«On est en train de crever!»

Anabelle Lacombe... (Photo: Archives, Stéphane Lessard)

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Anabelle Lacombe

Photo: Archives, Stéphane Lessard

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La directrice d'Aviation Mauricie, Anabelle Lacombe, entend bien accepter l'invitation du maire de Shawinigan de siéger sur le nouveau comité consultatif sur le bruit. Elle doute cependant que l'exercice donne des résultats satisfaisants pour toutes les parties invitées.

Pour les exploitants, elle rappelle que les restrictions imposées par Transports Canada au lac à la Tortue compliquent déjà passablement les opérations. Le même commentaire a déjà été maintes fois exprimé par la vice-présidente de Bel Air Aviation, Danielle Mongrain.

Rappelons que depuis bientôt quatre ans, les vols touristiques sont limités entre 9 h et midi et entre 14 h à 17 h au lac à la Tortue. De plus, ils sont complètement interdits les fins de semaine et pendant les jours fériés en juin, juillet et août. Mme Lacombe considère que son entreprise a assez donné.

«Nous avons déjà mis de l'eau dans notre vin, nous avons perdu la moitié de nos vols!», s'exclame-t-elle. «De façon naturelle, le tourisme a diminué. Ensuite, nous avons perdu des heures d'opération. Nous avons déjà tout expliqué cela au maire. Ce n'est pas à lui de décider.»

Selon la dirigeante, la baisse de revenus s'est amorcée vers 2005. Aux facteurs déjà cités s'ajoutent l'arrivée de Bel Air Aviation dans cette industrie en 2007, reconnaît Mme Lacombe. Depuis ce temps, l'offre de vols d'hydravions touristiques est maintenant partagée entre les deux entreprises.

Dans ce contexte de guerre commerciale et de restrictions légales, pas évident de couvrir ses frais, souligne Mme Lacombe.

«Nous allons demander au maire s'il est prêt à vivre avec la moitié de ses revenus», pointe-t-elle. «Ça ne fonctionne pas. Avec les restrictions, nous avons calculé que ça nous donnait l'équivalent de presque un mois et demi sans opération. C'est ridicule, on ne peut pas nous en enlever davantage. Ça, c'est une chose sur laquelle Bel Air Aviation s'entendra avec nous. Vous ne pouvez pas demander à des entreprises qui n'arrivent pas de se serrer encore davantage la ceinture. On est déjà en train de crever!»

«De toute façon, il n'y a pas tant de gens qui se plaignent du bruit», ajoute Mme Lacombe. «Et ceux qui le font exagèrent cent fois! Ça n'a pas d'allure.»

La copropriétaire d'Aviation Mauricie ne fait pas de cachette, elle compte bien reprendre ses décollages au bout du chemin de la Rivière en 2012.

«C'est justement pour rattraper un peu notre manque à gagner», justifie-t-elle.

Malgré cette prémisse, Mme Lacombe demeure curieuse d'entendre la proposition du maire. Elle devrait donc se présenter à cette première rencontre du comité consultatif sur le bruit, prévue quelque part en avril.

«Ne serait-ce que pour dire ce qu'on pense», glisse-t-elle.

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