«Si on ne veut pas devenir Saint-Mathieu-du-Plate...»

Marie-Pierre Pinard, responsable du comité du gymnase de... (Photo: François Gervais)

Agrandir

Marie-Pierre Pinard, responsable du comité du gymnase de Saint-Mathieu-du-Parc, a expliqué le cheminement du dossier devant près de 100 personnes hier soir, au centre communautaire de l'endroit.

Photo: François Gervais

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) La mobilisation pour la construction d'un gymnase à Saint-Mathieu-du-Parc prend de l'ampleur. Hier soir, tout près d'une centaine de personnes majoritairement favorables au projet se sont rassemblées au centre communautaire pour prendre connaissance de l'évolution du dossier et surtout, de l'immense défi que représente son financement.

Le comité mise beaucoup sur l'appui de la ministre régionale, Julie Boulet, pour donner le dernier élan vers la réalisation de cette infrastructure visiblement fort attendue par la communauté. Une délégation formée du maire de Saint-Mathieu-du-Parc et de trois représentants de la Commission scolaire de l'Énergie se rendra à Québec, le 20 mars, pour demander l'aide de Mme Boulet.

Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport a déjà dit non à ce projet en janvier 2011, jugeant que la priorité devait être portée vers la construction ou l'agrandissement d'écoles où la population enregistre une forte croissance.

Le comité n'a toutefois pas baissé les bras. À ce jour, il a réussi à amasser tout près de 420 000 $ grâce aux contributions de la Municipalité, de la Commission scolaire de l'Énergie, de la Fondation de l'école planétaire de Saint-Mathieu-du-Parc et du député de Saint-Maurice, Claude Pinard.

Sauf qu'il manque pratiquement autant d'argent pour compléter le montage financier de 840 000 $. Le Pacte rural de la MRC de Maskinongé et les Caisses Desjardins seront sollicités, mais l'appui de la ministre Boulet pourrait être déterminant dans la suite des choses.

«Ce serait pratiquement impossible d'amasser le reste par nous-mêmes si le gouvernement ne contribue pas», reconnaît Marie-Pierre Pinard, responsable du comité gymnase.

La porte-parole n'a pas voulu chiffrer ses attentes, mais elles montent visiblement à quelques centaines de milliers de dollars.

«Nous souhaitons surtout que Mme Boulet nous trouve un programme où notre demande d'aide pourrait être acceptée», précise Mme Pinard. «J'ai beaucoup d'espoir. Vous savez, 400 000 $, on ne trouve pas ça facilement!»

Ce gymnase serait situé tout près de l'école, parallèlement au chemin Déziel. Idéalement, les deux bâtiments seraient reliés par un passage intérieur.

La superficie de jeu s'étendrait sur 45 pieds par 75, une grandeur qui permettrait, par exemple, d'intégrer un terrain de volley-ball et deux de badminton.

Claude McManus, conseiller municipal responsable du dossier, estime que la participation de 200 000 $ promise par les élus en décembre équivalait à une hausse de taxe de 7,40 $ pour une maison évaluée à 100 000 $, sur une période de 20 ans.

Enfin, une priorité serait évidemment accordée aux jeunes de l'école de la Tortue-des-bois, même si les adultes pourraient aussi profiter de ces installations en soirée. En retour, la Commission scolaire de l'Énergie s'engage également à verser, en plus de sa subvention de 225 000 $, jusqu'à un maximum de 10 000 $ par année pour les divers frais d'exploitation.

La très grande majorité des interventions manifestées hier soir à l'assemblée d'information pour la réalisation d'un gymnase à Saint-Mathieu-du-Parc favorisaient la réalisation du projet. Un coup de sonde qui a évidemment rassuré les responsables, qui se lançaient un peu dans le vide après avoir invité toute la population à cette soirée.

Pour Albert van Dijk, Saint-Mathieu-du-Parc se trouve maintenant à un carrefour.

«Je trouve ça aberrant qu'il n'y ait pas de gymnase où nos enfants peuvent pratiquer du sport», lance-t-il. «C'est également dommage que nous n'ayons pas une place où nous pourrions organiser des soirées de cinéma, où nous pourrions jouer au badminton entre amis.»

Jacques Ayotte croit que les adultes apprécieraient ce nouveau gymnase, même si, à l'origine, cette infrastructure visait à corriger une grave lacune à l'école de la Tortue-des-bois.

«Je n'ai pas d'enfant... mais je fais de l'embonpoint», badine-t-il. «Un gymnase serait une belle occasion pour me mettre en forme! Si on ne veut pas devenir Saint-Mathieu-du-Plate, il faut se prendre en main. Si on n'a pas les moyens d'avoir un gymnase, on a les moyens pour rien!»

Annik Moreau, mère de trois enfants, raconte qu'elle en a ras-le-bol de frictionner leur dos à chaque année parce qu'ils ont été attaqués par les moustiques pendant leurs cours d'éducation physique. Un témoignage corroboré par l'enseignante Marie-Josée Garceau, qui doit faire preuve de beaucoup d'imagination pour conserver l'attention de ses élèves à travers la horde d'insectes en mai, juin et même en septembre.

Le gymnase de l'école, qui côtoie des classes, est devenu carrément dangereux pour les jeunes. Les cours d'éducation physique se déroulent donc plus souvent qu'autrement à l'extérieur, avec les moyens du bord. Le centre communautaire est également sollicité quand le temps ne permet pas aux jeunes de sortir.

À travers ces nombreux appuis, Pierre Bellerose et Fernand Dubé ont toutefois apporté certaines réserves. Sans se dresser contre le projet, les deux citoyens redoutent que la facture soit plus salée à la fin. M. Dubé ne serait pas étonné que la Municipalité se retrouve avec un projet de 1,5 million $.

«Je ne suis pas contre le gymnase, mais contre le fait que la Municipalité prenne ça en main quand il sera construit», explique-t-il. «La commission scolaire devrait en mettre davantage; c'est d'abord pour les enfants!»

M. Bellerose a renchéri en se demandant si la CS de l'Énergie réalisait vraiment un effort financier exceptionnel pour ce projet, compte tenu des taxes scolaires qu'elle perçoit dans la municipalité. «Il ne faut pas s'en faire passer une petite vite», prévient l'ancien conseiller municipal.

La dernière intervention est venue de la bouche du maire, qui tenait à réitérer son appui.

«Il faut renouveler notre population et ça passe par les jeunes familles», fait remarquer Claude Mayrand. «Nous devons leur offrir des services. Or, avec un investissement de 200 000 $ pour un bâtiment qui en vaudra 800 000 $, je pense que nous ferons une maudite bonne affaire.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer