Souvenirs de la grève du textile à Louiseville

Alors âgée de 17 ans, Normande Gérin-Lajoie travaillait à... (Photo: Sylvain Mayer)

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Alors âgée de 17 ans, Normande Gérin-Lajoie travaillait à l'Associated Textile lorsque la grève a été déclenchée.

Photo: Sylvain Mayer

(Louiseville) Le lancement du livre traitant de la grève du textile à Louiseville en 1952 revêtait un caractère particulier pour plusieurs personnes qui étaient présentes et qui ont elles-mêmes vécu et subi ce conflit de travail légendaire.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ouvrage intitulé La grève de l'ATC - Les raisons et les origines de la grève de 1952, dont la publication s'inscrit dans les célébrations du 30e anniversaire de la Société d'Histoire et de Généalogie de Louiseville, était attendu par les anciens employés de l'Associated Textile.

Certains d'entre-eux, dont Normande Gérin-Lajoie, étaient présents lors du lancement qui s'est déroulé samedi matin. Âgée de 17 ans à l'époque, cette dame travaillait dans cette usine tout comme son père et plusieurs autres membres de sa famille lors du conflit de travail.

«J'étais dans l'usine quand la grève a été déclenchée. Je me rappelle que des hommes étaient arrivés et nous avaient dit: "C'est la grève, tout le monde sort!". Nous étions jeunes à l'époque, alors on n'avait rien dit et nous étions sortis. Ça avait été une année assez difficile. Pour ma part, j'étais allée travailler ailleurs pendant ce temps-là et j'avais pu manger. Mais il y en a d'autres qui ont eu de la grosse misère. Ça avait touché toute ma famille ainsi qu'une grande partie de Louiseville. Presque tout le monde travaillait là dans ce temps-là», a raconté Mme Gérin-Lajoie.

Membre de la Société d'Histoire et de Généalogie, c'est l'infographe louisevillois Patrick Staquet qui a écrit ce livre. Selon lui, ce conflit méritait que quelqu'un y consacre de son temps afin de l'expliquer et le décortiquer.

«C'est un sujet qui était en préparation depuis longtemps mais beaucoup de personnes s'étaient désistées. Il y a pas mal d'auteurs qui avaient été contactés. Certains avaient refusé l'invitation et d'autres avaient commencé et n'avaient pas terminé. On m'a donc demandé de faire le travail. Je me suis mis à la recherche et je me suis rendu compte que c'était un conflit très important. Fait à noter, c'est une grève qui avait été légalisée. Mes recherches m'ont permis de constater que les ouvriers de cette usine vivaient dans la misère et que le conflit a dégénéré après avoir été légalisé. Il n'était pas soutenu par le gouvernement, sauf de façon hypocrite lors des élections. On se rappellera que le pouvoir politique en place, le gouvernement de Maurice Duplessis, était un pouvoir protecteur des entreprises. Ce que Duplessis voulait, c'était industrialiser les régions à tout prix. Duplessis n'a pas fait que du tort, mais du côté social il était moins bien que les politiques actuelles», explique Patrick Staquet.

Les auteurs, scénaristes et producteurs Fabienne Larouche et son conjoint Michel Trudeau étaient présents lors du lancement à titre d'invités d'honneur. Ces derniers ont accepté l'invitation étant donné que M. Trudeau est originaire de Louiseville. Il est en effet le fils du fondateur des laboratoires Choisy, Yvon Trudeau.

Attachée à Louiseville, Mme Larouche a confié qu'il était naturel pour elle de participer au lancement d'un tel livre, d'autant plus qu'il traite d'un conflit important de l'histoire de l'endroit et du Québec en entier.

«Il y a toujours des leçons à tirer du passé. De plus, nous avons toujours un devoir de mémoire. Nous devons écrire ces oeuvres-là et nous devons également les lire. Ils devraient également être dans nos écoles, tout comme la cinématographie québécoise. Selon moi, on devrait présenter un film québécois à tous les vendredis dans les écoles. Pour se comprendre, il faut se connaître», a-t-elle laissé tomber.

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