Église de Sainte-Angèle-de-Prémont: un profit de 130%!

L'ancienne église de Sainte-Angèle-de-Prémont a un nouveau propriétaire.... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'ancienne église de Sainte-Angèle-de-Prémont a un nouveau propriétaire.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Sainte-Angèle-de-Prémont) Pendant que l'église de Saint-Justin est sur le point de faire son entrée sur le marché immobilier, la revente de l'ancienne église de Sainte-Angèle-de-Prémont permet à son ancien propriétaire de faire un profit de 130 %.

L'église de Saint-Justin sera bientôt sur le marché... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

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L'église de Saint-Justin sera bientôt sur le marché immobilier.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

En décembre 2016, la fabrique de Sainte-Angèle-de-Prémont a vendu la bâtisse à un individu au montant de 30 000 $. Ce dernier l'a remise sur le marché en février. Il demandait 69 900 $ et a presque obtenu ce qu'il demandait.

«Ça s'est vendu 69 000 $. C'est du bon rendement en quelques mois», confirme Marc-André Raffa, agent immobilier responsable de la vente.

Selon M. Raffa, son client a l'habitude d'acheter des maisons, de les rénover et de les revendre. Dans le cas de l'ancienne église, le premier objectif était de la transformer pour en faire sa résidence personnelle.

«Il a eu des problèmes de santé, raconte M. Raffa pour expliquer les motifs de la remise en vente. Mais ce n'est pas la première maison que je vends pour lui, c'est la quatrième ou la cinquième.»

Muguette Paillé a appris par Le Nouvelliste que la bâtisse avait trouvé un nouveau propriétaire. Le prix de vente cause un petit pincement au coeur, avoue la marguillière responsable de la vente de l'église.

«Un profit de 130 %, c'est sûr que c'est un peu choquant. Mais il peut faire ce qu'il veut. La fabrique avait un prix plancher et on l'a eu. On n'applaudit pas à ça, mais on n'a plus un mot à dire.»

La fabrique avait fixé ce prix plancher à 30 000 $ afin de compenser l'évaluation municipale de la bâtisse qui était très élevée à l'époque.

«On était un peu pris à la gorge par l'endettement mensuel. Et des acheteurs me raccrochaient presque au nez en apprenant que l'évaluation était à ce moment de 373 000 $. Mais l'acheteur a fait baisser le niveau de l'évaluation (à moins de 90 000 $), ce que le vendeur ne peut pas faire. On voulait vendre vite. Le dossier est clos.»

L'administration municipale de Sainte-Angèle-de-Prémont confirme que l'acheteur a demandé et obtenu une révision à la baisse de l'évaluation de la bâtisse, car elle n'était plus une église. Selon Jean Charland, le directeur général de la Municipalité, la fabrique aurait pu faire la même demande, une information qui surprend Muguette Paillé.

«Première nouvelle. Ça m'a toujours été dit qu'on ne pouvait pas.»

L'ancienne église sera utilisée comme espace d'entreposage. M. Raffa ignore ce qui sera stocké à cet endroit qui ne devrait pas être transformé en lieu résidentiel de sitôt.

Pendant ce temps, la fabrique de Saint-Justin se prépare à se départir de son église. Des travaux d'arpentage ont été réalisés dans le but de régler la question du certificat de localisation. «On demande 150 000 $. On aimerait que ce soit réglé d'ici l'automne», confirme le curé Jean-Pierre Guillemette, président de la fabrique de Saint-Justin.

La décision de vendre la bâtisse repose essentiellement sur un point. Devant la baisse de fréquentation et des revenus, la fabrique n'a pas les moyens de réparer une toiture qui coule depuis des années.

«Il continue à pleuvoir dans l'église, fait remarquer le curé Guillemette. Aucun travail n'a été exécuté.»

La fabrique a toujours des responsabilités vis-à-vis cette bâtisse, notamment en ce qui a trait aux exigences de sa compagnie d'assurance pour la conservation d'un système d'alarme. Voilà pourquoi elle souhaite s'en départir rapidement.

«L'église sera inscrite dans les prochains jours, j'attends une rencontre avec la fabrique. La pancarte devrait être installée cette semaine ou la semaine prochaine», confie l'agent immobilier André Alarie.

Ce dernier est persuadé de trouver rapidement un acheteur pour cette bâtisse malgré les infiltrations d'eau.

«Je n'aurai pas de misère à vendre ça. On peut faire bien des choses avec une bâtisse sans colonne. C'est vaste, c'est haut. Il y a deux personnes qui sont d'ailleurs intéressées.»

L'abbé Guillemette rappelle que le presbytère de Sainte-Ursule est aussi à vendre. Malgré des revenus tirés de la location de deux logements, la fabrique veut vendre cette bâtisse qui n'est plus beaucoup utilisée.

«C'est une question d'entretien. La paroisse n'a pas les moyens d'investir. Et de toute façon, le diocèse a dit que si on avait à se départir de presbytères, qu'on le fasse pour ne pas que ce soit un fardeau financier.»

Le presbytère de Sainte-Ursule est à vendre depuis 2014. La fabrique demandait près de 170 000 $ à l'origine, mais est maintenant prête à réviser le prix afin de faciliter la vente.

«La situation financière n'est pas précaire, mais ça a déjà mieux été, raconte le vice-président du conseil de la fabrique, Normand Lambert. Il y a des réparations à faire à la toiture et les fenêtres datent de plusieurs années. On veut vendre le presbytère en raison de l'agglomération des nouvelles paroisses. Et on a déjà l'église et la sacristie pour nous.»

Désacralisée ou pas?

La désacralisation de l'église de Sainte-Angèle-de-Prémont semble un mystère pour certaines personnes dans l'entourage de la fabrique locale.

La fabrique a vendu en décembre 2016 la bâtisse qui était le lieu de culte des catholiques locaux. Selon le diocèse de Trois-Rivières, l'évêque a émis un décret désaffectant au culte l'église de Sainte-Angèle-de-Prémont. Ce décret a été lu un mois plus tôt, soutient l'organisation.

«Le décret de désacralisation a été rendu public par sa lecture lors de la messe du 13 novembre 2016. La lettre explique la désacralisation. L'église est désacralisée», déclare Jasmine Johnson, directrice des communications du diocèse.

Ce n'est pas ce qui est perçu de la part de Muguette Paillé. La marguillière assure qu'elle était présente lors de la messe du 13 novembre et que cette information n'a pas été communiquée.

«On a vendu la bâtisse avant la désacralisation, on m'a dit qu'on devait la vendre avant de passer à l'étape de la désacralisation. J'étais à cette messe et ça (la désacralisation) n'a jamais été mentionné.»

L'imbroglio réside peut-être dans le fait que l'évêque de Trois-Rivières était absent lors de la messe du 13 novembre. Selon le diocèse, l'évêque n'était pas tenu d'être sur place et de célébrer ladite messe. Et comme la bâtisse n'a pas été démolie, mais vendue, il n'y a aucune obligation de retirer la pierre angulaire.

«La pierre angulaire n'a aucune signification liturgique», ajoute Mme Johnson.

Muguette Paillé croyait devoir faire enlever cette pierre angulaire. Lorsqu'elle a appris que cette pierre pouvait rester là où elle est, elle a eu la réaction suivante.

«Dans le fond, je suis contente. On n'aura pas à engager quelqu'un pour l'enlever, donc on n'aura pas de frais.»




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