Festival de la galette de sarrasin de Louiseville

Une bénédiction sous garde militaire

Les marcheurs de l'entre Sambre et Meuse de... (Photo: Olivier Croteau)

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Les marcheurs de l'entre Sambre et Meuse de Wallonie, dit marcheurs de Napoléon, ont assuré la sécurité lors de la bénédiction du sarrasin nouveau, samedi.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Louiseville) Il est arrivé, le sarrasin nouveau. Devant l'hôtel de ville de Louiseville, samedi. Et sous haute surveillance armée, s'il-vous-plaît, car à Louiseville, particulièrement durant le Festival de la galette de sarrasin, on ne badine pas avec la sécurité.

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Après 15 ans à la présidence du Festival de la galette de sarrasin de Louiseville, Yvon Picotte tire sa révérence.

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À quelques mètres de l'estrade d'honneur, samedi, où prenaient place la ministre du Tourisme du Québec, Dominique Vien, le député de Maskinongé, Marc H. Plante, la députée sortante Ruth Ellen Brosseau, le maire Yvon Deshaies, la reine Cindy première et ses duchesses, le président du Festival, Yvon Picotte, un véhicule de la Sûreté du Québec, bien visible. Mais qui plus est, trente-cinq hommes et femmes en arme, serrés en rang d'oignon et vêtus de leur uniforme militaire, plus visibles encore. Entre leurs mains, des haches, des sabres, des épées et des mousquets...de bois.

En fait, pour cette 37e édition du Festival de la galette de sarrasin de Louiseville (FGSL), les marcheurs de l'entre Sambre et Meuse de Wallonie, dit marcheurs de Napoléon, sont venus spécifiquement de Belgique pour assurer la sécurité lors de la bénédiction du sarrasin nouveau. Une parade toute en musique, tambours battants et picolo, chapeaux du 19e siècle, rappelant les années passées pas si lointaines où le folklore prenait davantage de place sur l'avenue Saint-Laurent de Louiseville.

Samedi, ils étaient nombreux à porter le costume d'époque, lors de l'inauguration officielle du Festival qui égrainera ses activités jusqu'au 11 octobre. Plus de 400 000 «présences» - et non pas visiteurs - selon le président sortant Yvon Picotte, profiteront de l'ambiance festive, des galettes et de la bière à base de sarrasin, sous la vigilance, réelle celle-là, des bénévoles et des pompiers chargés de la sécurité. Une présence discrète, somme toute, rien pour couper l'appétit des Louisevillois qui, samedi, ont profité des premières crêpes distribuées gratuitement pour l'occasion.

2015, année des retrouvailles avec la mère patrie, la France. La présente édition aura permis de retisser des liens perdus avec la communauté française de Soissons (région de la Picardie), qui avait mandaté une délégation de sept personnes, également costumées, et portant fièrement la bannière des compagnons des haricots de Soissons.

«Nous avons renoué officiellement cette année avec Soissons», relate le maire Yvon Deshaies, également coiffé du chapeau de président d'honneur du FGSL. «En 1982, avant que la ville soit fusionnée, nous avons eu un échange avec Soissons, un jumelage. Après la fusion, ils sont venus ici un petit peu, mais les deux partis ont délaissé un peu l'autre, aussi bien de notre côté qu'eux autres. Cette année, pour le 350e de Louiseville, on s'est dit qu'il fallait renouer avec Soissons.»

Les Soisonnais, donc, comme les autres festivaliers attendus, pourront profiter d'une programmation variée qui va bien au-delà du sarrasin (parenthèse pour confondre les septiques, notons d'emblée que le sarrasin n'est pas une céréale mais bien une plante à fleur dont le fruit contient une amande). Une programmation si bien variée, en fait, que certains membres de la Confrérie du sarrasin, qui chapeaute le Festival depuis ses débuts, déplorent entre les branches la disparition lente de l'aspect folklorique de l'événement, folklore qui fond comme peau de chagrin au profit de la musique populaire, country, voire rock'n roll.

«Depuis quelques années, le Festival a pris d'autres orientations. Un chose que je déplore, c'est que l'organisation a délaissé un peu le folklore. Avant, c'était un festival à cachet folklorique. Anciennement, c'était important de porter un costume d'époque, il y avait des chansons à répondre. Disons qu'aujourd'hui, on a délaissé un peu le folklore», mentionne un membre de la Confrérie, président du Festival durant de nombreuses années et qui préfère garder l'anonymat. «En perdant le folklore, on a perdu l'essence même de l'organisation du Festival», ajoute-t-il.

«Ça en prend un peu pour tout le monde. Les jeunes étaient un peu laissés pour compte», renchérit le producteur de sarrasin Alain Ricard.

Une relève vieillissante

Yvon Picotte préside le FGSL depuis quinze ans. Cette année, il tire sa révérence et laissera à d'autres le soin d'organiser la 40e édition qui avance à grands pas. M. Picotte passe le flambeau, non sans une pointe d'inquiétude pour la relève de demain. Festival d'envergure mais au budget modeste (environ 360 000$), il faut beaucoup d'huile de bras et de bénévoles pour garantir la pérennité de cet événement. Et la jeunesse, de l'avis de M. Picotte, tiraillée entre boulot, famille et autres obligations, n'a tout simplement pas de place dans son calendrier quotidien pour donner du temps au profit de la galette.

«J'ai confiance en la relève, mais il faudra toujours des gens qui ont de la disponibilité», remarque M. Picotte. «Moi, dans une année, je n'ai jamais mis en bas de 6 à 10 heures par semaine pour le Festival. On ne peut pas se payer une permanence à plein temps. L'hiver, qui va ramasser le courrier, qui va déneiger l'entrée? C'est ça que je trouve difficile.»

«Ça va prendre toujours quelqu'un qui a du temps à donner et, malheureusement, ce que je constate, c'est que les plus jeunes, ce sont plus des consommateurs de spectacle que ce sont des gens qui s'impliquent.»

Sécurité sur le site

Enfin, le président se réjouit, cette année, d'avoir augmenté le nombre de bénévoles et de pompiers mandatés à la sécurité sur le site des festivités. Malgré 30 à 35 000 personnes dans les rues au cours de la fin de semaine, à aucun moment l'organisation n'a dû faire appel à la Sûreté du Québec. Tout au plus, vendredi soir, un individu en état d'ébriété a-t-il tenté de mettre le feu à une pancarte électorale. «Il a décidé de voter de cette façon-là», blague M. Picotte en guise

de conclusion.

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