de machinerie lourde, ce qui milite en faveur de la sous-traitance.

Enfin, M. Béchard souligne que le comité exécutif de la Ville vient d'autoriser le passage de temporaire à régulier sur appel à cinq employés cols bleus, à la suite des discussions en comité de relation de travail sur la sous-traitance de nouveaux secteurs de déneigement. Ces syndiqués sont donc maintenant assurés d'un minium de 1200 heures par année.

Comme le contrat de travail des cols bleus ne vient à échéance qu'en 2014, M. Houde convient qu'il peut difficilement entreprendre des moyens de pression pour contester cette nouvelle sous-traitance. Il croit toutefois que le temps venu, ce genre d'orientation à l'hôtel de ville risque de stimuler la mobilisation.

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