Assainissement des eaux: une facture de 55,1 millions $

Plus le temps passe, plus la facture de... (Photo: François Gervais)

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Plus le temps passe, plus la facture de l'assainissement des eaux dans le secteur Lac-à-la-Tortue devient salée. La facture est passée de 17 à 55 millions$.

Photo: François Gervais

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le temps qui passe risque de coûter très cher aux contribuables du secteur Lac-à-la-Tortue, dans le dossier d'assainissement des eaux usées.

Selon la dernière étude réalisée par le firme Pluritec, ce projet est maintenant évalué à 55,1 millions de dollars. Il s'agit d'une hausse de près de 215 % par rapport aux plans analysés en 2007, la base de discussion sur laquelle le gouvernement s'était appuyé pour accorder une subvention de 14,3 millions $. À ce moment, le projet d'assainissement des eaux usées, qui inclut également le prolongement du réseau d'eau potable, était estimé à 17,6 millions $.

Le 11 décembre 2007, l'ex-ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, s'était présentée à Shawinigan avec ce cadeau inespéré. Cette démarche suivait de quelques jours l'annonce de la fermeture de la Belgo. Le gouvernement avait voulu semer un peu d'espoir dans la communauté en débloquant subitement ces fonds.

Lors de cette annonce, Mme Normandeau avait salué ce geste, qui allait créer «une activité économique essentielle pour la Ville de Shawinigan dont les premiers bénéficiaires seront les entreprises et les travailleurs de la ville et des environs.»

Comme chacun le sait aujourd'hui, rien de concret ne se cachait derrière cet écran de fumée. Pire, le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire s'est subitement mis à exiger que la Ville de Shawinigan règle son dossier d'approvisionnement en eau potable avant de se pencher plus attentivement sur l'assainissement des eaux au lac à la Tortue.

Or, pendant ce temps, les estimations se sont succédé et évidemment, elles tirent toutes les coûts vers le haut.

Ainsi, le projet est passé de 17,5 millions$ le 11 décembre 2007 à 22 millions$ six jours plus tard, lors de l'adoption du programme triennal d'immobilisations.

En novembre 2008, la Ville faisait le point sur ce dossier avec l'Association pour la protection du lac à la Tortue. Surprise, les nouvelles estimations portaient le projet à 35 millions $. Lors de la présentation du budget près d'un mois plus tard, l'ex-mairesse Lise Landry ajoutait un petit million de dollars sur le tas.

Puis, en août 2009, Pluritec présentait ses recommandations à la suite de l'étude préliminaire du projet. Cette fois, l'évaluation des coûts passait à 48,5 millions $.

La firme de génie-conseils vient de rappliquer avec un nouveau rapport qui entretient la spirale inflationniste. Le montant de 55,1 millions $ est confirmé par le maire, Michel Angers, qui ne souhaite toutefois pas entrer dans les détails pour le moment.

C'est que depuis plusieurs mois, la Ville de Shawinigan tente d'obtenir un nouvel engagement ferme du ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire sur la contribution qu'il apportera à ce projet.

En 2007, Mme Normandeau avait confirmé que le Programme d'infrastructures Québec-Municipalités garantissait que le gouvernement épongerait entre 80 % et 85 % de la facture, selon les phases. Sur cette base, la Ville devrait s'attendre aujourd'hui à une subvention de quelque 44 millions $.

Il s'agit d'un élément déterminant dans ce dossier, puisque les citoyens touchés par ce projet seront soumis à une taxe de secteur. Sans l'aide bonifiée de Québec, les résidents devraient assumer une facture complètement démesurée.

Ainsi, sur la base des calculs réalisés en 2008, chaque propriétaire devrait débourser au moins 25 000 $ pour être desservi par le réseau public d'égout si Québec maintient sa subvention à14,3 millions $.

Aucune réponse

En octobre dernier, la ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, confiait que si les hausses de coûts étaient justifiées dans ce projet, le gouvernement bonifierait l'aide financière annoncée en décembre 2007.

Cette déclaration avait été fort bien reçue à l'hôtel de ville. Sauf que depuis ce temps, le maire fait des pieds et des mains pour obtenir une confirmation de la bouche du ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard. Ses appels sont restés sans réponse jusqu'à maintenant.

Le maire confirme qu'il possède aussi des données toutes fraîches sur l'état de ce plan d'eau. Sa santé inquiète depuis longtemps l'Association pour la protection du lac à la Tortue.

Encore une fois, M. Angers tient à partager ces analyses avec le ministre Lessard avant de les rendre publiques. Ces nouvelles données pourraient toutefois militer en faveur de la réalisation de l'assainissement des eaux usées pour sauver ce lac.

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