Projet d'oléoduc: la MRC de Maskinongé ne s'oppose pas

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(LOUISEVILLE) Après avoir étudié le dossier du projet d'oléoduc Énergie Est, les maires de la MRC de Maskinongé décident finalement de ne pas s'opposer à sa réalisation tant qu'il respecte une série de conditions.

Le conseil des maires vient d'adopter à l'unanimité une résolution qui insistera «auprès des responsables provinciaux et fédéraux concernés pour que l'installation de l'oléoduc, s'il y a lieu, se fasse avec toutes les précautions requises et sous la surveillance constante d'experts indépendants ayant le pouvoir de stopper les travaux».

La résolution demande la mise en place de contrôles rigoureux et constants, de même que la production d'un rapport annuel sur l'état des installations éventuelles. La MRC désire aussi un rehaussement des redevances versées aux municipalités pour les servitudes de passage afin de permettre à ces dernières d'investir plus dans le domaine de l'hygiène du milieu.

«Le procédé d'un oléoduc semble présenter moins de risques que le transport ferroviaire, que le transport routier et le transport maritime. On a des chemins de fer, deux autoroutes et le fleuve, c'est chez nous. Le moindre des maux est le passage sous terre», commente le préfet Robert Lalonde.

Le sujet a causé de multiples discussions au cours des dernières séances publiques du conseil des maires de la MRC. Plusieurs représentants du Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé ont assisté à ces séances et le comité a exprimé le souhait que la MRC ne donne pas son aval à ce projet tant qu'elle n'aurait pas mené une étude des risques.

«La MRC partage les préoccupations de citoyens, déclare M. Lalonde. De toute façon, c'est un dossier fédéral. Ils n'ont pas besoin de nous demander notre avis. Mais il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Il faut attendre que le bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) donne son aval. Et si l'Ontario décide que ça ne passe pas, je n'ai plus rien à dire. Avant de dire: «Pas dans ma cour», attendons de voir s'il y aura un oléoduc.»

À la demande du Comité vigilance hydrocarbures, Robert Lalonde va rencontrer trois membres dudit comité la semaine prochaine. Le préfet en profitera pour expliquer davantage la position de la MRC. Mais le comité a un autre objectif en tête, soit d'inciter la MRC à changer son fusil d'épaule.

«On est contre la résolution, car elle ouvre la porte à l'oléoduc. La MRC laisse au BAPE le soin de refuser le projet. Mais la longueur du pipeline dans la MRC est de 59 kilomètres et ça représente 103 millions de dollars de valeur foncière ajoutée. Les municipalités vont retirer de l'argent avec ça. Je pense que l'argent est plus important que la sécurité», lance Guy Provost, un résident de Saint-Étienne-des-Grès membre du comité.

Selon M. Provost, le préfet Lalonde doit savoir certaines choses dans ce dossier, notamment le contenu de publicités achetées par Énergie Est dans des quotidiens qui font état de la disponibilité, en français, de certains documents dans des lieux publics.

«Ces documents ne sont pas disponibles, alors qu'Énergie Est dit que c'est le cas dans trois publicités, affirme M. Provost. Cela me fait douter de la qualité de son oléoduc. De plus, des maires ont dit à certains de nos membres qu'ils sont contre le projet, mais ils ont voté pour à la MRC.»

Selon Guy Provost, le Comité vigilance hydrocarbures sera très bien représenté lors de la séance du mois de septembre du conseil des maires de la MRC de Maskinongé.

martin.lafreniere@lenouvelliste.qc.ca

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