Une formation d'abattage d'arbres pour réduire les risques

Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus, veut que... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus, veut que ses citoyens soient sensibilisés aux précautions à prendre pour abattre un arbre.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) Bouleversé par les tragédies en forêt qui ont ébranlé la région depuis le début de l'année, le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus, a approché la Commission scolaire de l'Énergie pour permettre à ses citoyens de suivre un cours sur l'abattage d'arbres. Une initiative qui répondait visiblement à un besoin, puisqu'une vingtaine de personnes se sont inscrites à cette formation qui se déroulera les 9 et 10 mai, sur une propriété privée.

M. McManus a été particulièrement touché par la mort du cardiologue Luc Bilodeau, le 31 janvier. L'homme de 53 ans est décédé en abattant un arbre sur sa terre à bois, près du lac en Croix à Saint-Mathieu-du-Parc. Lors de la même fin de semaine, un autre homme a perdu la vie dans des circonstances similaires à Saint-Rosaire, près de Victoriaville.

Finalement, le 19 février, le canotier Mathieu Saint-Pierre traversait le même drame sur une terre à bois au lac Souris, à Saint-Élie-de-Caxton. Un arbre lui est tombé dessus. Il a miraculeusement survécu à cette déveine, mais l'athlète de 27 ans a subi de graves blessures et il ne pourra vraisemblablement plus jamais utiliser ses jambes.

Cette série de malheurs a incité le maire de Saint-Mathieu-du-Parc à réfléchir sur les façons de réduire les risques que ces invraisemblances du destin se reproduisent. Ses démarches ont abouti à l'école forestière de La Tuque, pour qui il s'agira sans doute d'une première selon le directeur, Gilles Renaud.

«Ce n'est pas coutumier qu'une municipalité fasse une demande pour ses résidents», explique-t-il. «Ces formations se donnent pour les travailleurs. Pour des résidents, c'est la première fois que ça nous arrive depuis au moins 15 ans.»

Selon M. Renaud, cette formation a été créée par la Commission de la santé et de la sécurité au travail. «Elle est même rendue obligatoire pour tout travailleur qui abat un arbre, que ce soit en forêt, sur un terrain de golf, une station de ski ou une ligne d'arpentage», énumère M. Renaud. «Nous offrons cette formation à n'importe quelle personne qui utilise une scie à chaîne.»

«L'abattage d'arbres ne se fait pas toujours selon les règles de l'art», observe M. McManus. «Quand l'encoche n'est pas bien faite, l'arbre risque de tomber droit sur la personne.»

«À Saint-Mathieu-du-Parc, nous observons l'arrivée de plusieurs nouveaux propriétaires dans nos secteurs de villégiatures», poursuit M. McManus. «Des baby boomers arrivent ici en souhaitant profiter de leur retraite. Ils vont dans le bois avec leur scie à chaîne même s'ils n'ont jamais utilisé ça de leur vie!»

Deux professionnels offriront cette formation, qui durera un total de 16 heures les 9 et 10 mai. Les participants obtiendront alors une attestation de participation à ce cours pour abattage d'arbres.

Cette formation se déroulera sur les terres d'un propriétaire de terres à bois, Luc Champagne. Les participants doivent prévoir environ 120 $ pour l'inscription et la Municipalité défraiera le coût du manuel de formation, d'une valeur d'une vingtaine de dollars l'unité.

«Je sais que de plus en plus de gens veulent se reconnecter à la terre, mais il y a aussi des dangers», souligne M. McManus. «Je pense que le premier conseil qu'on doit donner aux gens, c'est de ne pas aller seul dans le bois.»

M. Renaud croit aussi que ces manoeuvres sont largement sous-estimées par les novices.

«Abattre un arbre comporte une série de dangers qui ne sont pas toujours prévisibles», fait-il remarquer. «Les personnes qui font ça pendant leurs loisirs ou leurs temps libres n'ont pas toute cette formation et c'est chez ces personnes qu'on déplore le plus d'accidents.»

Difficile d'avancer si d'autres municipalités suivront l'exemple de Saint-Mathieu-du-Parc, mais le directeur de l'école forestière de La Tuque les encourage à le faire.

«Ce serait souhaitable, c'est certain», conclut-il. «Quand on pense au nombre de personnes qui utilisent une scie à chaîne dans tous les contextes possibles, c'est incroyable. Cette formation ne s'adresse pas qu'aux forestiers.»

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