Prolongement d'égout à Louiseville: une demande déposée à Plante

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Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, a consenti à ce que Louiseville effectue une demande pour le prolongement du réseau d'égout de l'avenue Royale, mais a ajouté que s'il n'y a pas de subvention, le projet sera abandonné.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) Le conseil de Louiseville va finalement déposer une demande officielle de subvention au député Marc H. Plante dans le but de prolonger le réseau d'égout sur l'avenue Royale.

Les périodes de questions de la séance du conseil de lundi ont été presque monopolisées par ce projet, séance marquée par le départ soudain de la conseillère Françoise Hogue Plante, la mère du député de Maskinongé qui a discuté du dossier avec le conseil. De nombreux citoyens ont pris la parole, critiquant le fait que les élus abandonnent le projet, faute de subventions disponibles.

Paul Beaulieu est un citoyen du secteur. Il a demandé au conseil de revoir sa position, étayant sa requête d'une liste d'exemples de municipalités ayant obtenu des subventions même si elles ne respectaient pas certains critères d'admissibilité. Il a aussi proposé de fouiller vraiment dans toutes les sources de financement possible (gouvernement provincial et fédéral, fonds de la Route verte, programme de remboursement de la taxe d'accise sur l'essence) pour payer ce projet estimé à plus de trois millions de dollars.

«Il faut une volonté politique et revoir certaines priorités d'investissements», a dit calmement, mais fermement, M. Beaulieu.

Selon le maire Yvon Deshaies, la position de Louiseville s'appuie sur une réelle absence de subventions pour ce genre de projet, le secteur visé de l'avenue Royale étant à l'extérieur du périmètre urbain. Il semble qu'aucune subvention ne soit disponible, sauf un programme qui accorde un appui à un secteur s'il est prouvé par une étude d'ingénieurs que plus de 50 % des propriétés sont incapables de loger une installation septique standard. Le hic, c'est que l'étude coûte 50 000 $ et la Ville n'est pas intéressée à payer cette somme, car rien ne garantit qu'elle se conformera aux critères d'exception.

«Nos officiers municipaux ont bien travaillé. Il y a environ 70 maisons dans ce secteur. Selon nos experts, il y aurait seulement une dizaine de maisons qui seraient trop serrées en espace pour une fosse septique», commente Yvon Deshaies.

Certains citoyens reprochaient au conseil un certain empressement à classer ce dossier dans la catégorie des projets non réalisables. Le maire Deshaies avance que Louiseville ne peut laisser traîner le dossier des eaux usées, car elle est talonnée par le ministère de l'Environnement à propos des fosses septiques. De plus, Yvon Deshaies soutient que les montants avancés tant pour le prolongement que pour l'étude d'ingénieurs sont justes. Le dépôt de la demande de financement au député Plante semble la seule nouvelle démarche que Louiseville fera.

«On ne rouvre pas le dossier de A à Z. S'il n'y a pas de subvention, on n'y va pas.»

Joint à Québec mardi matin, Marc H. Plante confirme ne pas avoir reçu de demande officielle de subvention de la part de Louiseville pour le prolongement de l'égout public dans ce secteur.

«La Ville a sûrement fait des vérifications à savoir si elle est admissible aux programmes traditionnels. Un fonctionnaire a dû dire à la Ville qu'elle n'était pas admissible. Par contre, est-ce qu'il existe d'autres alternatives? Oui, mais ça prend des données techniques pour appuyer une demande. Si je reçois une demande officielle qui correspond aux critères exceptionnels d'un programme d'aide du gouvernement, je vais le défendre avec détermination, car c'est mon travail. Mais ça prend l'étude qui prouve que le projet répond aux critères exceptionnels.»

Françoise Hogue Plante, conseillère municipale de Louiseville, est... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Françoise Hogue Plante, conseillère municipale de Louiseville, est la mère du député de Maskinongé, Marc H. Plante.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

«Il faut aider nos citoyens»

Selon Françoise Hogue Plante, le conseil de Louiseville devrait acquiescer à la demande des citoyens de l'avenue Royale de reconsidérer sa position face au projet de prolongement de l'égout sur l'avenue Royale.

La conseillère de Louiseville a attiré l'attention lundi soir, quittant son siège avant la fin de l'assemblée, visiblement excédée par tout ce qu'elle entendait. Sa sortie précipitée a d'ailleurs fait jaser parmi des élus à la fin de la séance.

Contrairement à ce qui semblait transpirer du reste du conseil, Mme Hogue Plante croit que l'idée apportée notamment par Paul Beaulieu mérite que les élus y réfléchissent.

«On ne peut pas faire un dossier comme celui-là en deux mois, ce n'est pas vrai. Je n'en veux pas à personne au conseil, mais M. Beaulieu a raison. Ça vaut la peine de regarder davantage. Il faut regarder de tous les côtés. Si c'est infaisable, on pourra dire qu'on aura tout fait. On ne peut pas dire qu'on a tout fait.»

Les échanges de lundi soir ont abordé plusieurs fois les discussions menées entre le député Marc H. Plante et le conseil. Françoise Hogue Plante n'a vraisemblablement pas apprécié que le maire Deshaies affirme avoir fait une demande à Marc H. Plante quand rien n'a été déposé de façon formelle.

«Je n'ai pas senti une critique contre Marc. Mais on n'a pas demandé quoi que ce soit par écrit. C'est ça qui est différent. Selon moi, une demande, ça passe par un document écrit et il n'y en pas. C'est juste du verbal.»

Prendre le temps nécessaire de discuter avec les citoyens, regarder ce qui peut être fait comme demande de subvention aux différents paliers de gouvernement et ajuster sa requête en fonction des exigences devraient composer la stratégie à adopter par le conseil, estime Mme Hogue Plante. La Ville devrait aussi magasiner un peu plus ses contrats professionnels afin de diminuer les coûts des travaux et aussi de l'étude exigée pour vérifier si Louiseville peut se qualifier pour des critères d'exception.

«L'étude d'ingénieurs, à 50 000 $, est-on certain des coûts? Je marchanderais ce montant-là. Il y a moyen de se faire faire des prix. Shawinigan a réussi à faire baisser le prix quatre fois pour le projet au lac à la Tortue. Ça vaut la peine, des fois. Ça prend une volonté politique de pousser le dossier au bout. J'ai la volonté et je veux accompagner ces gens-là.»

Le projet de Shawinigan, évalué à 55,1 millions de dollars en 2012, a diminué à 40,2 millions. La raison principale de cette baisse est que le réseau d'égout est moins étendu que les plans d'origine.

Quelque 66 % des coûts sont couverts par des subventions gouvernementales.

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