Services supralocaux: Louiseville cherche encore la solution

Rémy Désilets... (Archives Le Nouvelliste)

Agrandir

Rémy Désilets

Archives Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

D'abord considérés comme des agents de rapprochement dans le dossier des services supralocaux à Shawinigan, les trois députés libéraux impliqués dans cette épineuse négociation pourraient bien orienter la décision du ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux.

Le rôle joué lors d'un débat comparable à Louiseville par l'ex-député de Maskinongé, Rémy Désilets, donne un indice sur la conclusion possible de cette affaire qui dépasse maintenant largement de simples considérations d'équité entre une ville de centralité et les communautés environnantes.

Le 16 octobre 2001, la ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole, Louise Harel, confiait le mandat à la Commission municipale du Québec de faire une étude sur le caractère supralocal de l'aréna de Louiseville. À ce moment, la mairesse Jocelyne Elliot-Leblanc et son conseil sollicitaient onze municipalités de la MRC de Maskinongé pour contribuer financièrement à l'exploitation du centre sportif.

Dans son mémoire, Louiseville relevait que 42 % des inscriptions au hockey mineur et 48 % de celles au patinage artistique provenaient de résidents de l'extérieur. Le centre sportif est aussi utilisé dans le cadre d'autres événements à saveur culturelle ou scolaire. En 2001, l'aréna accusait un déficit d'exploitation de plus de 240 000 $. Puisque la population environnante bénéficiait de l'utilisation de cet équipement, le conseil municipal de Louiseville souhaitait un appui financier des municipalités visées.

Ces dernières servaient la même réponse que les dix maires impliqués aujourd'hui dans la négociation avec Shawinigan. Elles fermaient la porte en privilégiant le principe de l'utilisateur payeur.

Après analyse, la CMQ se ralliait aux arguments de la Ville de Louiseville. Dans sa décision arrêtée le 18 juillet 2002, elle recommandait au nouveau ministre, André Boisclair, «de reconnaître, en vertu de la Loi sur la Commission municipale, à titre d'équipement à caractère supralocal, le Centre sportif de la Ville de Louiseville, et de fixer les modalités de gestion ainsi que la répartition des coûts (...)».

Le 21 août 2002, M. Boisclair écrivait à Mme Elliot-Leblanc en l'invitant à faire part de ses commentaires. «J'entends dans les meilleurs délais vous informer des suites qui seront données à ce rapport», écrivait le ministre.

Or, ces suites renverseront le conseil municipal de Louiseville. Contre toute attente, le rapport de la CMQ restera sur les tablettes à la suite de l'intervention du député de Maskinongé, Rémy Désilets.

On se doute bien que la recommandation de la CMQ avait été très mal reçue dans les onze municipalités concernées. M. Désilets avait donc sensibilisé le ministre Boisclair à cette grogne. Ainsi, même si la demande de Louiseville remplissait les critères objectifs pour faire reconnaître l'aréna comme équipement supralocal, les considérations politiques avaient pesé plus lourd dans la balance, surtout avec une élection qui se profilait à l'horizon.

Avec le recul, M. Désilets laisse entendre que sa démarche ne visait pas tant à prendre parti qu'à inviter les maires à discuter ensemble pour en venir à une solution commune.

«Je voulais que les municipalités s'assoient avec Louiseville et qu'elles débattent, plutôt que Louiseville leur dise de payer parce que l'équipement était chez elle», explique-t-il. 

«Il faut en arriver là, il faut diminuer les coûts», convient M. Désilets. «Mais je voulais qu'on le fasse de façon plus transparente et démocratique et non que le ministre décide. Je voulais forcer le débat. C'est quand le monde se parle qu'on trouve une entente.»

M. Désilets n'aura jamais eu le temps d'organiser cette grande rencontre puisque quelques mois plus tard, le Parti québécois cédait le pouvoir aux libéraux. 

Les gouvernements se sont succédé et aujourd'hui, Yvon Deshaies cherche toujours la bonne formule pour convaincre ses homologues de la MRC de Maskinongé de contribuer à l'exploitation du centre sportif. 

Le maire de Louiseville reconnaît que l'évolution du dossier shawiniganais l'intéresse au plus haut point.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer