Fermeture de l'église de Sainte-Angèle: un choc pour la communauté

Lucie Lambert et son «amoureux» Léo Bourassa ont... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Lucie Lambert et son «amoureux» Léo Bourassa ont été très émus d'apprendre que leur église fermera ses portes sous peu.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Sainte-Angèle-de-Prémont) Comme si on lui avait retiré de la poitrine le coeur battant du village où elle est née, où elle a grandi et où elle compte terminer ses jours. Voilà comment Lucie Lambert, 94 ans, résume la fermeture annoncée de l'église de Sainte-Angèle-de-Prémont qui se dresse en face de sa demeure.

Les yeux mouillés par l'émotion lorsqu'elle regarde la croix lumineuse à travers la fenêtre de son salon, plus jamais Mme Lambert ne pourra dire aux amis qui lui rendent visite et qui s'informent de son adresse civique: «J'habite en face de l'église.» Celle qui a été marguillier pendant près d'un quart de siècle devra se déplacer quelques kilomètres plus loin, à Saint-Édouard-de-Maskinongé, pour vivre sa foi en communauté.

«Même si c'est un peu plus loin que Saint-Paulin, le curé nous a demandé d'aller assister à la messe à Saint-Édouard parce que là aussi, l'église est presque vide et qu'elle risque de fermer. Saint-Édouard, c'est une petite église. Lorsqu'ils sortent un corps, ils ne sont pas capables de marcher de chaque côté», signale Mme Lambert.

«Une chance que j'ai une auto», renchérit son «amoureux», Léo Bourassa, en ajoutant du même souffle que les quatorze paroissiens qui fréquentaient l'église de Sainte-Angèle-de-Prémont dynamiseront le lieu de culte de Saint-Édouard.

Ce dernier partage la tristesse de sa dulcinée. «C'est dur pour nous autres, c'est sûr. On va devoir aller en dehors du village. Nous sommes catholiques au boutte. À notre âge, changer d'un coup sec de même, ça va faire mal un peu c'est sûr.»

Non seulement le «jeune» couple sera-t-il contraint de voyager, beau temps, mauvais temps, pour vivre sa foi catholique en groupe, mais qui plus est, pour eux, c'est un véritable point de repère qui disparaît avec cette fermeture. «C'est un gros choc pour moi», avoue Mme Lambert. «J'ai été marguillier l'année où l'église a été construite. J'étais bien contente de voir qu'on construisait une église en face de chez nous. J'ai toujours été catholique et j'ai toujours été à la messe. Pour moi, l'église, c'est le maître du village.»

Pour M. Bourassa, chevalier de Colomb quatrième degré, l'église incarne bien davantage qu'un lieu de culte. Il craint que sa fermeture sonne le glas de tout le village qui compte 639 habitants. Du moins, un chapitre important vient d'être tourné. À son avis, cette fermeture est également à l'image de la religion catholique aujourd'hui, un espace déserté par les jeunes générations et qui ne parvient plus à jouer son rôle social.

«C'est garanti que la fermeture de l'église va faire quelque chose au village», conclut Lucie Lambert.

Au cours des prochains mois, la petite bâtisse dressée au pied des Laurentides et construite en 1992 pourrait être vidée de ses articles religieux et transformée en salle communautaire à la charge de la Municipalité. Le cimetière paroissial, lui, sera toujours géré par les membres de la fabrique.

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