Bras de fer entre les maires dans Mékinac

Le maire de Saint-Tite, André Léveillé....

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Le maire de Saint-Tite, André Léveillé.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) Une véritable partie de bras de fer vient de s'engager entre les dix maires de la MRC de Mékinac pour la survie du CLD de ce territoire. La moitié d'entre eux est en effet en faveur du plan de survie transitoire d'une durée d'un an défendu par le maire de Saint-Tite, André Léveillé, tandis que les cinq autres, dont le préfet, Alain Vallée, penchent plutôt pour le rapatriement du CLD dans le giron de la MRC et sa transformation en simple comité économique.

Selon ce que Le Nouvelliste a appris, dès que le directeur du CLD de Mékinac, Patrick Baril, a appris l'importance des coupes à venir dans ces organismes de développement économique, il a soumis un plan de redressement à son conseil d'administration, demandant qu'il soit aussi soumis aux différents conseils municipaux. Or, tout indique que des maires ne se seraient pas donné cette peine.

Le plan, chaudement défendu par le maire de Saint-Tite, mardi dernier, prévoit que le nombre d'employés du CLD passe de sept à quatre, incluant le directeur général, et un changement à la composition du conseil d'administration, avec un poste de maire supplémentaire, pour un total de cinq. Avec l'appropriation des surplus du CLD, ce dernier pourrait alors fonctionner encore un an, et ce, sans déménager et surtout, sans augmenter la quote-part des municipalités.

Le maire Léveillé n'a pas digéré de se faire traiter de «personne émotive» par le préfet Vallée. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les deux hommes croisent le fer sur des questions de développement économique.

«Je ne suis pas un émotif, je suis un rationnel, se défend-il. Je suis un maire qui veut du développement économique fait par des gens du milieu économique, martèle-t-il. Mardi dernier, j'ai présenté le plan en tant qu'administrateur du CLD. J'ai dit qu'un CLD, c'est d'abord économique. Pas politique. Or, en ce moment il y a cinq civils au conseil d'administration et quatre maires, ce qui a amené de la frustration chez certains maires. Pis c'est vrai qu'il y avait des tensions avec la MRC et que c'est aussi pour ça qu'on a voulu déménager.»

Le maire Léveillé plaide que le plan présenté est parfaitement viable, même avec les coupures annoncées par Québec. «J'aimerais qu'on opère ça encore comme c'est actuellement. Pour un an. Ce sera un genre de transition qui nous donnerait le temps de voir ce qui va arriver l'année prochaine. Le gouvernement peut faire l'analyse que les CLD sont vraiment importants et revenir avec des budgets révisés.

Avec le budget qu'a présenté M. Baril mardi, on peut opérer un CLD qui est fonctionnel, même avec moins de personnes. Et même avec ce budget, on est encore capable d'apporter de l'aide à nos entreprises. Je suis aussi ouvert à ajouter un maire au c.a. Mais c'est important de conserver des gens d'affaires dans un CLD. Ce que préconise le préfet, c'est une sorte de corporation avec seulement des maires et j'ai bien de la misère avec ça. On est mieux de prendre notre temps et de voir ce qui se passera. Une fusion de CLD n'est pas exclue non plus.»

André Léveillé estime qu'il est important de faire connaître sa position à sa population. Il affirme que beaucoup de citoyens, satisfaits de l'organisme, l'interrogent sur l'avenir de leur CLD.

«Comme maire de Saint-Tite, je vis davantage dans le milieu économique de la MRC. On a des projets industriels en marche. Je suis plus interpellé», note-t-il.

Par ailleurs, une centaine de gens d'affaires de la région de Mékinac ont signé une pétition pour la survie de leur CLD, en écho à la position dans le même sens de la Chambre de commerce de Mékinac.

On entend le même son de cloche du côté de Hérouxville où le maire Bernard Thompson, ex-président du conseil d'administration du CLD, plaide lui aussi pour des services professionnels au CLD de Mékinac.

«Je suis furieux de ce qui se passe. Je ne peux pas comprendre qu'on ne puisse appuyer un CLD qui obtient de tels résultat, qui se classe parmi les trois meilleurs au Québec. Dans un milieu rural, on a besoin de l'appui de la société civile. Les entreprises, des travailleurs autonomes, la communauté entrepreneuriale attendent beaucoup de leur CLD. Sans compter les liens entretenus avec les institutions financières et les ministères.

On ne peut du jour au lendemain mettre la hache dans ça sous prétexte que Québec nous enlève des sous... ce qui est incompréhensible d'ailleurs dans le contexte actuel. Mais ce qui nous fait le plus mal, c'est l'incompréhension de notre préfet face à ça. Il n'est pas question qu'on remette tous ça entre les mains d'un directeur général de MRC», tonne-t-il.

Une autre réunion des maires est prévue vendredi pour reprendre la discussion sur le sujet.

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