Le presbytère de Maskinongé est vendu

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La vente du presbytère de Maskinongé devrait se conclure d'ici quelques jours.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Maskinongé) Réjean Clément est fier de son coup. Quelques mois après avoir mis en vente le presbytère de Maskinongé, le marguillier responsable de ce dossier à la fabrique locale confirme que la bâtisse a trouvé preneur. Une famille de Saint-Cuthbert déboursera 200 000 $ pour aménager le presbytère en maison intergénérationnelle.

Ce presbytère plus que centenaire a été mis sur le marché le 16 mars. Dans la dernière semaine du mois de mai, la fabrique acceptait l'offre d'achat de cette famille qui met la main sur le presbytère, le garage et un lot de terrain.

«Le notaire est en train de préparer le contrat. Après, le contrat s'en va à l'évêché pour approbation. Quand on reçoit l'approbation de l'évêché, le contrat retourne chez le notaire et il sera signé par les acheteurs et moi», déclare M. Clément, qui s'attend à signer le document dans les prochains jours.

À l'origine, la fabrique demandait 180 000 $ pour le presbytère et un lot de terrain. Le garage était exclu de la vente à ce moment.

La mise en vente du presbytère avait suscité beaucoup d'intérêt. Quatre couples étaient considérés comme étant sérieux. Trois offres d'achat écrites ont été déposées. Celle de cette famille de Saint-Cuthbert a été retenue par la fabrique, séduite par le montant proposé et par la volonté des propriétaires de redonner de l'éclat à la bâtisse.

«On voulait garder le patrimoine de la bâtisse et c'est ce qui sera fait. C'est la quatrième vieille maison que cette famille embellit. Ils ne changent pas grand-chose, ils achètent des maisons avec lesquelles ils tombent en amour pour leur redonner leur beauté d'antan. Le cachet de la bâtisse va rester tel quel, à l'extérieur comme à l'intérieur. Pour le conseil de fabrique, c'est important, car c'est nos oeuvres, nos racines», raconte M. Clément, en soulignant que personne n'a offert plus d'argent.

Ce couple, sa fille, son gendre et ses trois petites-filles vont vivre dans cette maison. Tout le monde va préserver la grotte de la Sainte-Vierge et les répliques miniaturisées de l'ancienne église et de l'ancien presbytère de Maskinongé, toutes situées sur le terrain des nouveaux propriétaires.

Même la passerelle reliant le presbytère à l'église sera conservée. Elle sera déplacée sur le terrain des résidents pour être transformée en remise.

Les acheteurs du presbytère ont aussi profité de la présence d'antiquités dans la maison pour en acquérir. Ils ont déboursé 6000 $ supplémentaires dans l'achat de biens, dont l'immense table de noyer et ses 12 chaises.

La fabrique a aussi liquidé d'autres articles, notamment lors de la vente de garage de la municipalité. Quelque 2000 $ ont été amassés par la vente d'ustensiles, de vaisselle, de la cuisinière, etc.

L'officialisation imminente de la vente du presbytère vient mettre un terme à un dossier lancé en 2014. L'idée de vendre le presbytère avait suscité certaines réactions négatives au sein de la communauté. Des citoyens ont fondé un comité de sauvegarde du patrimoine qui a organisé des activités de financement pour soutenir la fabrique dans le but de conserver le presbytère. Le comité avait même élaboré un plan de transformation des lieux en maison communautaire offrant différents services à la population, un projet qui a avorté devant l'incapacité du comité d'acheter ou de louer le presbytère selon les modalités exigées par la fabrique.

«Je suis très heureux de la transaction. Dire qu'on a déjà eu une offre à une piastre d'un citoyen de Maskinongé qui voulait démolir le presbytère. On a eu une autre offre, à 35 000 $, d'une personne qui voulait acheter le presbytère pour le transformer en résidence pour aînés. On a eu des offres ridicules. Mais on a tenu notre bout. On savait que ça valait de l'argent. Je me suis organisé pour que ça fonctionne et ça a fonctionné», plaide M. Clément, bien conscient qu'une telle décision ne peut plaire à tout le monde.

En comptabilisant le fruit de toutes ces ventes, moins les différents frais associés à l'exercice, la fabrique se retrouve avec un profit d'un peu moins de 200 000 $. Cette somme va donner de l'air aux finances de la fabrique qui affichent un déficit accumulé de plusieurs dizaines de milliers de dollars. Uniquement en 2015, le déficit tourne autour de 15 000 $. Lorsque l'idée de vendre le presbytère a été évoquée en 2014, le déficit accumulé en quatre ans était de près de 70 000 $.

«Il y a moins de monde à la messe, on a moins de revenus de la dîme. Cet argent permettra un entretien régulier de l'église. Elle est en bon état, mais si on a besoin de faire réparer les cloches, l'orgue, la toiture, on sera capable de le faire pour cinq ans, huit ans ou 10 ans de plus», estime le marguillier.

Malgré l'importance du gain net, la fabrique ne se retrouve pas à gérer un million de dollars, précise Réjean Clément. Voilà pourquoi la fabrique continue d'avoir besoin de la contribution des fidèles pour maintenir les finances de la paroisse à flot.

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