Un projet sur la route 155 remis en cause

Pierre Saint-Louis est en colère. Il se dit... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Pierre Saint-Louis est en colère. Il se dit victime d'injustice de la part du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Pierre Saint-Louis a acheté ses terrains sur le bord du Saint-Maurice en 1995 en prévision de sa retraite, mais un avis d'expropriation a changé radicalement ses plans.

Le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports construira une voie de virage sur une partie de ses terrains aux abords de la route 155 à Lac-à-Beauce. Le citoyen de La Tuque est en colère et n'arrive pas à s'entendre avec le ministère.

L'intersection du chemin du Lac-à-Beauce et de la route 155 subira un réaménagement complet. L'annonce avait été faite en 2011. Une voie de virage à gauche sera aménagée à l'approche nord de la route 155 afin de faciliter l'emprunt du chemin du Lac-à-Beauce.

On prévoit aussi la réfection du drainage, des bordures, de l'éclairage et des glissières de sécurité. Le projet de Lac-à-Beauce est toujours à l'étape de la préparation, selon le ministère.

«Le ministère met de la pression sur moi et ma famille depuis 2010. Assez, c'est assez. C'est un moyen de leur part de tout ramasser les biens d'une famille à des prix ridicules», considère Pierre Saint-Louis.

Ce dernier estime qu'il est victime d'injustice et que le prix offert par le ministère est dérisoire. Au total, l'avis d'expropriation concerne 6056 m2, environ le quart du terrain. Le problème, selon Pierre Saint-Louis, c'est que sans cette parcelle de terrain, il devient pratiquement impossible de vendre le reste.

«Je perds le terrain plat, je ne peux plus rien faire avec le reste après. [...] Ils vont me faire perdre 300 000 $, ce n'est pas compliqué. J'ai acheté ce terrain-là pour mon fonds de pension. Je savais qu'il allait prendre de la valeur. Ils sont en train de gâcher tout ça», a-t-il lancé.

«Leur prix n'a aucun sens. Comment ça peut être 95 % plus bas que les autres ? Ils ne sont même pas capables de me le dire. C'est du cas par cas. C'est ça leur réponse», déplore-t-il.

Dans une lettre datée du 20 janvier 2016, le ministère explique effectivement que les montants peuvent varier considérablement d'un dossier à un autre. Un montant de 6800 $ est offert à M. Saint-Louis, alors que lui estime qu'il pourrait en retirer beaucoup plus.

«On ne peut donc comparer des taux unitaires de différents dossiers en ne prenant en compte que les superficies publiées dans le contrat final», peut-on lire dans le document signé par le chef du service des projets par intérim, Pierre Côté.

On explique également que différents usages de terrain sont pris en compte et que dans le cas présent, il s'agit d'un terrain de villégiature avec contrainte à l'aménagement, «ce qui explique les différences importantes de taux unitaire».

Le ministère a mentionné au Nouvelliste qu'il ne commenterait pas et qu'il ne donnerait pas de détails concernant le dossier en litige.

«Dans les dossiers où il n'y a pas d'entente, selon l'urgence des travaux, le processus d'expropriation peut être entamé, mais les négociations continuent jusqu'à ce qu'il y ait impasse et que le dossier soit dirigé vers le Tribunal administratif du Québec pour une conciliation ou une audition», a fait savoir Jean Lamarche, porte-parole de la direction régionale du ministère des Transports du Québec.

En avril 2016, Pierre Saint-Louis a adressé une lettre au ministère dans laquelle il propose une entente possible avec plusieurs conditions. Une entente qui n'aura visiblement pas trouvé preneur.

Dans cette même lettre, il affirme que le ministère «va dépenser cinq millions de dollars alors qu'il peut régler le problème pour 100 000 $». Cette portion de route est loin d'être une priorité selon lui et la solution est simple, selon le résident du secteur Lac-à-Beauce. 

«Il faut mettre un clignotant jaune à l'intersection concernée et diminuer la limite de vitesse à 50 km/h dans le secteur comme c'est le cas à Saint-Roch-de-Mékinac et à Grandes-Piles», assure-t-il.

Le reste de l'argent pourrait être investi, selon lui, dans l'économie locale, le développement d'entreprise durable, la création d'emplois ou un autre tronçon de la route qui en a bien besoin, notamment au kilomètre 107 un peu plus loin.

«Ce serait beaucoup plus logique», a-t-il lancé.

Il n'est pas le seul à penser que l'argent pourrait être investi dans la courbe du kilomètre 107 de la route 155. Daniel Deschamps, qui a perdu sa fille et sa petite-fille à cet endroit dans un tragique accident au début du mois de janvier, va mettre de la pression sur le ministère des Transports dans les prochaines semaines. Il prévoit même bloquer la route le 4 mars.

«On va faire une conférence de presse là où il y a eu l'accident. [...] La petite pancarte qu'ils ont ajoutée, c'est carrément rire de nous autres. C'est une suggestion de vitesse, nous on veut une diminution de vitesse», a affirmé Daniel Deschamps.

«La limite de vitesse c'est en attendant le début des travaux. On va les forcer à faire des travaux», a-t-il ajouté.

Il a confirmé au Nouvelliste qu'il serait présent à la prochaine assemblée du conseil municipal de La Tuque le 21 février prochain. Il va demander l'appui de la population.




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