Le CNETE manque d'espace

La directrice générale du Centre national en électrochimie... (Photo: François Gervais)

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La directrice générale du Centre national en électrochimie et en technologies environnementales du Collège Shawinigan (CNETE), Nancy Déziel.

Photo: François Gervais

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Victime de sa croissance, le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales du Collège Shawinigan souhaite posséder son propre bâtiment à moyen terme. Un projet de cinq millions de dollars a déjà été déposé au gouvernement, mais le dossier chemine trop lentement au goût de la directrice générale, Nancy Déziel.

La semaine dernière, des projets d'investissement en laboratoire et d'obtention de la chaire de recherche sur les bioprocédés et les technologies de fermentation totalisant près de trois millions de dollars ont été annoncés pour le CNETE au Collège Shawinigan. Avec maintenant 31 employés, Mme Déziel considère que le centre peut voler de ses propres ailes dans un bâtiment indépendant.

«Nous avons déposé une demande au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, qui a demandé un avis au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. C'est en discussion pour pousser le dossier plus loin.»

Avec tout le débat social entourant les frais de scolarité, Mme Déziel se demande si le gouvernement n'est pas un peu hésitant à annoncer de nouveaux projets dans le milieu de l'éducation.

D'ailleurs, la ministre régionale, Julie Boulet, n'était pas représentée à la conférence d'information au Collège Shawinigan. Une absence fort remarquée, car une heure auparavant, elle s'était déplacée chez Synapse électronique pour annoncer une contribution gouvernementale de 35 000 $.

Le gouvernement du Québec fait pourtant partie des partenaires du Fonds collège-industrie pour l'innovation, qui a annoncé une subvention de 1,078 million $ au CNETE. Recherche Québec, une composante du MDEIE, allonge 431 319 $ sur ce montant consacré à l'achat d'équipements de pointe en biotechnologies environnementales.

«Il faut réaliser que le contexte n'est pas vraiment favorable, avec le dossier des droits de scolarité», opine Mme Déziel. «Tout ce qui se retrouve au MELS est un peu paralysé, selon moi. Ça ne joue pas en notre faveur, mais on ne lâchera pas. Avec l'expansion que nous connaissons, nous réussirons éventuellement à convaincre les gens en place pour avoir notre bâtiment.»

Amina Chaffai, attachée politique de Julie Boulet, souligne simplement qu'un conflit d'horaire explique l'absence de la ministre au Collège Shawinigan. Dans son esprit, avec l'annonce chez Synapse électronique, le temps devenait trop serré pour participer aux deux événements.

Problèmes

Cette volonté d'obtenir de nouveaux locaux avait déjà été exprimée l'an dernier. Ce bâtiment pourrait être situé sur les terrains du collège ou ailleurs à Shawinigan.

«Ça commence à être problématique», insiste Mme Déziel. «Nous sommes capables de faire nos projets, mais ça demande des compromis et des sacrifices aux gens. Par exemple, être plusieurs par bureau. Pour faire un travail intellectuel, ça peut devenir un peu contraignant. Dans un bureau, on est rendu six! Un parle au téléphone, l'autre reçoit un client... On pense même devoir fermer notre salle de conférence pour créer de nouveaux bureaux.»

«Chose certaine, je n'arrêterai pas de grandir parce que je n'ai pas de nouveau bâtiment», lance fermement la directrice générale. «Je vais continuer à semer pour récolter et éventuellement, on va l'avoir. Nous prouverons que nous sommes là pour les bonnes raisons, soit rendre nos entreprises plus compétitives. Je ne peux pas croire que notre milieu ne suivra pas!»

Mme Déziel laisse entendre que des laboratoires supplémentaires deviendront nécessaires, car elle compte bien élargir encore davantage le champ d'intervention du CNETE au cours des prochaines années.

«Des domaines drôlement intéressants, qui ne sont pas couverts par d'autres centres de recherche et pour lesquels je sens qu'il existe un marché», glisse-t-elle. «J'espère que le climat politique sera meilleur pour que nous puissions aller chercher ce dont nous avons besoin.»

En attendant, le projet de biosurfactant écologique annoncé en 2010 est passé du laboratoire au projet pilote. Une collaboration a été établie avec Innovation et développement économique Trois-Rivières pour effectuer des essais. Une entente est également signée avec Innu Science pour la croissance de cette filière.

«Nous travaillons encore en laboratoire pour améliorer la rentabilité du procédé, en développant de nouvelles souches qui produiront toujours plus de biosurfactants. Je suis allée récemment en France et en Hollande et les industriels que j'ai rencontrés étaient intéressés à acheter ce produit», conclut Mme Déziel.

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