Le conflit à Saint-Justin devant la Commission municipale

Michel C. Cousineau... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Michel C. Cousineau

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Justin) Le conflit entre Michel C. Cousineau et Jean-Claude Gauthier prend le chemin de la Commission municipale du Québec. Ce tribunal devra décider si le maire de Saint-Justin a contrevenu au code d'éthique de sa Municipalité comme le prétend son ancien adversaire politique.

Jean-Claude Gauthier... (Photo: Stéphane Lessard) - image 1.0

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Jean-Claude Gauthier

Photo: Stéphane Lessard

Michel C. Cousineau a déposé une plainte en déontologie au printemps dernier. Selon lui, le comportement de M. Gauthier depuis plus de quatre ans à son égard est contraire à des articles du code d'éthique des élus: traiter les citoyens avec respect, éviter des situations de conflit entre intérêt personnel et intérêt public et s'abstenir d'utiliser des ressources de la Municipalité à des fins personnelles.

«Des propos diffamatoires, des mensonges, fausses accusations, de l'incitation à la haine, de l'ingérence dans une organisation de bénévoles, acharnement à nuire et à salir ma réputation, impartialité et malfaisance, comportement obsessionnel, intimidation, harcèlement... est-ce assez pour se questionner sur la pertinence de cette plainte?», demande entre autres Michel C. Cousineau dans sa plainte adressée à la Commission municipale du Québec et dont Le Nouvelliste a obtenu une copie via ladite commission.

Joint à son domicile, mercredi, M. Cousineau justifie son recours à la Commission municipale pour «avoir la paix».

«Ça va faire, ses folies. Il me prend encore pour son adversaire politique, mais j'ai tourné la page depuis longtemps. Il n'arrête pas de bavasser contre tout le monde et contre moi en particulier. C'est dans sa nature. Mais là, il vient de frapper son Waterloo.»

Dès la campagne électorale de 2013, M. Cousineau accusait son adversaire de mener une opération de salissage à son endroit. En octobre 2014, Michel C. Cousineau a déposé une mise en demeure à l'endroit de Jean-Claude Gauthier. Il sommait ce dernier de lui présenter des excuses publiques. Le maire a toujours nié les accusations d'atteinte à la réputation de son ancien rival.

Ces atteintes à la réputation n'auraient pas cessé et se seraient manifestées une nouvelle fois le 7 décembre 2015. Jean-Claude Gauthier a écrit une plainte à l'organisation du Noël du pauvre après que la section locale, présidée par Michel C. Cousineau, eut refusé une demande d'aide d'une personne. M. Gauthier critiquait alors le travail de M. Cousineau. Il l'accusait d'humilier des gens et de faire preuve de discrimination. 

La plainte a été rédigée sur une feuille officielle de la Municipalité de Saint-Justin et porte la signature de M. Gauthier comme maire. Elle a été rejetée par la haute direction du Noël du pauvre.

Cet événement a été suivi le 18 décembre 2015 par une rencontre entre les deux hommes et quatre conseillers municipaux de Saint-Justin. Au dire des conseillers Denis Frappier et Robert Francoeur, Jean-Claude Gauthier a foncé sur Michel C. Cousineau. Cela l'avait incité à porter plainte à la Sûreté du Québec. 

M. Cousineau a envoyé une mise en demeure au conseil de Saint-Justin, lui demandant de s'excuser auprès du comité local du Noël du pauvre pour les propos tenus par le maire Gauthier et pour les événements du 18 décembre.

La demande a été exaucée, en l'absence de Jean-Claude Gauthier, lors d'une séance extraordinaire tenue le 18 janvier 2016. Le maire avait fait valoir son droit de veto pour s'opposer à cette résolution lors d'une séance du conseil présentée une semaine plus tôt.

Invité à donner sa version des faits, en février dernier, Jean-Claude Gauthier avait reconnu que la relation était difficile avec son ancien adversaire et que cela s'expliquait justement par l'élection de 2013. Il avait accusé Michel C. Cousineau de manque de respect envers la directrice générale lors de la rencontre du 18 décembre, une fausseté selon M. Cousineau.

Le maire avait refusé de commenter la bousculade présumée dans les pages du Nouvelliste. Mais le document de la Commission municipale contient un écrit de Jean-Claude Gauthier qui explique l'application de son veto.

Selon le maire, le veto a été utilisé, car le projet de résolution sur les excuses à présenter au Noël du pauvre n'avait pas été déposé au préalable à la directrice générale pour qu'elle puisse l'étudier et pour qu'il soit soumis à un vote au caucus des élus.

«Mon doigt sur la bedaine d'un homme d'un pied plus grand et 20 ans plus jeune fait-il de moi un agresseur? Cette accusation ne relève-t-elle pas plutôt d'un sentiment de malveillance, d'un acharnement à détruire la réputation d'un maire élu démocratiquement et d'un manque d'éthique flagrant?», écrit M. Gauthier, en ajoutant qu'on «ne s'adresse pas au magistrat municipal sur ce ton comminatoire».

La plainte en déontologie sera débattue les 22 et 23 novembre. D'ici là, Jean-Claude Gauthier préfère laisser le processus suivre son cours avant de discuter du dossier.

«J'aime mieux ne pas faire de commentaire. C'est délicat. On va attendre les événements», déclare le maire de Saint-Justin lorsque Le Nouvelliste l'a joint au bureau municipal, mardi.

La Commission municipale du Québec rend habituellement sa décision dans les 90 jours qui suivent la tenue de l'audience. Si la CMQ retient la plainte de Michel C. Cousineau, Jean-Claude Gauthier s'expose à différentes sanctions: réprimande, remboursement de toute rémunération pour la période durant laquelle le manquement a eu lieu et suspension dont la durée ne peut dépasser 90 jours.

Si un élu est suspendu, il n'a droit à aucune rémunération en lien avec sa fonction durant la durée de sa suspension.

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