Alcan: tout est prêt pour le redémarrage

L'usine Alcan de Shawinigan.... (Photo: Sylvain Mayer)

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L'usine Alcan de Shawinigan.

Photo: Sylvain Mayer

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Maintenant que le disjoncteur qui a explosé le 29 décembre à l'aluminerie de Shawinigan est remis en fonction, la haute direction de Rio Tinto Alcan doit décider si elle reprendra l'exploitation des deux séries de cuves paralysées par cette déveine.

Claudine Gagnon, porte-parole pour la multinationale, croit qu'il faudra encore patienter quelques semaines avant de connaître l'orientation définitive.

«Nous continuons de sécuriser les cuves qui sont arrêtées, alors que celles qui sont en exploitation sont stabilisées», résume-t-elle. «La décision ne se prendra pas du jour au lendemain. Nous espérons la faire connaître au cours des prochaines semaines. Je n'ose pas trop m'avancer davantage, car il y a des analyses à faire.»

À tout le moins, l'étape franchie mardi constitue un signal intéressant, souligne Louis-Gérard Dallaire, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alcan (CSN). Mais il sait que l'évolution de la demande dictera sans doute la décision du géant mondial pour l'avenir de son aluminerie de Shawinigan, condamnée à l'arrêt de production au plus tard le 31 décembre 2014 en raison de son procédé qui ne pourra respecter l'entente environnementale convenue avec le gouvernement fédéral.

De nombreuses informations ont été diffusées depuis le début de l'année concernant la forte chute du prix de l'aluminium depuis huit mois.

Lors du dévoilement des décevants résultats de son quatrième trimestre, Alcoa a annoncé qu'elle réduirait sa capacité de production de 531 000 tonnes à travers le monde, afin de contribuer au resserrement du marché. Les deux cuves paralysées à Shawinigan privent RTA d'une production de 50 000 tonnes sur une base annuelle, qui s'ajoutent aux quelque 300 000 tonnes en moins de l'usine d'Alma, ralentie par un lock-out.

En avril 2011, la tonne d'aluminium frôlait les 2800 $US au London Metal Exchange de Londres. Elle a chuté jusqu'à près de 1900 $US en décembre, avant d'entreprendre une remontée qui la mène actuellement au-dessus de 2100 $US la tonne. Dans ses perspectives annuelles, Alcoa prévoit une nette amélioration du marché en 2012, principalement en raison de la vigueur des secteurs de l'aéronautique et de l'automobile.

Or, l'aluminerie de Shawinigan produit justement des billettes de différents diamètres et de divers alliages pour ces deux marchés.

«Ça dépend de la boule de cristal qu'on regarde», réfléchit M. Dallaire. «Tant mieux si les marchés se ressaisissent. Ça pourrait influencer la décision de Rio Tinto Alcan pour profiter de la reprise.»

Contact privilégié

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, entretient un contact étroit avec Jean Simon, ce haut dirigeant de Rio Tinto Alcan originaire de Grand-Mère. Depuis le 1er janvier, il est passé du titre de président, Métal primaire Amérique du Nord à celui de président, Métal primaire Monde.

«On se parle souvent», commente le maire. «Je fais valoir le point de vue de la Ville, l'espèce de contrat social que nous avons établi avec eux d'ici 2015, notre volonté de diversification et leur collaboration dans ce processus.»

Difficile d'évaluer la portée de ce discours dans un contexte de marché difficile.

«Il me semble qu'on mériterait de se donner du temps, même si ça doit coûter quelques millions», suggère M. Angers.

«Si on n'avait pas voulu redémarrer ces salles de cuves, ils auraient pu fermer ça en catastrophe. Or, les cuves sont maintenant prêtes pour un redémarrage...»

«Je connais personnellement Jean Simon et il me dit qu'il est très sensible à ce que je lui dis», s'encourage le maire.

«Je veux qu'il y ait un calcul social dans la balance. J'ai senti qu'il était vraiment peiné par la situation.»

À tout le moins, les quelque 450 travailleurs sont demeurés en poste depuis l'incident. Ce qui n'apaise évidemment pas leur inquiétude par rapport à l'avenir à court terme.

«Il y a beaucoup de rumeurs qui ont circulé sur des visites de haut dirigeants», constate M. Dallaire. «Tout le monde fait son scénario. Dans une période d'attente, on préfère avoir une nouvelle que pas de nouvelle du tout!»

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