Des citoyens se défoulent au conseil

Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude Mayrand, entend des... (Photo: Émilie O'Connor)

Agrandir

Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude Mayrand, entend des plaintes au sujet de la RGMRM pour la vidange des fosses septiques à chaque année.

Photo: Émilie O'Connor

Partager

Sur le même thème

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) Plusieurs participants à la dernière assemblée publique régulière du conseil municipal de Saint-Mathieu-du-Parc réservaient une volée de bois vert pour la Régie de gestion de matières résiduelles de la Mauricie, dont le service pour les vidanges de fosses septiques soulève le mécontentement depuis plusieurs années.

Confusion sur le moment du rendez-vous ou sur l'accès aux installations, frais abusifs, de nombreuses doléances ont été exprimées par des citoyens visiblement à bout de patience. Du côté des élus, le maire Claude Mayrand et le conseiller Claude McManus approuvaient les affirmations qui étaient lancées.

«À chaque année, c'est la même chose», déplore M. Mayrand. «J'ai de la misère à comprendre. Le service laisse à désirer. Il y a une grosse place à l'amélioration.»

On dénombre environ 1300 fosses septiques à Saint-Mathieu-du-Parc. Chaque année, la RGMRM procède à la vidange de 300 à 350 d'entre elles.

L'an dernier, le conseil municipal a sérieusement étudié la possibilité de se retirer de la régie. D'autres options ont été analysées, mais la Municipalité aurait dû assumer des frais de 88 000 $ pour son retrait, somme qui correspondait à sa part de la dette. Ce rappel amical a mis fin aux menaces.

Par contre, M. Mayrand reconnaît que certaines politiques de la RGMRM lui laissent un goût amer. Par exemple, il se questionne sur l'imposition systématique de frais de 50 $ pour déplacer un rendez-vous.

«Ça fait partie des choses archi-ridicules à la Régie», s'emporte-t-il. «Pourquoi exiger ce montant? Est-ce que ça occasionne tant de problèmes, alors que tout est informatisé? Ça n'a pas sa raison d'être.»

La RGMRM impose également des frais de 100 $ pour un «déplacement inutile». Souvent, ce cas implique qu'un employé s'est rendu sur place pour la vidange, mais que la fosse n'était pas dégagée de toute obstruction.

«Pour une raison quelconque, il y a une branche dans le chemin par exemple, le gars vire de bord pour ne pas briser son camion», illustre le maire. «C'est donc 100 $ pour un déplacement inutile, 50 $ pour un nouveau rendez-vous et 155 $ pour la vidange comme telle. On vient en ta...»

Pour les terrains plus difficiles d'accès, la RGMRM envoie un véhicule spécial, dont les frais s'élèvent à 350 $. Enfin, pour les fosses seulement accessibles par bateaux, les propriétaires doivent prévoir une facture de 500 $.

«Mais que voulez-vous qu'on fasse, ils ont le monopole!», soupire le maire. «Ils t'envoient promener. Si tu ne veux pas être vidangé, tu les appelles et ils ne vidangeront pas. C'est rendu là. Nous ne sommes pas satisfaits du tout.»

M. McManus ne nie pas que parfois, la Municipalité peut être responsable du contretemps. Dans ce cas, elle absorbe elle-même les frais supplémentaires. Selon lui, cette facture varie entre 1000 $ et 2000 $ par année.

«En 2012, nous avons eu une soixantaine de plaintes, sur des déplacements inutiles ou des changements de rendez-vous», précise-t-il. «Dans chaque cas, on vérifie si c'est la faute du propriétaire, de la Municipalité ou de la Régie. Quand on voit que ça n'a pas d'allure, on ne facture pas le citoyen. Par la suite, je contacte la Régie et je négocie avec eux.»

M. McManus reconnaît que certains irritants ont été éliminés au cours des dernières années. Mais il ajoute que les frais de 50 $ pour un changement de rendez-vous, «ça nous fatigue un peu». Il déplore que ces frais soient appliqués sans discernement.

«C'est une cause de frustration; parfois, on trouve ça exagéré», convient-il. «Ça ne demande pas nécessairement un mouvement administratif important.»

M. McManus reconnaît qu'il existe des «cas particuliers» à Saint-Mathieu-du-Parc. En terrain escarpé ou autour des lacs, l'accès peut devenir plus compliqué. «Nous avons tous les genres», admet-il. «Parfois, l'employé ne parvient même pas à trouver l'adresse!»

«Ça reste un phénomène marginal»

Le président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, Pierre Bouchard, ne cache pas que Saint-Mathieu-du-Parc représente un cas particulier dans la région.

«Ils ont des fosses complexes à bien des endroits», fait-il remarquer. «Tout ce que fait la Régie, c'est vider la fosse. Si elle n'est pas correcte, si elle est mal située, nous en faisons part à la Municipalité qui elle, met ça sur notre faute!»

M. Bouchard mentionne que les changements de rendez-vous ou les déplacements inutiles doivent être facturés aux fautifs, par souci d'équité.

«Sinon, c'est l'ensemble des citoyens de la Mauricie qui paient», fait-il remarquer.

Sylvie Gamache, conseillère en communication à la RGMRM, souligne que les camionneurs sont soumis à des parcours très stricts et s'ils rencontrent des difficultés qui les empêchent de faire leur travail, l'ordre des choses veut que des frais supplémentaires soient imposés.

«Quand le trajet est planifié pour dix installations septiques et que seulement sept sont faites, ça veut dire qu'il faudra retourner pour les trois autres à un autre moment. Ça n'a l'air de rien, mais ce sont des frais de gestion.»

Mme Gamache précise que l'organisme procède à la vidange d'environ 10 000 fosses septiques par année dans les 24 municipalités qui bénéficient de ce service. Bon an mal an, une moyenne de 300 déplacements inutiles sont observés. La proportion de changements de rendez-vous est environ deux fois moins importante, estime la porte-parole.

«Ça reste un phénomène marginal», fait-elle remarquer. «En plus, la tendance des déplacements inutiles est à la baisse.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer