Pluie de plaintes au conseil de Grandes-Piles

Daniel Petit, maire de Grandes-Piles, assure n'avoir rien... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Daniel Petit, maire de Grandes-Piles, assure n'avoir rien à se reprocher, mais n'apprécie guère que des bénévoles soient pointés du doigt.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Grandes-Piles) Une résidente de Grandes-Piles, Pascale Gilbert, a fait parvenir, en date du 5 février, une plainte au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire en lien avec la Loi sur l'éthique et la déontologie en matière municipale. Ces plaintes visent en particulier un ex-conseiller de Grandes-Piles, Jean-Sébastien Rivest, mais plus particulièrement l'actuelle conseillère Carolle Moisan.

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La conseillère Carolle Moisan, contre qui pèsent des allégations de conflit d'intérêts, clame qu'elle a suivi toutes les règles de déontologie.

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La plaignante s'en prend également au conseil municipal en général, l'accusant de prendre les décisions à huis clos, pour, par la suite, adopter rondement des résolutions unanimes, sans aucun vote. Elle cite trois témoins tous résidents de Grandes-Piles, Maxime Coydon, Dany Pearson et Martine Mueller.

Ces personnes font remarquer, qu'en agissant ainsi, personne ne peut savoir si les conseillers ou le maire, lorsqu'ils se trouvent en situation de conflit d'intérêts, se retirent de la table lors de la discussion sur le dossier qui les concerne ou qui concerne l'un de leurs proches.

Les allégations sont particulièrement nombreuses en ce qui touche la conseillère Carolle Moisan dont le conjoint, Marc Théberge, est très impliqué dans la vie sociale de Grandes-Piles, et ce, dans plusieurs dossiers comme le Resto de la Berge, le Festi-Volant, le Comité d'Aire Nature de Grandes-Piles et le comité de la coopérative. Le couple siège à tous ces comités organisateurs.

Même le maire Daniel Petit fait l'objet d'allégations de conflit d'intérêts par rapport à son emploi. On lui reproche aussi de favoriser un ami mécène du club de Voile Saint-Maurice, en lui accordant gratuitement des locaux de la municipalité. Il est même question d'un tour de bateau sur un catamaran appartenant au mécène en question.

Du côté du ministère des Affaires municipales, on confirme que quatre dossiers sont en effet ouverts en lien avec le conseil de Grandes-Piles mais on refuse de donner des détails. Trois plaintes seraient entrées dernièrement, mais Le Nouvelliste a appris qu'une autre plainte qui date du mois de septembre, est toujours en cours de traitement.

Alors que les appels des médias se faisaient pressants au bureau municipal de Grandes-Piles, le maire Daniel Petit a convoqué un point de presse, juste avant de partir en voyage. Le tout s'est déroulé de façon un peu échevelée. La conseillère Moisan, très nerveuse, s'est d'abord montrée préoccupée de savoir si son nom serait mentionné ou non. «Je prends quand même la chose sérieusement, car quand on fait une demande d'enquête, c'est qu'on veut obtenir justice ou encore, qu'on veut salir les réputations. Je n'ai rien (à me reprocher) au niveau honnêteté, transparence ou quoi que ce soit. Je ne suis absolument pas inquiète et le ministère va jouer son rôle. Ce que je trouve curieux, c'est que les plaignants n'aient pas attendu les résultats de la commission d'enquête [sic] pour aller plus loin. Pourquoi? Est-ce parce que VRAIMENT ils veulent obtenir justice, ou s'ils veulent salir tout simplement les réputations? Je trouve ça atroce qu'on se serve des organismes pour salir les bénévoles. Je n'embarquerai pas dans le contenu.» La conseillère ajoute qu'elle a l'intention d'utiliser tout ce qui existe comme recours à la municipalité pour se défendre. «Parce que je n'ai rien à me reprocher. Il y a des paroles diffamatoires dans ça et ils vont payer pour.»

Lorsque Le Nouvelliste a demandé à Mme Moisan si elle s'était retirée de la table du conseil à chaque fois qu'un point discuté la concernait elle ou son conjoint, elle a répondu avec humeur: «Madame, je vous ai mentionné qu'au niveau du MAMROT [sic] ils vont faire enquête, OK? Que je n'ai absolument rien à me reprocher, que j'ai agi en toute légalité, partout. Le ministère rendra son jugement et les preuves seront là.»

Pour sa part, le maire Petit s'est contenté de répéter que toutes les règles avaient été respectées. Il a déclaré qu'il connaît les individus qu'il n'est pas très surpris par ces plaintes. «Probablement que ça a rapport avec les dernières élections. Ça ne me dérange pas, j'ai été maire de Saint-Mathieu avant, j'en ai vu d'autres mais qu'ils s'attaquent aux bénévoles, ça, ça me dérange.»

Sur la question des votes en assemblée publique, ou plutôt de leur absence, le maire Petit a expliqué qu'il était normal qu'il y ait des rencontres de travail avant les séances du conseil. «C'est comme ça dans toutes les municipalités, à l'intérieur de ces réunions, les gens émettent leurs opinions et disent s'ils sont d'accord ou non. Lors de la réunion du conseil, on lit la résolution préparée et je demande un proposeur et un secondeur.»

Quand on lui fait remarquer que son conseil semble faire preuve d'une remarquable unanimité, il répond qu'en milieu rural ça se passe comme ça. «En général, je le demande si les gens sont d'accord ou non. Et puis, il y a la période de questions.» Quant à la quatrième plainte (de conflit d'intérêts), le maire Petit a d'abord dit tout en ignorer avant de reconnaître qu'elle le concernait.

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