Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'est dit soulagé par la décision de l'Agence du revenu du Canada de ne pas couper de postes au centre fiscal du secteur Shawinigan-Sud. «Au cours des dernières semaines, certains avaient laissé plané le pire pour le centre fiscal. Les informations que j'avais ne corroboraient pas ces rumeurs-là, mais tant qu'on n'avait pas le portrait exact, on ne pouvait pas se réjouir de quoi que ce soit», explique-t-il.
Selon lui, c'est le silence d'Ottawa qui était devenu le plus inquiétant. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle son conseil municipal a adopté une résolution, le 13 juin dernier, par laquelle la Ville de Shawinigan demandait un engagement formel de la ministre du Revenu national, Gail Shea, afin de maintenir les emplois en jeu.
«Le fait qu'on nous annonce, aujourd'hui, qu'il n'y ait pas de coupures démontre l'utilité de ce centre fiscal, mais aussi la compétence des employés», indique le maire Angers. Le Centre fiscal de Shawinigan emploie 700 personnes sur une base annuelle et en ajoute environ 800 en période de pointe du traitement des déclarations de revenu. «Chaque emploi est important», insiste le maire.
Celui-ci s'est par contre dit désolé de voir que les fonctionnaires de Service Canada n'ont pas eu la même chance, puisqu'on annonce que 18 ou 19 postes seront touchés à Shawinigan, et quelques autres à Trois-Rivières. «C'est très malheureux parce que ce sont aussi des emplois de qualité», déplore-t-il.
Aubin aux aguets
Le député de Trois-Rivières à la Chambre des communes, Robert Aubin, s'est lui aussi dit soulagé par l'impact minime qu'auront dans la région les compressions à l'Agence du revenu du Canada.
«C'est un petit air rafraîchissant par rapport à ce qu'on a vécu dernièrement et par rapport à ce qu'on s'apprête peut-être à vivre. On respire mieux pour Shawinigan, mais on reste aux aguets pour le reste», insiste-t-il.
Lui et sa collègue de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, étaient intervenus en chambre pour questionner la ministre Gail Shea au sujet de rumeurs de fermeture du Centre fiscal de Shawinigan, qui avaient circulé sur la colline parlementaire à Ottawa. «Même récemment on avait des informations selon lesquelles ç'aurait pu être 65 emplois qu'on aurait perdu. C'est une étude qui a coulé et qui indiquait que le service des dossiers aurait pu être durement touché. On ne sait pas si c'est remis à plus tard», ajoute le député.
La députée libérale de Saint-Maurice-Champlain aux Communes, Lise St-Denis, a pour sa part émis un communiqué dans lequel elle déplore les coupures de postes dans la fonction publique fédérale et dans lequel elle s'en prend à ses collègues néo-démocrates.
«Nous demeurons vigilants face aux coupures imposées par les conservateurs. De même, nous demeurons vigilants face aux propos alarmistes et irresponsables des néo-démocrates quant aux réductions de postes dans notre région, lesquels n'ont servi qu'à engendrer un climat de peur et d'anxiété dans la circonscription de Saint-Maurice-Champlain. Contrairement aux néo-démocrates, nous nous sommes appliqués à expliquer aux conservateurs la réalité économique de notre région afin de limiter la saignée chez les employés du centre fiscal», écrit la députée libérale, elle-même élue sous la bannière du NPD.
Mme St-Denis s'est dite solidaire des milliers de fonctionnaires qui se voient touchés par les compressions annoncées au cours des derniers mois.