«Je laisse quelque chose que j'aime»

À court terme, Lise Landry travaillera activement dans... (Photo: Stéphane Lessard)

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À court terme, Lise Landry travaillera activement dans l'organisation de la candidate libérale dans Saint-Maurice - Champlain, France Beaulieu, aux prochaines élections fédérales.

Photo: Stéphane Lessard

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Soucieuse d'accompagner son époux dans son combat contre la maladie d'Alzheimer, la mairesse de Shawinigan, Lise Landry, ne sollicitera pas un cinquième mandat à la mairie de Shawinigan le 1er novembre.

Visiblement déchirée entre deux grands amours, la famille et la politique, elle a dévoilé sa décision en fin de matinée hier, dans la cour arrière de son domicile. Une quarantaine de parents, amis, organisateurs et conseillers municipaux s'étaient déplacés pour vivre ce moment avec la mairesse.

«C'est une belle journée, parce que je reviens auprès de celui qui m'a épaulée depuis cinquante ans», sourit-elle. «Mais pour moi, c'est aussi une triste journée, parce que je laisse quelque chose que j'aime.»

Quand elle s'est adressée aux journalistes, elle tenait à être flanquée de son Henri, mais aussi de Lise Deschênes, la première à avoir porté un macaron incitant les gens à voter pour Lise Landry comme mairesse en 1994 et de Fernande et Réal Houle, deux piliers de son organisation.

Déjà, à 11 h, elle avait vécu son lot d'émotions en annonçant son départ à tous les conseillers municipaux par téléphone, puis en s'adressant aux responsables des services à l'hôtel de ville. L'émotion qui s'est dégagée de cette rencontre a visiblement beaucoup touché la mairesse.

Devant la presse régionale, Mme Landry a répondu avec aplomb aux questions portant sur son héritage. En abordant le soutien indéfectible de son mari toutefois, elle a dû refouler quelques larmes.

«J'ai eu l'occasion, au cours des 15 dernières années, de me donner pleinement à ma ville parce que j'ai la très grande chance d'avoir un conjoint exceptionnel qui a toujours été à mes côtés dans les meilleurs et les plus difficiles moments», explique-t-elle. «Un conjoint qui m'a toujours donné la liberté de partager notre vie avec la population. Merci, Henri!»

Elle n'a évidemment pas oublié de rendre hommages à ses deux garçons, Yves et Alain, ainsi qu'à ses petits-enfants, «qui ont accepté que notre vie familiale soit sacrifiée, ce qui m'a permis d'être disponible en tout temps».

Indécise

Mme Landry confirme qu'elle a arrêté sa décision au milieu de l'été.

En juin, elle avait pourtant décidé qu'elle plongerait pour un cinquième mandat. Ses sondages internes lui confirmaient qu'elle aurait écrasé ses opposants à plates coutures.

«On dit toujours qu'on ne veut pas laisser les dossiers en suspens», explique-t-elle. «Mais j'ai finalement décidé de prendre l'été pour réfléchir à mon avenir.»

Au bout du compte, l'état de santé de son conjoint l'a convaincue qu'elle devait rentrer à la maison.

«Mon mari souffre d'Alzheimer depuis 2001», explique-t-elle. «Ce n'est pas toujours facile quand je dois quitter pour la journée. Il peut encore se débrouiller tout seul jusqu'à un certain point, mais au cours de l'été, j'ai été en mesure de voir une dégradation dans sa condition. Mon devoir, mon rôle premier, c'est d'être présente à côté de lui.»

Mme Landry n'a pas caché qu'à court terme, elle travaillerait activement dans l'organisation de la candidate libérale dans Saint-Maurice - Champlain, France Beaulieu, aux prochaines élections fédérales. En cas de victoire, elle pourrait hériter d'une place au bureau de comté.

Quant aux élections municipales, la mairesse assure qu'on ne la verra à côté d'aucun candidat. Sans le nommer, on devine tout de même que son vote ira à Michel Angers.

«Je trouve qu'il y en a un qui se démarque, parce que j'ai eu l'occasion de travailler avec lui dans le développement économique», analyse-t-elle. «Certains ont déjà été très impliqués, mais on ne les a pas revus. Pour d'autres, on ne les a pas vus, sauf dans leur travail. D'autres ont été là pendant quatre ans, mais il faut voir les résultats. À vous de faire votre analyse!»

Centre Bionest: pour le meilleur et pour le pire

Sans peut-être même s'en rendre compte, la mairesse de Shawinigan, Lise Landry, a placé le Centre Bionest dans deux cases bien différentes dans le court bilan qu'elle a présenté hier matin.

Spontanément, elle confie que sa plus grande réalisation politique demeure la construction de l'amphithéâtre, qui a tant défrayé la manchette en raison des nombreux changements d'orientation et des augmentations d'estimations.

«Le dossier qui m'a le plus marquée est celui du Centre Bionest», convient-elle. «C'était un legs que je voulais faire, même si les gens ont de la difficulté à saisir que pour investir, il y a des coûts. Il fallait cependant le faire pour garder nos jeunes, assurer une qualité de vie à nos citoyens et donner une renommée à notre ville.»

Malgré cette grande fierté, elle convient qu'il s'agit du dossier le plus difficile de son règne.

«Je sais qu'il y a des gens qui ne vont pas aux Cataractes», lance-t-elle. «Mais c'est une marque de commerce chez nous, une façon de se faire connaître partout.»

«Les gens ont critiqué les chiffres, mais on se base toujours sur ce qui nous est apporté à la table du conseil», ajoute-t-elle. «En cours de route, nous avons amélioré le Centre Bionest, avec notamment une glace olympique.»

Dans son bilan, Mme Landry a aussi parlé de la réalisation de la Cité de l'énergie, de la prolongation de la Promenade du Saint-Maurice,  de la mise en place du centre des congrès et de l'Auberge Gouverneur, de la transformation commerciale des rues Saint-Marc et Trudel, du développement des réseaux de bibliothèques et de pistes cyclables, ainsi que la mise en place de centres communautaires dans tous les secteurs.

Elle a aussi souligné l'aménagement des terrains synthétiques au Complexe sportif, de même que le mouvement qui se prépare à l'Auberge Grand-Mère et à la Maison Francis-Brisson.

Invitée à dire ce qu'elle aurait fait différemment, elle mentionne qu'elle aurait dû accorder plus d'importance plus tôt au bureau des communications de l'hôtel de ville, afin de mousser davantage les bons coups de son administration.

Fusion difficile

Avec le recul, Mme Landry considère que les fusions auraient pu être évitées au Centre-de-la-Mauricie si toutes les municipalités avaient mis de l'eau dans leur vin.

«À Shawinigan, les gens étaient conscients qu'ils devaient payer pour des services pour lesquels ceux de l'extérieur ne voulaient pas participer, comme le Centre des arts, l'aréna Jacques-Plante ou le déblaiement des artères principales. Si on s'était entendu sur le partage des coûts des infrastructures, je ne sais pas s'il y aurait eu lieu de faire une fusion.»

Mme Landry ne se fait pas trop d'illusions sur l'avenir de sa ville.

«Shawinigan sera toujours difficile à gérer», constate-t-elle. «Nous sommes à côté de Trois-Rivières, qui se développe à un rythme beaucoup plus rapide que nous. De notre côté, nous avons connu un déclin industriel. On s'en vient bien avec notre Centre local de développement, mais il reste qu'on sera toujours une deuxième ville, parce que la valeur foncière n'est pas là. Faire des budgets à Shawinigan, c'est faire des miracles!»

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