Le dernier CLD de la Mauricie disparaît

Lors de l'assemblée publique qui avait lieu mardi... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Lors de l'assemblée publique qui avait lieu mardi soir, le conseil de la MRC de Mékinac a décidé d'abolir la formule actuelle du Centre local de développement (CLD) de Mékinac. Les activités du CLD cesseront le 31 décembre prochain, et seront reprises par la MRC.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Michel Lamy
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) La structure actuelle du Centre local de développement (CLD) de Mékinac sera abolie à la fin de l'année.

Lors de l'assemblée publique qui avait lieu mardi soir, les élus de la MRC de Mékinac ont décidé de ne pas renouveler l'entente qu'ils avaient avec le CLD. Lorsque cette entente arrivera à échéance le 31 décembre prochain, il reviendra donc à la MRC d'assurer elle-même le développement local et le soutien à l'entrepreneuriat sur son territoire. À cette occasion, le CLD de Mékinac deviendra Développement économique Mékinac.

Au moment de voter la motion, les dix maires de la MRC de Mékinac avaient déjà débattu de la question à huis clos pendant deux heures. Selon le maire de Notre-Dame-de-Montauban, Jean-Guy Lavoie, cette discussion a permis aux élus de réaffirmer leur bonne foi dans l'avancement du dossier du CLD. 

«On a convenu de travailler en équipe pour régler le problème. On a remis de l'avant le respect entre les personnes. On a un travail à faire, et on le fera dans le respect mutuel»», a-t-il soutenu. 

La réunion à huis clos avait également pour but d'éclaircir certains points sensibles, afin d'en arriver à une décision plus consensuelle. Les élus ont donc partagé leurs craintes par rapport à la future administration de l'organe de développement. Parmi les appréhensions évoquées par les maires, l'indépendance de l'organisme et le sort des employés étaient des sujets récurrents. 

Au sujet de la gouvernance, le maire de Notre-Dame-de-Montauban s'est montré rassurant. «Le nouveau directeur, qui aura le titre de commissaire industriel, disposera d'une autonomie entière pour gérer son organisation», a-t-il affirmé.

Le préfet de la MRC de Mékinac et maire de la municipalité d'Hérouxville, Bernard Thompson, a ajouté que l'embauche du nouveau directeur se fera par l'intermédiaire d'une agence de ressources humaines indépendante, par souci de transparence. 

Quant aux employés du CLD, la MRC de Mékinac a prévu de créer de nouveaux postes afin de pouvoir les intégrer à leur organigramme. «On a accepté que les employés actuels soient priorisés dans leur emploi. On veut les sécuriser le plus possible», a assuré M. Lavoie. L'excellent travail accompli par les employés au cours des dernières années a par ailleurs été salué à de nombreuses reprises au cours de l'assemblée.

Toutefois, si le conseil semblait plus à même de parvenir à une entente, certains élus avaient encore des réserves au moment du vote. La mairesse de Saint-Séverin-de-Proulxville, Julie Trépanier, a déploré la perte de la formule indépendante du CLD. Les maires de Saint-Tite et de Saint-Roch-de-Mékinac se sont également opposés à l'abolition du CLD. Au final, la proposition a été adoptée à 7 contre 3.

Les citoyens déçus

Malgré le ton rassurant des maires de la MRC, les citoyens présents à l'assemblée ont froidement accueilli la décision du conseil. Ils ont notamment reproché aux élus de ne jamais avoir été consultés sur le sort du CLD.

Une citoyenne de Saint-Adelphe a clairement exprimé son désarroi. 

«J'ai de la peine. C'est grâce au CLD que j'ai eu mes premiers emplois. À l'époque, le CLD avait une vision, et elle a évolué depuis. Maintenant, j'ai l'impression que c'est le salon mortuaire du développement économique de la MRC de Mékinac», a-t-elle lancé aux maires.

«On dirait que vous ne savez même pas où vous vous en allez. Vous n'avez aucune idée de la structure à adopter, ni de qui sera le patron de qui. Vous êtes totalement dans le néant!»

Pour sa part, le directeur par intérim du CLD, Michel Aubichon, craignait que les élus manquent de rigueur dans le dossier.

«Ça serait important de savoir ce qui va arriver avec le personnel. Il ne faut pas d'improvisation, pas de coup de tête. On parle d'êtres humains. Il faudrait s'asseoir, mettre des échéanciers, et que tout soit clair. C'est une question de respect envers les employés, qui ont déjà beaucoup vécu d'incertitude», a-t-il rappelé.

Notons que M. Aubichon terminera son intérim à la fin du mois d'octobre, ce qui laisse pour l'instant le CLD sans directeur pour les mois de novembre et décembre. À cette même période auront lieu les élections municipales, ce que les citoyens présents à l'assemblée n'ont pas manqué de rappeler aux maires.




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