Victimes de la mérule pleureuse: la force de l'entraide

Claude Vadeboncoeur et Jessy Paillé ont emménagé dans... (Photo: Stéphane Lessard)

Agrandir

Claude Vadeboncoeur et Jessy Paillé ont emménagé dans leur nouvelle maison en novembre. Après la période des Fêtes, ils vont s'attarder à la finition intérieure.

Photo: Stéphane Lessard

Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Maskinongé) «C'est le résultat d'une grosse entraide. Sinon, on ne serait toujours pas dans notre maison.»

Claude Vadeboncoeur a finalement eu ce qu'elle désirait ardemment: un toit à elle au-dessus de sa tête pour le temps des Fêtes. Elle et son conjoint, Jessy Paillé, ont travaillé avec ardeur pour bâtir cette maison qui remplace leur demeure ravagée par la mérule pleureuse.

Même si les travaux de finition ne sont pas complétés, la maison est habitable depuis près de deux mois. Mais le couple de Maskinongé n'aurait pas réussi à vivre dans sa nouvelle maison dès le mois de novembre s'il n'avait pas reçu le précieux soutien de près de 20 personnes au cours des derniers mois.

«La main-d'oeuvre pour la charpente de la maison, c'est du bénévolat. Ça vient d'amis de Maskinongé, de Trois-Rivières, des Cantons-de-l'Est. Ça doit représenter 500 heures de bénévolat. Et c'est sans compter la contribution de Nancy», explique M. Paillé.

Nancy est la soeur de Claude Vadeboncoeur. Son aide est inestimable, selon elle.

«La maison, à l'intérieur, était sur le coupe-feu. On voulait finir l'intérieur après les Fêtes, une pièce à la fois. Nancy disait que ça n'avait pas de bon sens. Elle fait des rénovations chez elle et elle a envoyé son contracteur pour finir l'intérieur: poser les feuilles de gypse, tirer les joints, donner la couche de peinture de fond sur les murs et faire la couche de finition au plafond», explique Mme Vadeboncoeur, en soulignant l'apport de l'entrepreneur en construction de sa soeur.

Claude Vadeboncoeur et Jessy Paillé ont également reçu des armoires, des meubles et des appareils électroménagers de la part de Nancy Vadeboncoeur.

De l'aide provenant d'inconnus

Mme Vadeboncoeur et M. Paillé ont aussi pu compter sur l'appui précieux de Josée et de Jean-Luc Bellemare, un couple d'amis. Et leur histoire diffusée dans les médias a incité de parfaits inconnus à faire leur part.

«Un homme de Shawinigan, qui est dans la construction, nous a dit qu'il n'avait pas le temps de nous aider sur le chantier. Il nous a donné 400 $. Un monsieur de Trois-Rivières est venu nous donner 500 $, comme ça! Un couple de Trois-Rivières qui avait lu le reportage dans Le Nouvelliste se promenait à Maskinongé, avec la page du journal, pour nous trouver. Ils nous ont donné une toilette neuve. D'autres personnes ont donné un canapé, une machine à coudre, des nappes, des rideaux, des couvre-lits.»

Mme Vadeboncoeur et M. Paillé l'avouent. Ils ne semblent pas réaliser qu'ils sont bel et bien dans leur maison après avoir habité durant un an et demi dans un chalet.»On n'a pas le temps de l'apprécier, raconte M. Paillé. Il nous reste autant d'ouvrage à faire et on est épuisé! Mais on est mieux installé.»

La pression d'attendre un règlement

Malgré le temps qui s'étire depuis le dépôt de leurs poursuites de plus de 800 000 $ il y a près d'un an, Claude Vadeboncoeur et Jessy Paillé demeurent tout aussi confiants d'obtenir gain de cause devant la Cour supérieure du Québec. Mais pour le couple, cette confiance est jumelée à l'espoir de vivre libéré d'un stress qui s'accroît au fil des mois.

M. Paillé ne fait pas de cachette avec la construction de sa nouvelle maison. Elle est bâtie avec beaucoup d'huile à bras et de nombreux matériaux trouvés à bon prix ou reçus en dons.

«On a deux choix: pleurer ou foncer. Je préfère agir. Mais ce qui est épuisant, c'est attendre. Le système judiciaire, c'est long. Et on s'endette: il n'y a rien de réglé avec la compagnie d'assurances. Mais bien du monde pense que c'est réglé puisqu'on a commencé à bâtir», raconte M. Paillé, en soulignant au passage que c'est peut-être cela qui explique que l'aide reçue jusqu'à maintenant arrive majoritairement de gens de l'extérieur de Maskinongé.

Les factures engendrées par certains volets de la construction (corps de métier, excavation, etc.) devront être honorées un jour ou l'autre. C'est sans compter tous les frais reliés à la maison ancestrale qui a été détruite l'été passé.

«Ça prendrait un programme gouvernemental. Le programme viendrait aider les gens, quitte à rembourser après que le dossier soit réglé. Nous, on est laissé à nous-mêmes», raconte Mme Vadeboncoeur, qui raconte avoir eu affaire avec des gens pas très honnêtes qui ont profité de leur situation au cours des derniers mois.

En déposant des poursuites contre les quatre parties qu'ils estiment responsables de leurs problèmes de mérule pleureuse à leur ancienne maison, Mme Vadeboncoeur et M. Paillé savaient qu'ils s'embarquaient dans un long processus. Ils souhaitent maintenant que la cause soit entendue dès 2012 afin de régler ce dossier.

«J'ai confiance. On a une bonne cause, on a tous les rapports des experts et j'ai confiance en notre avocat. Mais le dernier mot revient au juge», déclare Mme Vadeboncoeur.

Pour M. Paillé, l'espoir de remporter cette bataille juridique lui fournit l'énergie nécessaire pour continuer. Mais il sait que si le verdict n'est pas en leur faveur, l'impact sera comparable à un vrai coup de masse en plein front.

«On perdrait tout et on recommencerait à zéro. Mais si on gagne, on va commencer à dormir, on va bâtir la maison à notre goût, bien de la pression va tomber et on va retrouver de la confiance envers les gens. Mais on le sait qu'il reste du bon monde: ces gens-là sont venus nous aider.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer