Le maire de Saint-Justin devant la Commission municipale

La conseillère municipale Guylaine Bellemare et le maire... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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La conseillère municipale Guylaine Bellemare et le maire de Saint-Justin, Jean-Claude Gauthier.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Justin) Ce n'est pas à une, mais bien à deux plaintes en déontologie auxquelles devra faire face Jean-Claude Gauthier, le maire de Saint-Justin, devant la Commission municipale du Québec.

Et cette fois, il sera accompagné de la conseillère Guylaine Bellemare, car les deux font l'objet d'une enquête de la CMQ concernant une facture présumément gonflée ayant été présentée à la Municipalité de Saint-Justin au profit de la fabrique locale.

Dans deux demandes d'enquête datées du 12 et du 6 décembre 2016, les conseillers Denis Frappier et Robert Francoeur déclarent qu'en mai 2015, le maire Gauthier et la conseillère Bellemare (aussi marguillière) auraient abusé de la confiance d'un jeune entrepreneur pour tenter de tromper le conseil municipal en présentant une facture qu'ils savaient gonflée au bénéfice de la fabrique de Saint-Justin.

L'entretien d'un parc municipal par la fabrique locale est à l'origine de la situation. En mai 2015, il y aurait eu une entente préalable au conseil pour débourser 400 $ pour un contrat confié en sous-traitance. Fin mai, le montant a grimpé à 600 $. Le conseil a rejeté cette proposition.

Tous les conseillers autres que Mme Bellemare auraient rencontré l'entrepreneur en question pour apprendre que cette dernière lui aurait demandé de diminuer la facture initiale avec la fabrique de 300 $ pour faire une nouvelle facture, de 600 $ cette fois, à l'endroit de la Municipalité.

Le document obtenu par Le Nouvelliste auprès de la Commission municipale du Québec mentionne que le maire Gauthier aurait été d'accord avec cette approche présumée de Guylaine Bellemare. L'entrepreneur aurait toutefois décidé de laisser tomber le contrat avec la fabrique.

Les deux demandes d'enquête soutiennent que M. Gauthier et Mme Bellemare n'ont pas respecté plusieurs articles du code d'éthique et de déontologie municipal. Ces articles concernant entre autres le respect des valeurs d'intégrité et de loyauté et l'abstention de se trouver dans des situations de conflits d'intérêts. 

M. Gauthier et Mme Bellemare sont convoqués le 6 septembre 2017 par la Commission municipale du Québec. Ils pourront alors se faire entendre durant l'audition qui aura lieu au palais de justice de Shawinigan.

La première cause de Jean-Claude Gauthier devant la Commission municipale sera entendue les 5 et 6 juillet au palais de justice de Shawinigan. Le maire de Saint-Justin se retrouve devant cette commission à la suite d'une plainte déposée par Michel C. Cousineau, son ex-adversaire à la mairie lors de l'élection de 2013.

Selon M. Cousineau, le comportement de M. Gauthier à son endroit est contraire à différents articles du code d'éthique des élus. M. Cousineau affirme dans sa plainte que M. Gauthier a tenu à son endroit des propos diffamatoires, a dit des mensonges, a fait de fausses accusations et a sali sa réputation.

M. Gauthier a embauché un avocat pour se défendre dans ces deux causes. Jusqu'à maintenant, des frais d'environ 12 000 $ ont été engagés et le maire désire faire payer la facture par la Municipalité. Le conseil estime toutefois que certains éléments des frais d'avocats de M. Gauthier semblent injustifiés. Le conseil veut obtenir des précisions de la part de l'avocat du maire quant aux frais réclamés.

D'autre part, le conseil demande à la Commission municipale de faire une enquête concernant la volonté de M. Gauthier de faire payer par les contribuables ses frais d'avocats pour une situation qui semble étrangère à la cause initiale. Le conseil se basera ensuite sur les recommandations du procureur de la Municipalité et de la CMQ afin de couvrir les frais d'avocats qui seront justifiés.

«Je n'ai rien à me reprocher»

«Je n'ai rien à me reprocher. Je n'ai rien mis dans mes poches. C'était pour aider la fabrique. Mais on est encore les petits moutons noirs, M. Gauthier et moi.»

Guylaine Bellemare en a soupé de l'ambiance qui règne au sein du conseil de Saint-Justin. Cette conseillère de plus en plus isolée au sein du conseil municipal et marguillière du conseil de fabrique raconte que la différence de quelques centaines de dollars entre la première et la deuxième proposition pour l'entretien du parc municipal aurait servi à couvrir le ramassage des branches et des feuilles sur ce terrain.

Ce travail est fait par l'entrepreneur en tonte de gazon de la fabrique, mais aussi par des bénévoles dont font partie Mme Bellemare et son fils, affirme-t-elle.

«Mon travail, c'est d'aider tout le monde. Au départ, l'entrepreneur chargeait 300 $ pour entretenir le terrain de la Municipalité et dit qu'il va donner 100 $ en don à la fabrique. J'ai dit à M. Gauthier (Jean-Claude, le maire) pourquoi on ne chargerait pas 200 $ de plus (à la Municipalité) pour l'entretien, car l'entretien est aussi le ramassage de branches et de feuilles. À 600 $, ça va aider tout le monde et ce n'est pas juste à la fabrique de tout payer.»

Ces propos tenus vendredi par Mme Bellemare ressemblent aux commentaires qu'elle a émis le 3 avril lors de la dernière réunion du conseil municipal.

Sur l'enregistrement de la séance, Mme Bellemare réfute les accusations d'avoir gonflé la facture tout en disant que le montant de 600 $ aurait donné un peu d'argent à la fabrique dans un contexte d'échange.

Au lieu de demander carrément au conseil d'aider financement la fabrique, Mme Bellemare a reconnu vendredi que sa façon de présenter l'idée n'était peut-être pas la meilleure.

«J'ai mal interprété les choses et je m'en excuse. Je n'ai pas fait ça comme il faut. Je suis assise sur deux chaises. Il aurait fallu que ce soit une autre personne que moi qui présente le dossier. Je me suis embarquée sur un terrain glissant et comme il y en a qui connaissent les lois de A à Z, je suis allée devant l'UPAC en novembre (l'Unité permanente anticorruption).

J'ai rencontré les messieurs et rien ne m'accusait que j'avais mis des sous dans mes poches. Mais par la suite, ils ont décidé de se virer vers la Commission municipale du Québec. Denis Frappier et Robert Francoeur se sont virés encore contre moi et M. Gauthier.»

Si elle avait su comment les choses allaient tourner, Mme Bellemare affirme qu'elle n'aurait pas touché à ce dossier.

«Je n'embarque plus dans rien. Chaque fois que j'embarque dans quelque chose, ce n'est jamais correct. Au conseil, il n'y a rien de changé. Je travaille pour tout le monde, j'essaie que ça aille bien, mais je me fais mettre des bâtons dans les roues», raconte Mme Bellemare, qui ne comprend pas pourquoi d'autres conseillers s'allient à MM. Frappier et Francoeur.

Le Nouvelliste n'a pu entrer en contact avec Jean-Claude Gauthier.




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