Ce n'est pas que M. Mongrain tienne absolument à son titre de préfet, surtout qu'il est conscient que trois ou quatre maires souhaitent son départ, mais il estime avoir réussi à ramener une certaine paix autour de la table du conseil depuis son élection et il aimerait bien que la MRC poursuive son développement harmonieux, elle qui a connu plusieurs moments très difficiles par le passé.
Avec la candidature des maires Thompson et Vallée, ce sont deux visions du développement économique qui s'affronteraient, soit une régionale et une autre plus locale. Bernard Thompson, qui est président du CLD de Mékinac, soutient avec enthousiasme le virage touristique équestre que vient d'amorcer la MRC dans son développement touristique. Une vision à laquelle ne s'oppose pas nécessairement Alain Vallée, mais ce dernier aimerait tout de même qu'on n'oublie pas les autres secteurs de développement.
Le maire Thompson explique que c'est lorsque il a constaté le peu d'enthousiasme du maire Vallée envers le projet de six haltes équestres, proposé dans le cadre du Pacte rural (projet qui a été accepté), qu'il a pris la décision de se présenter lui aussi au poste de préfet. Il a également déploré que M. Vallée (parti à la chasse) n'ait pas participé au récent forum sur le développement équestre organisé par le CLD de Mékinac.
«On m'a effectivement demandé de me présenter au poste de préfet et j'y réfléchis toujours, a confié le maire Thompson. C'est encore d'autres responsabilités et c'est aussi entrer dans un monde un peu plus difficile. On sait que la régionalisation, c'est un mot qui sépare encore beaucoup de gens. Quand une personne se présente comme préfet, elle voudrait que le mot d'ordre soit: on va se régionaliser davantage». Penser région, ça veut dire avoir des projets communs, comme le projet équestre qui, pour moi, est important. Je souscris à ça, ce qu'Alain (Vallée) ne semble pas vouloir faire. C'est un signal qui me force à vouloir me présenter. C'est pour défendre une vision régionale. L'avenir est là et pas ailleurs, d'autant plus que des appuis importants sont à venir en région. Mais cela dit, je ne pars pas en guerre.»
De son côté, le maire Vallée dit aussi avoir des pressions pour se présenter. Il estime avoir l'expérience nécessaire pour remplir cette fonction. «Oui, probablement que je serais intéressé. Ça va se décider à la réunion du 18 avril», a-t-il confirmé.
S'il est élu préfet, Alain Vallée a l'intention d'organiser un lac-à-l'épaule uniquement avec les maires. «Il y a un examen de conscience à faire. Je voudrais avoir le pouls de chaque maire, savoir comment ils voient la MRC d'ici cinq ans. Il y a des choses à discuter comme le schéma de couverture de risque d'incendie, (le maire Vallée préconise une super régie d'incendie pour toute la MRC). C'est un gros dossier.»
Lorsqu'on lui demande ce qu'il pense du virage équestre de la MRC Mékinac, il reconnaît que «c'est la saveur du jour» et que plusieurs municipalités où on retrouve des propriétaires de chevaux semblent y trouver leur profit, tandis que d'autres sont davantage concernées par le balisage de la rivière Saint-Maurice. Il croit toutefois que le travail qui reste à faire pour relier les sentiers équestres risque d'être plus difficile que prévu, car il touche beaucoup de propriétés privées.
«L'équestre, ça intéresse certaines municipalités, dépendant où elles sont situées géographiquement», insiste-il pour bien marquer qu'il n'y a pas d'unanimité. Enfin, il reste aussi le projet du lac Mékinac dans lequel la MRC a déjà investi beaucoup d'énergie et d'argent, et qui peut aussi exiger encore de grosses dépenses, sans compter que des municipalités, dont Sainte-Thècle, ont aussi des projets de développement de quelques lacs.
Bref, la soirée du 18 avril risque d'être très intéressante.