Saint-Boniface: le vendredi de la discorde

Le maire de Saint-Boniface, Claude Caron.... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le maire de Saint-Boniface, Claude Caron.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Boniface) Sans contrat de travail depuis le 1er janvier 2014, la majorité des treize syndiqués de la Municipalité de Saint-Boniface se sont présentés à la séance publique régulière du conseil, lundi soir, afin d'interpeller les élus au sujet des négociations qui s'éternisent pour le renouvellement de leur convention collective.

Le coeur du litige porte sur la volonté de la Municipalité d'ouvrir ses bureaux le vendredi, ce qui provoquerait un changement dans l'horaire de travail de certains employés.

Actuellement, tous les membres de l'unité travaillent du lundi au jeudi. L'employeur souhaiterait créer un nouvel horaire pour certains d'entre eux, qui devraient se présenter à leur poste du mardi au vendredi. Une demande qui ne répond à aucun besoin, dénonce Céline Lemay, présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la Municipalité de Saint-Boniface (CSN).

«Nous n'avons pas assez de personnel pour faire ça, autant au secrétariat que chez les cols bleus», commente-t-elle. «Nous sommes fermés le vendredi depuis 1998 et on n'a aucune plainte là-dessus. C'est une demande à la suite d'une promesse électorale, par jalousie ou je ne sais quoi. C'est de l'entêtement !»

«Nous avons proposé un horaire flexible et on y tient mordicus», réplique le maire, Claude Caron.

Les deux parties s'accusent mutuellement d'avoir changé souvent de porte-parole à la table de négociations depuis près de deux ans et demi. Une quinzaine de rencontres ont été organisées jusqu'ici, sans succès. Le syndicat a demandé l'aide d'un conciliateur dans ce dossier et une nouvelle séance est prévue le 20 juin.

Salaires

M. Caron remet en doute le calcul syndical sur les augmentations de salaires. Dans un tract distribué en fin de semaine dernière à Saint-Boniface, le comité de négociation estime à 1,32 % par année pendant cinq ans la hausse proposée. Les employés réclament 3 %.

«Ça fait neuf offres que nous déposons et ils n'ont fait qu'une seule contre-offre», déplore le maire. «Notre dernière offre finale révisée a été refusée en assemblée. Je peux vous dire qu'on n'est pas à 1,32 % par année ; on est à près de 2 %. Je ne serais pas gêné d'étaler dans les journaux les offres que nous avons faites. La population serait derrière nous.»

En tout cas, les syndiqués ont clairement signifié leur appréciation le 11 mai, en assemblée générale : un rejet à 100 % lors d'un scrutin secret. Les membres ont également accordé à leur comité de négociation le mandat de déclencher une grève de 72 heures au moment jugé opportun.

Depuis quelques semaines, les syndiqués portent chandails, macarons et arborent des fanions sur leurs voitures en guise de moyen de pression.

Lors de la période de questions lundi soir, les employés ont reçu quelques appuis. Chantal Lapolice, conjointe d'un syndiqué touché, a livré un vibrant témoignage sur les impacts de cette interminable négociation. 

Les familles de Saint-Boniface devront payer des dizaines de milliers de dollars en frais d'avocats, déplore-t-elle, en dénonçant le «manque de respect» et «l'arrogance» de la Municipalité envers ses employés.

«Vous passez votre mandat complet à négocier», fait-elle remarquer. «Je trouve ça inhumain de votre part.»

Raymond Deschênes se demande aussi à combien s'élèveront ces frais d'avocats pour régler ce contrat de travail. Le maire assure que ce renseignement pourra être rendu public après l'entente.

Quant à Côme Garceau, ses recherches lui ont appris que trois cadres de la Municipalité avaient obtenu des bonis de plus de 30 000 $ depuis sept ans. Il calcule que la hausse salariale proposée représenterait un gain d'un peu plus de 3000 $ sur cinq ans pour la syndiquée la mieux payée actuellement.

Questionné par Mme Lapolice, le conseiller Louis Lemay a précisé que les élus ont obtenu une hausse de salaire annuelle équivalant à l'indice des prix à la consommation depuis le début de leur mandat, sauf en 2015 où le conseil municipal s'était voté une augmentation de 5,36 %.

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