Difficultés financières aux Jardins Latourelle

Les Jardns Latourelle ont ouvert leurs portes en... (Photo: Stéphane Lessard)

Agrandir

Les Jardns Latourelle ont ouvert leurs portes en 2010.

Photo: Stéphane Lessard

Partager

Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) Deux ans après son ouverture, la résidence les Jardins Latourelle éprouve de sérieuses difficultés financières. Sa situation précaire a entraîné sa mise sous séquestre par la Cour supérieure du Québec. Depuis le mois de juin, c'est un syndic qui en assure la gestion.

Le document du tribunal indique que la firme PriceWaterhouseCoopers a été nommée séquestre des Jardins Latourelle. Le tribunal lui confie le soin d'assurer la garde et l'administration de cette résidence.

Cette décision est jugée nécessaire de par le mauvais profil financier de la résidence. Le document mentionne entre autres que la compagnie qui gérait les lieux avait dû faire face à des problèmes comme des retards dans l'achèvement des travaux, ce qui a entraîné des dépassements de coûts, des difficultés découlant de l'embauche de personnel non qualifiée et un taux d'occupation inférieur aux prévisions.

Les dirigeants de l'organisme sans but lucratif ont bien tenté d'améliorer la situation en faisant une demande pour un prêt additionnel. Cette demande n'a pas eu les suites escomptées.

«On avait besoin d'argent, car on en devait au constructeur et on avait des petites dettes. Comme c'est le centre financier aux entreprises de Desjardins qui a le prêt pour les Jardins Latourelle, j'ai fait une demande à Desjardins et à la Société canadienne d'hypothèques et de logement pour augmenter de 50 000 $ le prêt initial. Desjardins et PriceWaterhouseCoopers (le syndic) exigeaient de choisir un gestionnaire en échange de la demande. Mais comme conseil d'administration, il ne nous restait plus grand-chose à décider. On a démissionné», raconte Doris Scott, la présidente du conseil d'administration de la Seigneurie de Maskinongé.

Le prêt de sept millions de dollars consenti en février 2010 par Desjardins aux Jardins Latourelle est garanti par la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Selon Mme Scott, c'est la SCHL qui a imposé cette décision.

«Avec quelques loyers de plus, on serait arrivé à l'équilibre budgétaire et à rembourser nos dettes. Ça fait deux ans que la résidence fonctionne et la SCHL devait penser qu'on aurait dû atteindre un certain niveau de fonctionnement. On s'en venait bien. On avait 29 logements loués à notre départ et on aurait eu besoin de quatre ou cinq de plus. C'est la SCHL qui a décidé, car localement, on a toujours eu une entente hors du commun avec Desjardins.»

Jacques Duranleau, directeur général de la Caisse Desjardins de l'ouest de la Mauricie, confirme que la demande a été refusée. Il ajoute cependant que Desjardins ne pouvait décider seule dans ce dossier, étant donné que la garantie du prêt est l'affaire de la SCHL.

«On a demandé une garantie gouvernementale. Si la garantie du prêteur n'est pas là, on ne peut pas accepter la demande. C'est la SCHL qui mène, elle a mis un séquestre en place. Le reste ne nous appartient pas. On va travaillé fort pour faire avancer le dossier dans la bonne direction. Et le conseil d'administration a fait ce qu'il a pu. Mais la SCHL a ses règles, elle a une façon de faire qui est appliquée partout au Canada. Elle ne voulait pas créer une exception. Chez nous, on croit toujours au projet. On aurait préféré que ce soit une direction locale et ça aurait pu fonctionner de façon locale. Mais les règles, c'est la SCHL.»

Doris Scott ajoute que l'OSBL profitait d'un congé de versement de capital de deux ans. Les fournisseurs ont été payés, soutient-elle. Pour ce qui est des différents partenaires financiers qui ont consenti des prêts, ceux-ci n'ont pas été remboursés.

Du côté de la SCHL, on se limite à dire que cette société est l'assureur de l'institution financière qui a accordé le prêt à la Seigneurie de Maskinongé et qu'elle entretient une relation d'affaires avec le prêteur et non avec l'emprunteur.

Une vente en 2013

Il ne faudrait pas se surprendre que la résidence les Jardins Latourelle soit mise en vente au cours de la prochaine année.

Dominic Picard, associé, conseils et transactions, chez PriceWaterhouseCoopers, rappelle que le mandat confié par la Cour supérieure du Québec est de prendre les mesures qui s'imposent pour sécuriser le créancier garanti, qui est la Caisse Desjardins de l'ouest de la Mauricie dans le cas présent. C'est ce qui a été fait depuis le mois de juin. Mais du même souffle, M. Picard ajoute que ce mandat devrait être temporaire.

«Nous ne sommes pas à l'étape de la vente. Mais ça va venir un jour ou l'autre. Ce n'est pas le rôle d'un séquestre d'opérer à long terme. Le dossier devrait se régler en 2013.»

Étant une compagnie spécialisée dans le secteur financier des entreprises, PriceWaterhouseCoopers s'est retrouvée à administrer une résidence pour aînés. Voilà pourquoi la compagnie a décidé de confier la gestion des activités de la résidence à la compagnie Cogir.

«Un des principaux objectifs au début était de sécuriser les gens. On a des personnes âgées. C'est une clientèle vulnérable. Il faut s'assurer que les services soient offerts et c'est le cas. On fait tout pour maintenir la qualité des services. Cogir est une entreprise sérieuse. Les résidents n'ont pas à s'inquiéter. Ils sont entre bonnes mains», souligne M. Picard, à propos de Cogir.

Cette compagnie de gestion et de développement de services conseil en immobilier est propriétaire de plusieurs résidences pour aînés dans le secteur de Montréal et de sa couronne. Cogir est aussi à la tête du centre commercial le Carrefour, à Trois-Rivières.

La direction de Cogir n'a pas retourné les appels logés par Le Nouvelliste.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer