«Je m'en fous», clame Robert Lalonde

Robert Lalonde est le préfet de la MRC... (Stéphane Lessard)

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Robert Lalonde est le préfet de la MRC de Maskinongé.

Stéphane Lessard

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) La redondance du discours tenu par le Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé concernant son opposition au projet d'oléoduc a notamment incité Robert Lalonde à mettre fin abruptement à une courte période de questions lors de la dernière séance du conseil des maires.

Mais certains commentaires formulés par un citoyen à propos de la direction de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie a aussi contribué à la décision du préfet.

Ce comité se fait tenace depuis le mois de mai, profitant de chaque rencontre des maires afin de rappeler sa vive objection au projet. Mercredi soir, la réunion des maires de la MRC a une fois de plus ramené des contestataires à ce projet hautement controversé. Quelque 30 personnes étaient sur place, talonnant le conseil en lui redemandant de revoir sa position concernant la volonté de TransCanada de construire un oléoduc qui passerait par de nombreuses municipalités du coin.

La période de questions a commencé dans le calme, avec le dépôt d'une pétition de la part du comité. Selon lui, plus de 1000 personnes ont apposé leur signature à ce document qui souligne la non-acceptabilité sociale du projet.

Un premier intervenant, Serge Lévesque, a suivi au micro. Il a demandé au conseil des maires s'il ne sentait pas que le mouvement d'opposition faisait «tache d'huile».La réponse du préfet a été claire.

«On va probablement tenir notre résolution. Ça fait sept mois que vous posez la même question.»

Guy Provost a demandé au conseil des maires s'il imiterait Saint-Étienne-des-Grès en prenant une injonction contre la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie concernant la hauteur des cellules d'enfouissement. Le préfet a rappelé à ce citoyen de Saint-Étienne que la MRC ne pouvait déposer une injonction contre la Régie, car elle fait partie des propriétaires de cet organisme, au même titre que les autres MRC.

Après que M. Provost eut laissé entendre que le président, René Goyette, semble en mener large à la Régie, un homme s'est avancé au micro en disant au préfet qu'il avait une question pour lui. Sa tentative a été interrompue sur-le-champ par le préfet.

«Je m'en fous», a clamé M. Lalonde. «Je ne veux pas écouter la question, ça fait sept mois que vous venez ici», a ajouté le préfet, mettant aussitôt un terme à une période de questions ayant duré moins de 10 minutes.

Contre les insinuations

Robert Lalonde est revenu sur le sujet lorsqu'interrogé par Le Nouvelliste, jeudi matin. Selon le préfet, les commentaires émis par M. Provost à l'égard de René Goyette lui ont franchement déplu.

«En finissant l'échange, ce citoyen (M. Provost) a fait des allusions. Je ne veux pas qu'on insinue des choses et je n'ai pas apprécié du tout. Je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a dit. C'est ça qui m'a choqué.»

Pour M. Lalonde, il était clair que la période de questions prenait fin illico. D'autant plus que le message d'opposition est répété sans arrêt.

«Le comité dit toujours la même chose. C'est redondant. Il a beau rajouter que (Barack) Obama est contre le projet de Keystone, nous avons une résolution adoptée en août et je me fie là-dessus. Une résolution, ça se change, mais ce n'est pas eux (les opposants) qui vont nous dicter quoi changer. Ce sont les événements qui viendront du gouvernement fédéral et du gouvernement provincial.»

Guy Provost ne nie pas avoir parlé de René Goyette à la fin de son intervention avec le préfet. Mais il accepte difficilement la réponse de Robert Lalonde.

«J'ai dit que M. Goyette contrôle tout, qu'il fait ce qu'il veut. Et c'est vrai, car il a le poids démographique qui joue pour lui, il est conseiller à Trois-Rivières. Une petite municipalité comme

Saint-Étienne a beau faire des règlements, le président de la Régie ne les respecte pas. Et ce qui m'a frustré est de voir que le préfet n'appuie pas Saint-Étienne. À la lumière de ce qu'il a dit, il devrait démissionner, car il ne remplit pas son rôle de protéger les citoyens de Saint-Étienne.»

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